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“Le cinéma, c’est un oeil ouvert sur le monde.” - Alice

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Mer 23 Nov 2016 - 1:09
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L’hiver amenait avec lui son lot de come-backs annuels. Celui du froid tout d’abord. De la pluie et des journées raccourcies ensuite. Pas vraiment motivant pour les activités de plein air mais ça restait néanmoins ma saison préférée. J’aimais voir les gens emmitouflés dans leurs épaisses couches de vêtements chauds s’empresser d’aller d’un point A à un point B sans traîner. La saison n’était pas aux flâneries insouciantes dans les rues de la ville mais plutôt aux fines stratégies de réchauffement et de non contagion, gastro-entérite et grippe en première ligne. Je dis ça mais nous n’étions pas encore dans le plus gros de l’hiver, les températures étaient encore tout à fait supportables et les premiers flocons étaient quant à eux encore bien loin de New-York, a priori. A priori oui, car ces dernières années la météo hivernale avait été un sacré et joyeux bordel. Les quantités de neige avaient été hallucinantes et je m’étais presque cru en pleine ère glaciaire certains jours. La Grande Pomme était devenue une station de ski à part entière. Plutôt ski de fond d’ailleurs, vue l’horizontalité quasiment parfaite des longues avenues de la ville.

Ce jour là, je devais être l’un des seuls inconscients à braver la météo sans me presser. Le fond de l’air avait beau être frais, le vent avait beau faire plier le sommet des quelques arbres qui transgressaient l’urbanisation, je prenais un malin plaisir à marcher sans but précis, mains dans les poches. J’aurais peut-être moins fait le fier sans mon gros manteau et mon bonnet, certes, mais en l’occurrence, j’étais bien couvert alors je pouvais garder ce petite sourire aussi niais que narquois qui s’était dessiné sur mon visage dès la sortie de mon immeuble. Étonnamment, les autres personnes à se risquer à ce froid était paradoxalement les moins couvertes. Moins couvertes mais peut-être mieux couvertes. Les joggeurs. J’avais distraitement lu un article il y a quelques jours, il portait sur l’évolution technologique du textile avec l’explosion, aussi incroyable qu’incompréhensible à mes yeux, du running. On pouvait trouver de tout : t-shirt anti-transpirant, leggings respirant, veste thermorégulatrice, chaussures avec trois couches distinctes de semelles et possédant un revêtement déperlant. Cette blonde qui croisa mon chemin en était le parfait exemple. Couverte de vêtements très près du corps, elle ne semblait pas ressentir l’effet du froid ; c’était même à se demander si c’était l’hiver ou si nous étions dans les derniers jours de l’été. Seul le petit nuage qui sortait de sa bouche lorsqu’elle expirait trahissait le faible niveau des températures actuelles.

Je ne savais pas vraiment où aller. Je ne savais même pas pourquoi j’étais sorti de chez moi à vrai dire. Pas de courses à faire, pas de rendez-vous prévu, pas de travail, rien. Du vrai masochisme pur et dur. Ce fut ça jusqu’à ce qu’une idée me vienne en tête. Alice devait travailler aujourd’hui et c’était typiquement une heure de faible fréquentation. C’était décidé, j’allais la voir ! A ma grande surprise, être dans le métro n’était pas plus confortable, en terme de température, qu’être à l’extérieur. Le métal de ses parois devait sans doute emmagasiner, amplifier le froid et la chaleur humaine, aussi peu chaleureuse soit elle en vérité, n’y changeait rien. Les yeux rivés sur le plan de la ligne sur laquelle j’étais, je soufflais dans mes mains réunies devant ma bouche pour tenter de les réchauffer un minimum. Un saxophoniste brisa ma concentration et amena cette fameuse chaleur qui manquait cruellement depuis que j’étais monté dans la rame. Il y avait bien entendu les éternels dépités, ceux pour qui la vie n’a plus de saveur, mais il y avait surtout de nombreux sourires, dont le mien, discret.  Cet homme accompagna mon voyage et celui de mes compagnons inconnus de route jusqu’à ce que je sorte du métro après lui avoir donné un billet à l’effigie d’Alexander Hamilton.

