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Il a dit que le monde avait l’air de t’avoir oublié et qu’il allait l’en empêcher | Nema

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My diary : "Well he’s a sensitive boy, you’ve seen that. He’s a young man with too deep feelings. The soul of a poet - but none of the grit or steel that acts as a bulwark against these horrors of this world."

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Mon surnom : Nemo, c'est déjà suffisamment court comme ça
Mon âge : 24
Mon signe astrologique : Poisson
Dans la vie je suis : Etudiant en Ecriture créative et Langues et civilisations françaises & serveur chez Starbucks
Catégorie Sociale : Loin d'être riche
J'aime les : Jolies mexicaines
Sosie de : Tyler Joseph
Double compte : Eli' Daddy & la p'tite Hermia
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Lun 12 Déc - 2:11





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Le Nouvel An. Évènement de la plus haute importance pour le monde tout entier, chargé en symboliques. C’était l’occasion de se retrouver pour faire la fête, aussi bien en famille qu’entre amis, de faire sauter le champagne aux douze coups de minuit et de boire jusqu’à ne plus garder aucun souvenir de la dernière soirée de l’année passée. Mais au-delà de ça, c’était également le moment rêvé pour rédiger des listes entières de bonnes résolutions dont on ne respecterait même pas le quart, la perspective d’un nouveau départ. Faire page blanche des douze mois qui venaient de s’écouler pour repartir sur de bonnes bases, avec le sentiment grisant d’avoir le pouvoir de rendre cette future année aussi géniale que catastrophique. Un nouveau départ. Nemo aimait bien cette idée, en partie car il avait le sentiment que, depuis quelque temps, chaque année était un peu moins pire que la précédente, ce qui était plutôt encourageant, en soi.

Il n’avait jamais été le genre de personne qui passait ses nuits à faire la fête. En réalité, il n’avait jamais réellement aimé les soirées où il y avait trop de monde, trop d’inconnus… trop de facteurs susceptibles de lui causer de l’anxiété. De la même manière, s’il aimait boire de l’alcool car cela lui offrait une vision de la vie plus agréable et légère, il prenait toujours garde à ne pas en abuser. Sa capacité à délier les langues l’effrayait ; il avait bien trop de secrets qu’il prenait soin de garder pour lui pour prendre le risque de tout révéler au premier inconnu venu. « Prudence est mère de sûreté », disait-on. Prudence était en effet le maître mot pouvant décrire Nemo, qui passait plus ou moins son temps à marcher sur des œufs, par crainte de briser quelque chose, aussi bien lui-même qu’autrui. Sans doute était-il trop consciencieux, pas suffisamment simple, mais il s’était accoutumé à vivre ainsi, et il n’était sans doute rien de plus dur que de chercher à se défaire de ses habitudes, bonnes ou mauvaises.

Ainsi, rares étaient les fêtes où il se sentait à l’aise. Il n’y avait qu’en famille ou au sein d’un groupe d’amis très proches qu’il s’autorisait enfin à libérer un peu de pression, et à réellement s’amuser, prendre du bon temps sans sans cesse se torturer l’esprit. Pour autant, c’était seul qu’il célébrait la nouvelle année ce soir-là. En bon petit new-yorkais, il avait depuis toujours passé cette fameuse soirée à Times Square, pour voir chuter, durant une longue minute, la célèbre boule lumineuse dont on parlait même de outre-Atlantique, dans les pays d’Eurasie. On retrouvait immanquablement dans l’album photo familial des Pitzbrook des clichés de Nemo et ses parents, réunis sur la place pour accueillir le nouvel an. Chaque année avait sa photographie, parfaite transition entre les mois de décembre et de janvier ; Nemo grandissait, ses parents vieillissaient, la présence de son frère et de sa sœur n’avait d’ailleurs pas tardé à s’ajouter à la leur, mais la foule à leurs côtés restait tout aussi dense, les éclairages tout aussi colorés et l’excitation tout aussi prégnante sur leurs visages.

Pourtant, c’est seul qu’il s’y était rendu cette année. Oh, ses parents devaient certainement se trouver quelque part sur la place, parmi les quelques centaines de milliers de personnes y étant amassées – quant à son frère et sa sœur, ils devaient déjà écumer les soirées, étant bien plus sociables que lui – mais il avait bientôt vingt-quatre ans et, bien qu’il soit très attaché à sa famille, il était conscient que cela craignait un peu de fêter le Nouvel An avec ses parents, exactement de la même manière qu’ils le faisaient lorsqu’il avait cinq ans. Était-il mieux de passer la soirée seul, perdu dans une foule d’inconnus ? Il n’en était pas convaincu, mais il n’avait de toute manière pas de meilleure perspective de soirée. C’était triste à dire, mais ce constat ne changeait en rien les faits, il était donc inutile de se voiler la face.