J’étais enfin à Brooklyn, à deux pas de là où travaillais celle pour qui j’étais venu là. Là encore, un joggeur croisa ma route. Une vraie secte ! En une dizaine de minutes à la louche et après de grandes enjambées, je suis arrivé un peu essoufflé au fameux cinéma. Contrairement au métro, il faisait nettement meilleur à l’intérieur du bâtiment, j’en lâchai même un soupir de satisfaction. Inutile de chercher Alice plus longtemps, elle se trouvait simplement devant moi à nettoyer le « comptoir » où elle servait quelques fois pop-corn et boissons. Je me suis avancé vers elle et ai joué le client lambda. Je prendrai un pop-corn moyen format s’il vous plait mademoiselle. Je ne sais pas trop si elle était exaspérée ou amusée mais le regard qu’elle me lançait était tout sauf indifférent. Je vois que tu nettoies, j’arrive au bon moment visiblement. T’as fini ou t’es en pause ?
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Mer 23 Nov 2016 - 19:42
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Ulysse & Alice

Le cinéma, c'est un œil ouvert sur le monde.


Cette journée est passée à une telle allure, qu’Alice n’avait même pas vu venir sa pause de l’après-midi. Même si ce n’était pas encore Décembre, le froid s’était installé et la belle saison du cinéma commençait tout juste. Entre la chaleur de la salle, l’arrivée des pop-corn spéciaux pour l’hiver, ainsi que le vin chaud et les hot dog, de nombreuses personnes choisissent de se rendre au cinéma pour passer le temps plutôt que de rester dans le froid. Alice n’ose même pas imaginer ce que ce sera lorsque les premiers flocons feront leur apparition dans le ciel de la grosse pomme. C’est parce que les personnes ont toutes eu la même idée qu’Alice ne s’est presque pas arrêtée un instant. Même pour sa pause déjeuner, elle a dû refiler son boulot à sa collègue pour avoir la chance de s’éclipser. Tout ça pour un malheureux sandwich au pastrami fait à la va-vite lorsqu’elle a quitté son appartement le matin-même. Elle rêve de prendre le temps d’aller en manger un chez Katz’s Delicatessen, mais ces derniers temps, la fatigue la rattrape et la maladie la guette de près, alors elle se contente de rentrer chez elle et de s’enrouler dans une couverture pour passer ses soirées à regarder ses séries du moment.

Mais la pause de l’après-midi arrive enfin, et tout semble se calmer petit à petit. C’est le calme avant la tempête, elle le sait bien, mais c’est un fait qu’elle a accepté avant de se faire embaucher dans ce petit cinéma au cœur de Williamsburg. Même si c’est très fatigant, ça lui plaît beaucoup. Après tout, elle fait pas mal de choses et elle peut voir des films gratuitement. Mais là, on lui avait demandé une des tâches qu’elle appréciait le moins : le bar à pop-corn et autres gourmandises. Ce qu’elle n’aimait pas à ce poste, c’est que les clients avaient tendance à être difficile et parfois même désagréables. Etant donné le choix de pop-corn qu’il y avait, souvent ils n’étaient jamais satisfaits et demandaient des mélanges, choses interdites par la maison, malheureusement. Elle leur fait souvent comprendre qu’elle-même trouve ça regrettable, mais qu’elle n’a pas d’autre choix que de suivre les instructions, autrement, elle risquerait de prendre la porte. Et ça, il en est hors de question, elle a besoin de cet argent pour payer son loyer et se nourrir convenablement. Et puis ceux qui renversent les boissons ou la nourriture et qui pensent que la pauvre Alice y peut quelque chose. La maison ne rembourse pas ce qui a été renversé à plus de deux mètres du comptoir. Des merdes comme ça arrivent, mais certains ne font vraiment pas attention et généralement, ça retombe sur la personne derrière le comptoir. Heureusement, elle ne fait ça qu’une fois par semaine, grand maximum deux fois, quand il y a vraiment besoin de monde. Elle venait donc de terminer un gros rush, étrangement, il n’y avait qu’une séance à cette heure-là et la prochaine était une heure et demi plus tard, les premiers clients n’étaient pas encore là. Elle en profitait donc pour nettoyer le comptoir en le débarrassant de la nourriture que les gens laissent sans gêne.

Alors qu’elle était concentrée dans sa tâche, une voix plutôt familière s’adressa à elle. Elle ne releva pas tout de suite ses yeux, lâchant un soupir signifiant qu’elle voulait qu’on lui laisse un petit moment de répit à quelques minutes de sa pause. Mais tout en gardant son sourire, elle finit par regarder le jeune homme en question. C’est à sa grande surprise qu’elle reconnut Ulysse, un jeune homme qu’elle avait rencontré une fois lorsqu’elle avait abusé de sa curiosité et de son envie de mettre son grain de sel là où il n’était pas forcément attendu. Mais quand Alice entend un débat sur un film qu’elle apprécie, elle ne peut s’empêcher de vouloir participer à la conversation. Généralement, elle arrive à se retenir, mais cette fois-là, c’était juste après qu’un client lui ait pris la tête, alors pour se défouler, elle décida de donner son avis sur le film, laissant les autres personnes un peu confuses. Elle s’excusa alors, mais elle fut rapidement conviée à débattre sur ce film et c’est là qu’elle fit la connaissance d’Ulysse. Il ne vient pas souvent car, d’après ses souvenirs, il ne vit pas à Brooklyn. Mais Williamsburg est un quartier branché où même les plus amoureux de Manhattan acceptent de venir passer du temps. Il était donc là, devant elle, à lui demander s’il tombait au bon moment ou non. Lâchant son torchon, tout en ayant l’impression de ressembler à Cendrillon, elle répondit, toujours avec son plus doux des sourires. « Tu tombes bien, je finissais de nettoyer les crasses des clients avant d’aller prendre ma pause. Si tu veux choisir quelques trucs à boire et à manger, fais-toi plaisir, c’est moi qui offre, j’ai encore deux-trois trucs à nettoyer. » Elle retourna à sa tâche pour la terminer rapidement, il fallait encore vérifier les fontaines à boisson, refaire du pop-corn et attendre que la relève arrive. Et ce ne fut pas long, son collègue arriva rapidement et Alice sortit de derrière le comptoir pour reporter son attention sur son ami. « Eh bien, il me semble que la salle 16 est libre jusqu’à la fin de la journée, on n’a qu’à aller s’y poser tranquillement le temps de ma pause. » Elle guida son ami jusqu’au premier étage où se trouvait la salle en question. « Après vous, mon ami ! Installe-toi où tu veux. » Malheureusement, il n’y avait personne à la régie et donc pas moyen de passer un petit film ou une petite série histoire de. « Alors, ta journée ? Que fais-tu par ici ? »
AVENGEDINCHAINS
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Dim 27 Nov 2016 - 16:26
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Incroyable hasard que celui d’arriver pile avant la pause d’Alice. Certains auraient dit le talent mais je n’avais pas cette prétention là. D’autres auraient dit qu’en bon ami il était tout à fait normal que je connaisse les horaires de travail de la jeune femme mais je n’étais pas ce genre d’ami là non plus. J’étais juste venu par hasard et ça aurait très bien pu être un jour de repos d’Alice. Elle aurait très bien pu avoir démissionné entre temps également ! Tout ça pour dire que j’étais bien content qu’elle soit en pause, je pouvais ainsi profiter d’elle. Par « profiter d’elle » j’entends « profiter de sa compagnie, amicalement ». Vous n’en avez pas marre d’avoir tout le temps l’esprit mal placé ? Ce qui était génial avec le fait d’arriver juste avant la pause de la demoiselle était qu’elle m’offrait souvent quelque chose à manger ou à boire. C’était un petit cinéma de quartier, il avait certes des objectifs financiers mais ce n’était pas une machine capitaliste comme on en trouvait de plus en plus dans tous les villes. Et je dois avouer un Coca ou un sachet de M&Ms aux frais de la princesse, ce n’était pas négligeable. Là, elle me proposait carrément de me servir. Tenté mais un peu dubitatif, j’ai regardé derrière moi et de chaque côté afin de vérifier que personne ne nous voyait. J’avais l’impression d’être ce gosse qui s’apprête à faire une grosse bêtise mais vérifie avant tout qu’il ne va pas se faire prendre. Impossible pour moi de ne pas lui demander T’es sûre ? Cette question n’attendait pas vraiment de réponse puisque je savais pertinemment que je voulais et que j’allais passer à l’acte, c’était plus… de la politesse disons. Alors que j’étais initialement parti – quand l’idée était toujours que je paye ma commande – pour un popcorn format moyen uniquement, je me suis finalement laissé tenter par le grand format, accompagné d’une canette de Coca. Les choix étaient tellement plus faciles lorsque les choses étaient gratuites ! Tellement faciles que vu le temps que mettait Alice à terminer ce qu’elle avait à faire, je me suis permis d’attraper le fameux sachet de M&Ms tant convoité et l’ai glissé dans une des poches de ma veste.