Il n’avait pas sorti le grand jeu, pour ce soir. Jeans noirs plutôt serrés, Vans assorties et simple T-shirt, au-dessus duquel il avait passé un sweat à capuche et une parka. Les hivers étaient froids dans la Grosse Pomme et, en considérant le fait qu’il avait passé le début de sa soirée à manger un bon repas devant l’un de ses films préférés, il n’avait eu nulle raison de se faire particulièrement beau. Cela pouvait sembler être un bien morne programme pour le Nouvel An, mais cela lui convenait, en réalité. Il était casanier et n’aimait pas particulièrement voir du monde, c’était donc plutôt idéal. En toute honnêteté, il n’était même pas prévu qu’il sorte, ce soir. Seulement, la Times Square Ball était une tradition, un rendez-vous annuel auquel il n’avait jamais failli de se rendre jusqu’à présent, et il était bien triste de rompre les traditions. Ainsi il avait pris la décision, vers vingt-trois heures, son film à peine terminé, de rejoindre la célèbre place. En se dépêchant un peu, il devrait arriver à temps pour assister à la descente de la boule.

Pas pressés à travers le Bronx, zigzags pour éviter les habitants déjà ivres bien avant le décompte de minuit, saut dans le métro, traversée de la ville, arrivée dans le quartier de Times Square emplit de monde. Il s’est fait une petite frayeur, craignant d’arriver en retard, et pourtant c’est avec vingt minutes d’avance que ses pieds foulent la place. Surpris par le froid mordant de la nuit, auquel il n’était plus habitué après avoir passé un long moment dans le métro, il rabattit sur sa tête ses deux capuches et enfonça ses poings dans les poches de sa veste, laissant son regard se promener alentour. Il voyait bien la boule de lumière, mais ce n’était qu’un petit point jaune dans le ciel nocturne, si petit qu’on aurait presque pu le prendre pour une étoile. Bon, d’accord, il exagérait. Un peu. Beaucoup, peut-être ? Toujours était-il qu’il était encore loin de l’« attraction » de la soirée, mais il lui restait une vingtaine de minutes pour se frayer un passage à travers la foule peu compacte là où il se trouvait, dans l’espoir d’obtenir une meilleure vue.

Progression lente à travers les inconnus massés de part et d’autre sur la place, progression lente mais sûre. Mètre après mètre, il se frayait un chemin jusqu’à la boule ; bien sûr, il en restait très éloigné – on ne pouvait faire de miracles face aux personnes attendant là depuis des heures et aux nombreuses chaînes de télévision présentes pour couvrir l’évènement –, mais c’était déjà mieux que rien. Il n’aimait pas particulièrement « doubler » les gens ainsi, mais il se trouvait encore dans cette zone où ils laissaient une certaine distance les uns entre les autres. S’ils avaient réellement souhaité avoir une bonne vue, ils se seraient pressés les uns contre les autres.

Main qui effleure la manche d’un manteau, centième « excusez-moi » de la soirée qui s’échappe de ses lèvres tandis qu’il tente de dépasser une jeune femme. Jeune femme qui se retourne en entendant le son de sa voix, visage connu, pour sa plus grande surprise. Agréable surprise, bien évidemment. Visage qui se déforme sensiblement suite au choc de la voir ici, hors de leur contexte habituel, sourcils qui se haussent imperceptiblement, bouche qui s’entrouvre. Mots qui se bousculent contre ses lèvres, « Bonsoir Angela », « Je m’attendais pas à te voir ici ! » « Bonne année en avance ! Ah non, mince, il paraît que ça porte la poisse, oublie ce que j’ai dit… ». Palabres divers et variés entre lesquels son cerveau ne parvient pas à faire le tri, à porter son choix sur la moindre syllabe. Esprit engourdi, subjugué par l’apparition face à lui. Yeux de biches levés vers lui, éclats bleu pâle légèrement assombris par la nuit, lèvres pulpeuses, traits fins et parfaitement dessinés, encadrés et adoucis par sa chevelure brune. Visage qu’il connaît trop bien et trop mal à la fois pour l’avoir souvent contemplé derrière son comptoir, sans jamais avoir réellement eu l’occasion de le voir de si près. Et elle est encore plus belle que ce que promettaient les quelques aperçus qu’il avait eus lors de leurs rares échanges de mots, beauté sombre et discrète mais pas moins intense pour autant. Ce genre de femme qui semble perdue dans son monde, dans ses pensées, et qui donne l’irrépressible envie d’apprendre à la connaître, de se pencher sur son passé, de panser ses plaies certaines. Ange pur qui l’a ensorcelé au premier regard, avant même qu’il ne sache quoi que ce soit à son sujet. Enfin son cerveau s’éveille, tiré du brouillard par un coup d’épaule donné par un touriste qu’il reconnaît comme étant Français, et ses lèvres se meuvent sans réflexion aucune, prononçant les premiers mots captés dans son esprit :

- Angela, je suis heureux de te voir…

Sérieusement ? Il n’aurait pas simplement pu lui dire « bonjour », ou « comment vas-tu » ? Non, il avait fallu qu’il dise les premiers mots venus, vibrants de sincérité mais bien trop étranges dans la bouche d’un simple collègue.

COSMIC SHEEP.




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My diary : «Fais ce qui te rend heureux, sois avec ceux qui te font sourire, ris autant que tu respires et aime aussi longtemps que tu vivras»
Mon surnom : Angie en général
Mon âge : 23
Mon signe astrologique : Taureau
Dans la vie je suis : actuellement étudiante en médecine (3e année) et je suis aussi technicienne de surface (au Starbuck et autres entreprises) et maid (chez les particuliers) afin de financer mes études
Catégorie Sociale : dans la classe moyenne à tendance très pauvre
J'aime les : hommes et plus précisément Nemo
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Mar 13 Déc - 23:31





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Mes mains s’activent sur la brosse qui frotte le sol, décollant la crasse peu à peu. Mes rotules craquent sous le poids, même minime, de mon corps. Après 6 ans de travail en tant que femme de ménage mon corps subit déjà les affres du métier. Mes genoux brulent, mon dos me pince et me lance, sans parler de mains dont les empreintes s’effacent brulées par la javel. C’est un métier dur mais étonnamment je m’y sens bien. Nettoyer m’aide à me vider la tête et se vider la tête est primordial pendant les fêtes. Comme chaque année depuis 4 ans, les fêtes sont devenues pour moi une réelle torture. Telle une main maladroite qui ouvre ma boîte de pandore m’infligeant les fléaux qu’elle contient sous la forme des souvenirs. Je le revois chaque fois moins nettement certes mais même si les images s’effacent les sentiments et les souvenirs subsistent. Et tels les mirages d’une vie passée, les fantômes tourmentant mon existence. Je revois les noëls en tailleur au pied du sapin où il m’enlaçait de ses jambes. Les rires qu’il faisait naître en moi de ses blagues vaseuses. Je le revois me tendre une boisson chaude avant de me masser mes pieds glacés afin de me réchauffer. La façon dont on assistait aux feux d’artifice avec un manteau pour deux, lui m’emmitouflant de ses bras refermant le long manteau sur moi. Je nous revois au nouvel an nous embrassant devant le direct de times square, croquer à deux les douze grains de raisin de la nouvelle année. Chaque fois les fêtes me ramènent dans une vague violente les nombreux moments de joie qu’Adrian m’avait offerte pendant trois ans. Et le plus douloureux vient après, quand mon imagination prend la relève. Je nous vois cette année à Noël avec nos enfants. Moi assise sur ses genoux avec ma tasse à la main, roucoulant et gloussant de plaisir en admirant mes enfants ouvrir leurs cadeaux. Et les images de la sorte prolifèrent comme toujours. Et comme toujours je sens les larmes qui montent dans un sanglot étouffé, mon cœur battant fort et moi prise de vertige tant mon souffle est court. Mais pour une fois je reprends grâce à ma collègue qui me coupe dans mon élan. « Hey, ça tient toujours pour ce soir ? » Je lève la tête vers elle après avoir cligné des yeux fortement afin de chasser les larmes qui y perlent. « Oui bien sûr. » Je regarde ma montre avant de reposer mon regard sur elle. « D’ailleurs qu’est-ce que tu fais encore là ? Il est quasi 23 h, tu vas arriver à temps pour minuit ?  » « Oui normalement, mais je me sens coupable de t’abandonner. » Je lui adresse un léger sourire afin de la rassurer. « Et moi je me sentirais coupable de priver deux petits amours de leur maman pour la nouvelle année. Puis il me reste juste un rapide coup de serpillère à passer et à fermer boutique, avec un peu de chance je pourrais même fêter la nouvelle année. » Je me retiens d’ajouter que je suis seule et que pour une fois ça peut s’avérer utile. C’est vrai je suis seule, j’ai débarqué à NY en ne connaissant que Lexie et Nate. Et niveau rencontres c’est compliqué. NY souffre du phénomène des grandes villes où les gens ne s’adressent pas la parole et dont la majorité des habitants cachent des ermites ou des psychopathes. Nate m’a proposé de passer le nouvel an avec lui mais je me sens coupable de m’imposer à lui et à son groupe d’amis. « Bon je te souhaite de passer une bonne soirée Angie, garde ton téléphone près de toi, tu seras la première à recevoir mon appel. » Je lui décoche un sourire radieux avant d’ajouter : « Merci, passes une bonne soirée, et embrasse les petits pour moi. »

Mes mains tremblent sur la serrure du store tandis que je ferme la boutique. Je prends soudain conscience de mon choix de tenue peu appropriée pour la saison, mais au combien en accord avec les fêtes. Ma silhouette entière est élancée et parfaitement galbée par mes escarpins rouges. Le vent glacial vient glisser le long de mes jambes nues, qui semblent être d’interminables courbes, avant de venir s’engouffrer sous ma robe. Le froid remontant progressivement mais difficilement le long de l’étoffe serrée de la robe avant de buter sur la ceinture. De là démarre le haut, deux pans d’une étoffe noire et raffinée formant un décolleté des plus vertigineux permettant de répondre à l’adage « petite poitrine maxi décolleté ». Le tout sublimé par un pendentif en argent soulignant les courbes naturelles de ma poitrine peu volumineuse mais ferme et bien dessinée. Je suis loin d’être prétentieuse, mais pour autant je reste lucide quant aux avantages dont la nature m’a doté. Ma famille n’a de cesse de me rappeler à quel point je suis jolie et bien formée, sans parler des regards insistants des passants. C’est certainement l’une des nombreuses raisons qui me poussent à tout camoufler en général. Et j’en fais de même avec le maquillage. Ayant la peau naturellement lisse et les cils outrageusement longs et noirs –sans parler de ma bouche pulpeuse- je n’ai jamais ressenti le besoin de me maquiller. Mais ce soir c’est soir de fête sur la capitale et comme chaque soir de fête c’est le seul jour de l’année où je m’autorise la folie de mettre mon corps en avant. Bien que je sache d’avance que Nate va surement hurler au viol ou je ne sais quoi en me voyant. Je jette alors un dernier regard sur mon reflet dans la vitrine, replaçant du bout des doigts une mèche folle avant de resserrer ma veste autour de ma taille et de presser le pas afin d’atteindre au plus vite une zone d’infime chaleur.