Quand elle indiqua que la salle 16 était libre, je me contentai d’acquiescer et lui emboîtai le pas pour rejoindre la dite salle. A l’intérieur, la pénombre régnait, le silence aussi, normal me direz-vous. Ce n’était pas la première fois que la jeune femme et moi nous retrouvions seuls dans une salle de cinéma, de ce cinéma, mais à chaque fois je revivais cet étonnement et ce plaisir d’avoir un si grand espace habituellement public que pour nous. Un vrai gosse ! J’étais émerveillé, yeux grands ouverts pour profiter pleinement de ce privilège. Il ne manquait plus que la mâchoire pendante mais ça aurait été un poil trop excessif. Il ne s’agissait que d’une salle de cinéma vide, pas un spectacle de dauphin jonglant avec des shurikens enflammés. Ce retour aux émotions enfantines passé, j’ai plongé ma main dans mon pot de popcorn avant de glisser le contenu de ma poignée dans ma bouche ; ce n’est que par la suite que j’en ai silencieusement proposé à Alice en penchant le pot vers elle. Je me suis ensuite mis à mâcher frénétiquement pour pouvoir avoir la bouche libre au plus vite et lui répondre. Je n’avais pas spécialement comme plan de venir ici, je voulais juste sortir sans savoir que faire précisément. Avant de poursuivre, j’ai attrapé un grain de maïs soufflé et ai commencé à le lancer au dessus de ma tête pour qu’il retombe dans ma bouche… sans réussite. Puis j’me suis dit que tu serais vraiment ravie de me voir, alors je suis venu. Je sais que tu adores ma présence. Je ne regardais pas Alice dans les yeux, trop occupé à réussir mon « trick shot » popcornien, mais j’aurais adoré pouvoir lui offrir un sourire en coin empli de taquinerie. Elle savait que je n’étais pas si prétentieux, du moins, j’espérais qu’elle le sache. Une fois mon lancer et son atterrissage réussis, j’ai pu tourner la tête vers et constater son air blasé caractéristique de celle qui n’en pouvait plus de moi. Tu es ravie de me voir, non ? Toujours plus loin dans la provocation, c’était mon mot d’ordre.

Un peu mieux assis après avoir fini mes conneries, j’ai repris un air sérieux et lui ai posé la question qui pouvait potentiellement fâcher. Pourquoi tu bosses toujours ici ? J’veux dire, tu es au four et au moulin ici et t’es même pas payée pour tout ce que tu fais ! Il y a des dizaines de cinés dans la ville qui te paieraient mieux tu sais ? Je parlais comme si je connaissais tout de sa situation mais ce n’était pas le cas. Je savais juste qu’elle occupait tous les postes malgré un intitulé officiel de projectionniste ; je savais également, pour avoir pu le voir de mes propres yeux, que ça l’usait, physiquement. Un jour tu vas faire un AVC et ton épitaphe sera « Morte dans ses popcorns salés », pas top. J’étais ce genre d’ami aimant et réconfortant, oui.
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