Je déboule au pas de course sur Time Square laissant échapper au passage un juron à la mexicaine. « Madre de Dio. » Devant moi s’étale une marée humaine innommable et je me gifle intérieurement d’avoir réussi à oublier Time Square un soir de nouvel an. Pas moyen de traverser la place en l’état. Je tente de m’engouffrer prononçant des excusez-moi à la pelle afin d’atteindre l’autre rive. Mais mes yeux finirent par trouver ma montre indiquant 23h50. Il est alors rendu impossible en l’état de rejoindre Nate à temps. J’abandonne alors ma course folle au milieu de la foule, me laissant au passage séduire par l’idée de voir pour la première fois en direct la fameuse boule de Time Square qui n’a fait qu’animer chaque année ma télévision. Soudain une main chaude effleure ma manche puis ma main glacée provocant un léger picotement. Je me retourne aussi rapidement que possible (ce qui au vu de la foule est extrêmement lent) posant alors le regard sur l’homme avec qui ce léger contact a eu lieu. Le picotement se change alors en un violent frisson en partance de mon ventre, nouant mon estomac et provoquant une réaction épidermique violente. Mon corps entier n’est que feu et je remercie pour la première fois de la soirée la température d’être si basse ce qui joue en ma faveur pour camoufler un rougissement intense. Mes yeux se baissent au sol instantanément et mes dents se referment instinctivement sur ma lèvre inférieure pour retenir et canaliser mes émotions. Je me surprends moi-même à ressentir ça, c’est vrai c’est idiot je le connais à peine. Mais il m’a toujours plus ou moins plu de loin. J’ai souvent remarqué son nez tout bonnement parfait à l’arête un brin creusée, ses yeux aux prunelles brunes dont émane quelque chose de tendre et de rassurant peut être un peu innocent. Puis sa barbe non pleine qui lui confère un look de préado mais qui souligne délicieusement ses lèvres. Oui ça je l’avais remarqué depuis longtemps, j’avais même culpabilisé de réfléchir ainsi, et je m’étonnais même car pour la première fois je ressentais cette attirance purement physique ne connaissant rien de la personne sinon son nom. Mais ce que je n’avais pas remarqué jusque alors c’était son odeur. Il dégage un parfum léger et musqué que je sens malgré la foule environnante. Et je maudis l’effet de cette odeur sur mon corps qui augmente les battements de mon cœur et bat le sang dans mes tempes. Sous tant d’émotion je sens mes jambes se dérober sous mon poids et je suis surprise de me maintenir debout. Mais je me sens surtout honteuse de ressentir tant de choses pour si peu. Trouve quoi dire, ne laisse pas de blanc. Ma conscience me hurle de lui parler mais rien ne vient en tête si ce n’est « quel est ton parfum ? ». Tu meurs d’envie de savoir son parfum. Je ne peux décemment pas lui demander son parfum c’est presque un inconnu. « Qu ... » Ohoh tu as failli lui demander son parfum. Par chance il m’a coupé avant me délivrant de ma souffrance intérieure. Et de mon ridicule probable au passage. Je déglutis péniblement afin de reprendre de la contenance avant de lui répondre. « Nemo c’est … une agréable surprise de te voir. » Je me rattrape aux branches comme je peux. Sans consulter mon cerveau ma bouche voulait dire « Nemo c’est ça ? ». Comme si je ne connaissais pas son prénom alors qu’il est le seul que j’ai retenu de tout le Starbucks. Et je ne suis pas ce genre de fille hautaine et pédante juste pour attirer l’attention d’un homme en me rendant « inaccessible ». Mon Dieu quoi que me fasse cet homme il faut que je parte le plus vite possible loin de cette kryptonite humaine qui me fait dérailler. « Il paraît … Il paraît qu’il va neiger aujourd’hui. Mais à moins que ça tombe durant les dix minutes qui restent, la météo va encore commettre une boulette de plus. » La météo sérieusement ? De tous les sujets que tu avais en main tu as pris la météo. Ma conscience me fusille du regard et je l’accompagne en me giflant mentalement. Mais pour quelle gourde sans conversation tu passes ? Puis cesse de te dandiner tu me fais honte. Parfois j’aimerais trouver le mode Off. 



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Mer 14 Déc - 13:11





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Cela faisait longtemps qu’il l’avait repéré. Il travaillait depuis plusieurs années déjà dans ce Starbucks situé en plein cœur de New York, mais la jeune femme n’y avait été embauchée que tout récemment. Il l’avait remarquée dès son premier jour, ayant pris avec le temps l’habitude de l’observer discrètement, suivant ses gestes du regard avec une application sans pareille. Combien de fois s’était-il proposé pour rester un peu plus tard, afin de nettoyer les machines à café et autres mixeurs, uniquement pour avoir une chance de l’apercevoir durant son service ? Il avait perdu le compte, en toute honnêteté. Ce n’était pas un psychopathe – loin de là, même. Seulement, elle dégageait quelque chose qui le subjuguait. Qui le fascinait. Il n’avait jamais été attiré par les femmes à la beauté trop parfaite, au visage si bien façonné qu’il semblait être perpétuellement retouché. Selon lui, ces femmes étaient plates. La plupart du temps, elles ne dégageaient absolument rien, ce n’étaient rien de plus que des beautés froides, qui semblaient être vidées de toute âme, de toute personnalité, de toute vie, en somme.

Par opposition à ces personnes se trouvaient des femmes plus intéressantes de son point de vue, plus imparfaites, plus complexes mais également Ô combien plus riches. Angela était l’une de ces femmes. Maintenant qu’il l’avait sous les yeux, son visage à moins d’un mètre du sien, il pouvait percevoir ses infimes imperfections : une bouche peut-être un peu trop pulpeuse, un visage un peu trop creusé… Tout ceci ne relevait bien évidemment que du détail, mais l’empêchait de correspondre exactement au portrait-robot de ce que leur société occidentale avait dressé de la beauté à son paroxysme. Et c’était justement là que résidait tout son charme. Ses imperfections qui constituaient pour lui sa perfection, qui abreuvaient sa beauté, lui conférant un caractère qu’il n’avait jusqu’alors rencontré chez nulle autre personne. Ce caractère qui la rendait mystérieuse et attirante, intrigante et subjuguante. Qui lui donnait envie de s’asseoir avec elle autour d’une boisson chaude et de l’écouter parler d’elle-même des heures durant, afin d’enfin apprendre à la connaître. De remédier à cette situation si frustrante, où la jeune femme qui hantait ses pensées depuis des semaines entières n’était pour lui qu’une inconnue. Il n’avait qu’un seul désir présentement, comme toujours lorsqu’elle se retrouvait dans son champ de vision : celui d’apprendre à la connaître, peu importe le temps que cela prendrait. Il souhaitait tout savoir d’elle, de son dessert préféré aux peurs qui la hantaient, de ses petites manies à ses plus grands rêves, de ses défauts à ses plus grandes qualités. Il désirait se frayer un chemin dans son monde, créer sa place dans sa vie. Mais encore fallait-il qu’elle l’y accepte.

Toute cette situation était assez effrayante, en soi. Il ne la connaissait ni d’Ève ni d’Adam, elle était entrée dans sa vie aussi subitement qu’hasardeusement, et pourtant il ne pensait qu’à comprendre ce qui avait donné ce reflet si triste à son regard, ce qui avait peint sur son visage cet air qui donnait l’impression qu’elle était sans cesse perdue dans son petit monde. Quel que soit son passé, il était prêt à l’accepter et à sécher ses larmes. Et c’était sans doute là que résidait tout l’aspect terrifiant, incompréhensible de toute cette situation. Il ne la connaissait pas, mince. C’était de l’attraction pure et dure, en soi. Une alchimie indéniable.

Il laisse ses yeux parcourir son corps, le plus rapidement et le plus discrètement possible afin qu’elle ne s’aperçoive de rien. Sous sa veste, indispensable par ce temps, se laissait deviner l’étoffe d’une robe noire, plutôt longue mais près du corps. Enveloppe charnelle subtilement mise en valeur par sa tenue, escarpins qui la rendent plus grande que lui pour une fois, d’un ou deux centimètres à peine, mais tout de même. Interminables jambes galbées, courbes sublimées par le tissu sombre, décolleté vertigineux qui apparaît entre les deux pans de la veste. C’est déstabilisant de la voir dans une tenue pareille, si bien apprêtée lorsqu’il n’a l’habitude de la voir que dans sa tenue de travail. Déstabilisant mais plaisant, ce serait mentir que de dire le contraire. Jolie Cendrillon transformée d’un coup de baguette magique, petite princesse devenue femme fatale pour l’occasion, heureuse fortune qui l’a placée sur son chemin ce soir. Il ne ment pas lorsqu’il dit être content de la voir ; rencontre inespérée, miracle des fêtes ou présent des astres qui fait bondir son cœur dans sa cage thoracique, y insufflant une joie vivifiante.

Nuage de vapeur pâle qui s’échappe d’entre ses lippes tandis qu’il attend la réponse de la jeune femme, mains qui viennent se nicher dans les poches de sa parka. La nuit est fraîche, glaciale même ; pour autant, il sent ses joues brûler, rosissement qui pourrait passer pour une réaction épidermique au froid mais qui n’est en réalité rien de plus qu’un trop-plein d’émotions. De la joie, bien évidemment, mais également de l’appréhension, une certaine peur de dire ce qu’il ne faut pas, de s’emmêler les pinceaux et de se ridiculiser devant celle qui lui plaît, pour changer. Cocktail de sentiments bouleversants qui embrume son esprit, le faisant dérailler totalement. Il n’a pourtant pas droit à l’erreur, il se doit de lui faire bonne impression, de ne pas devenir en une fraction de seconde celui qu’elle considèrera comme ce type bizarre du Starbucks, véritable handicapé social. Alors il se raccroche comme il peut, il se raccroche à ce qu’elle lui offre, à ces paroles des plus banales qu’elle formule. Il tente de se focaliser là-dessus plutôt que sur la beauté de ses traits, essayant du mieux possible de mettre du sens sur ces mots qui entrent par une oreille et ressortent immédiatement par l’autre. Elle lui parle bien de météo ? Mon Dieu, qu’elle doit le trouver insignifiant pour aborder d’emblée un sujet pareil… Mais il prend appui sur ces paroles pour poursuivre la conversation, voulant à tout prix éviter de passer pour un de ces types uniquement capables de regarder leur interlocuteur en ouvrant et fermant successivement la bouche, qui voient flou à cause du premier décolleté leur passant sous le nez. Il voit flou, certes, mais pas pour ces raisons. Cela ne tient pas seulement à une poitrine partiellement dévoilée, mais à bien plus que ça. Cela tient à son regard hypnotisant, à ses lippes envoutantes, à la pureté de ses expressions. Heureux mélange qui l’empêche de conserver flegme et contenance. Sourire un peu niais qui prend place sur ses lèvres, haussement d’épaules à peine perceptible à cause de l’épaisseur de sa veste tandis qu’il répond de sa voix naturellement douce, si douce qu’elle semblerait presque être étouffée :

- Bah… Comme tu dis, il reste encore dix minutes, alors qui sait ? Tout peut encore arriver, on va peut-être avoir droit à un miracle de Noël… Enfin, Noël est passé, mais tu comprends l’idée… Puis c’est un peu triste de se dire qu’on n’aurait droit qu’à un seul jour miraculeux par an…

Facepalm mental, facepalm magistral. Il aurait sans doute mieux valu qu’il garde la bouche close, en fin de compte, parce que si c’était pour dire des bêtises pareilles… Si c’était pour dire des bêtises pareilles, mieux valait se taire. Pourquoi n’était-il pas capable de dire des choses normales, sensées, qui ne le feraient pas passer pour un parfait imbécile ? S’il fallait remettre un prix du pire boulet de l’année, il l’obtiendrait assurément haut la main, de manière consécutive depuis une bonne dizaine d’années. Champion national, toutes catégories confondues. Il faisait tellement de bourdes en une seule journée à peine… Le malaise était palpable, peut-être pas pour son interlocutrice mais pour lui-même, en tout cas. Il fallait absolument qu’il trouve quelque chose à dire, n’importe quoi pourvu que cela l’empêche de rester sur cet échec, sur cette situation Ô combien gênante.

- T’es là pour voir la descente de la boule ?

Chapeau, il s’enlisait un peu plus à chaque mot prononcé dans les sables mouvants du ridicule. Bien sûr qu’elle était là pour ça, abruti. Tout comme les centaines de milliers d’autres personnes aux alentours. Personne ne se rendait à Times Square, un soir de Nouvel An, pour le simple plaisir de se retrouver submergé par la foule, ou encore pour faire une séance de shopping. On ne pouvait faire plus évident que la réponse à sa question, et pourtant il n’avait rien trouvé de mieux à dire. Panique quand tu nous tiens… À ce rythme-là, on le retrouverait dans vingt ans au fond d’un appartement miteux, entouré d’une dizaine de chats. Pas d’épouse, pas d’enfants, un échec cuisant sur le plan sentimental. Cela lui pendait au nez, il le savait. Il n’avait jamais su se dépatouiller lorsqu’il se trouvait face à une jolie fille.

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Ven 16 Déc - 23:21





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

De la buée blanche et épaisse s’échappe d’entre mes lèvres, s’envolant vers les cieux en se dispersant dans le néant. Son rythme saccadé et court trahi mes battements de cœur désunis et rapprochés. Mon cœur s’emballe et déraille faisant résonner le sang dans mes tempes et se payant le luxe de sauter certaines contractions. Mon souffle est court si court que je m’étonne même de respirer encore. Je maintiens mes yeux clos quelques secondes comme pour me ressaisir, pour sentir mes poumons s’emplir d’air, entendre mon cœur battre. Et surtout pour réussir à me le sortir de la tête. Mais rien n'y fait il m’obsède, m’obnubile. Mais comment se détacher d’une personne quand même l’air que l’on respire rappelle à la mémoire le fruit défendu qui nous tourmente. Je jure pouvoir respirer son haleine d’ici, un subtil mélange de menthol et de … Nemo ? Un parfum exquis qui me vrille la tête mais qui n’est rien comparé à l’odeur générale qu’il dégage. Musqué, floral, léger, printanier autant d’adjectifs qui me viennent à l’esprit et qui reflètent l'exacte liste de ce que j’attends d’un parfum d’homme, comme si son odeur entière avait été créé sur mesure pour moi. Telle une drogue, une douce panacée, je m’enivre de son parfum, de son odeur sublime à la limite de l’indécence qui me fait vriller la tête. Quand j’ouvre mes paupières je suis prise d’un léger sursaut, mon cœur battant un coup plus fort que sa cavalcade au rythme endiablé du moment. Instinctivement et très lentement ma main vient à la rencontre de ma poitrine avant de se poser tendrement dessus. Mon bras se soulève par à-coups au rythme désordonné de mon souffle. Et je cherche en vain de trouver un moyen à calmer ma respiration infernale. Je suis alors prise d’assaut par son regard dont je ne peux détourner le mien, comme hypnotisé par la douce mélodie que me susurrent ses yeux. Ses pupilles sont dilatées et larges dans un noir intense et brillant. Puis se décrivent des petits cercles dans un dégradé de brun des plus parfaits. Captivée par le spectacle je continue à le dévorer des yeux en passant à ses lèvres. Je décris le contour lisse et bien dessiné de sa lèvre supérieure, épaisse et dont les commissures s’arrêtent avant de celles de la lèvre inférieure. Je me focalise alors sur celle-ci, pulpeuse, plus que la normalité masculine du moins, est rosée. Comme la supérieure d’ailleurs, il a les lèvres d’un rose léger et envoutant, conférant à mon plus grand damne un caractère plus qu’appétissant à cette partie de son anatomie. Le coup de grâce m’est asséné par le côté pincé et replié de ses lèvres trahissant une légère sécheresse causée par le froid. Je porte alors mon doigt instinctivement à mes lèvres comme pour créer un contact fictif en m’imaginant frôler sa bouche de la mienne. J’expire alors douloureusement mon doigt toujours vissé à mes lèvres brisant la buée en deux filets vaporeux. Reprends-toi bon sang, ce n’est pas la première fois que tu le vois. Mais il est prêt, si prêt cette fois, ça modifie tout, comme si tout était décuplé, plus intense, plus enivrant que de coutume. D’ordinaire je le regarde, de loin, comme si son corps attire mon regard sans que je ne puisse m’en défaire. Chaque soir quand je prends mon service j’observe le même rituel. J’occupe la place des vitres face au comptoir afin d’effectuer leur nettoyage. Un lieu stratégique qui me permet de faire mine de travailler pendant que je profite du spectacle qu’il m’offre dans le reflet. J’admire la façon dont ses bras se bandent sous l’effort, la petite veine qui gonfle sur son front dès lors qu’il déplace la machine à café. Cette même veine qui m’a souvent fait lâcher de nombreux soupirs. 

Je tente de me secouer de reprendre contenance, mais en vain mon corps refuse d’obtempérer. Je n’ai jamais rien ressenti de tel, ce besoin de proximité de l’autre, cette attirance folle. Même avec Adrian rien n’avait été ainsi. Mais je l’aimais pour sa personne non pour son physique. Alors qu’il n’y a là que de l’animal, du physique purement unbesoin corporel, une soif inassouvie de l’autre. Je me déteste deréfléchir ainsi, moi qui prêche depuis longtemps pour ne pas se focaliser sur un simple physique. Mais c’est comme une zone d’ombre de moi qu’il a réveillé, une zone surement arrivée avec la maturité que je n’avais pas à ‘époque. Mais je me rassure en réalisant que je ne souhaite pas que ça. Il y a quelque chose en lui qui me donne envie de le connaître. Peut-être son regard tendre et empli de gentillesse, d’amour et de bonnes attentions, ou son rire. Oui ce rire même que j’aime tant. Rire cristallin, rire pur, rire innocent tel celui d’un enfant. Je l’ai entendu à deux nombreuses reprises au Starbucks quand il partageait un moment d’euphorie avec ses collègues. J’ai même songé à l’enregistrer une fois pour l’écouter en boucle, oui il m’attire même vers un côté très psychopathe et le plus horrible dans tout ça c’est que j’aime ce qu’il me fait ressentir. Toujours est-il que dans le fond il m’intéresse vraiment. Je me demande parfois qu’elle est sa boisson préférée, comme pour la lui tendre au travail afin de lui voler dix minutes de son temps. Je veux savoir tant de choses de lui que les énumérer serait fastidieux, surtout avec mon cerveau embrumé par les hormones du moment tout juste bon à ne pas réagir. Un organe inutile en ce moment au point que parmi la multitude de choix de conversation à ma disposition je n’ai rien de trouver mieux à faire que parler de météo. D’un autre côté c’était soit ça soit aborder la beauté et la finesse des traits de son visage car c’est à peu près la seule chose qui occupe mon esprit. Et je doute que ce sujet puisse faire autre chose que de jeter un froid plus immense que celui dont je viens certainement d’être à l’origine. Mon moi intérieur me fusille du regard et fait claquer sa langue en signe de désapprobation. Si un quelconque charme opérait sur lui je viens de le briser en une seconde passant de la fille jolie et potentiellement sympa à la fille jolie et sans conversation, la première bimbo de service. Je connais cette image par cœur, car c’est celle que je dégage sans le vouloir. La vie est faite de catégories où l’on classe les individus, et les jolies filles sont parmi les sans cervelles. Pourtant je pourrais lui parler de chimie, de biologie. Lui expliquer qu’en cet instant même mon corps bouillonne sous l’effet des endorphines, de l’adrénaline et autres hormones à l’origine du désir. Que mes yeux aient de larges pupilles dilatées pour cette même raison et que tout cela trahis qu’il me plaît. Mais encore une fois le sujet bien que fort intellectuel serrait rester encore une fois fort gênant. Alors me voilà maintenant à sonder son visage attendant le moment où il marquera son dégout, son dédain, son mépris envers moi. Mais à ma grande surprise rien de ça ne semble apparaître sur son visage. Il se contente alors simplement de me répondre le plus calmement du monde d’une voix douce et suave qui me donne alors un important frisson traversant toute ma colonne me faisant dresser les poils sur l’intégralité de mon corps. J’aimerais pouvoir lui dire que pour moi le miracle a déjà eu lieu car passer un moment « privilégié » avec lui est tout ce que je souhaitais. Mais je me rends compte que le miracle a pris une tournure de drame à cause de moi et ajouter cela n’aiderait en rien si ce n’est à augmenter le malaise déjà naturellement fortement présent. Je préfère me taire, solution guère plus salutaire car un silence de plomb s’impose peu un peu avant que Nemo ne brise la glace. Enfin un sujet sensé, ou du moins sur lequel je peux parler sans avoir trop à faire marcher mon cerveau, ce qui vu son état actuel est une bénédiction. Je m’accroche à ce qu’il m’offre telle une naufragée à sa bouée de sauvetage. « Oui et Nan. Je suis arrivée par hasard. » Bravo dis-lui que tu avais oublié le nouvel an sur Time square afin d’achever de passer pour une conne. « Je devais passer le nouvel an avec mon frère, et l’espace d’un instant j’ai oublié Time square. Puis je suis arrivée et j’ai vu qu’avec la marée humaine à traverser je n’avais aucune chance d’arriver encore à l’heure. J’ai donc décidé de rester et de voir pour la première en live ce que je regarde chaque année à la télé depuis le jour où j’ai eu la télé. » Bien maintenant tais toi tu en as assez dit. Pourtant pour la première fois de la soirée j’ai l’impression de ne pas avoir fait de bourde en parlant. Grisée par cette micro victoire je pousse le vice à lui retourner sa propre question. Question qui dans ma bouche semble d’un coup plus stupide lorsque je prends conscience que je suis certainement la seule personne à atterrir sans le vouloir à Time Square le soir d’un nouvel an.

D’un coup les lumières s’allument inondant la place d’un flot multicolore. Une palette superbe dans les bleus affichant des motifs et diffusant une lumière douce tel le reflet de la lune. Je regarde ma montre affichant 23h59 et je suis soudain prise d’une fièvre intense, une euphorie intense allant presque jusqu’à sautiller sur place laissant mon visage se fendre d’un large sourire. « Ça va commencer ! Ça va commenceeeeeeeeer ! » Je suis pleine d’enthousiasme et d’entrain jusqu’à ce que mon visage se pose sur le sien. Et d’un coup je me rends compte que les lumières diffusent aussi quelque chose d’horriblement romantique et envoutant. Chaque trait de son visage masqué par l’ombre et légèrement éclairé à la faible lueur de la boule semble soudain accentué. Son regard semble soudain plus profond et ses lèvres se redessinent tout en contraste les rendant encore plus attirantes –comme si c’était réalisable-. Mes lèvres sont alors pleines de picotements et complètement endolories par le désir. Quelque chose que j’ignore en mon ventre se noue et fourmille en des tonnes de petits papillons. J’entrouvre alors mes lèvres pour commencer le décompte en silence, mimant chaque syllabe de mes lèvres. 5 4 3 ...



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Sam 17 Déc - 16:37





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Regard sombre qui se pose sur le visage de la jeune femme tandis qu’il l’écoute lui répondre, en profitant pour détailler ses traits. La forme particulière de ses yeux, dont les contours inférieurs sont plus arrondis que les supérieurs. Les zones d’ombre qui sculptent son nez, suivant l’inclinaison de ses courbes. Le dessin de sa mâchoire, de son petit menton, qui épouse le tracé de ses os. Ses lèvres qui se meuvent à toute allure à mesure qu’elle explique sa situation, lèvres pulpeuses, pleines, tentatrices. Lèvres sur lesquelles il aimerait poser les siennes, manière de s’unir à travers l’acte de tendresse suprême. Il remonte bien vite ses prunelles au niveau de ses yeux, région bien plus sûre et bien plus à même de l’aider à se focaliser sur ses paroles plutôt que sur les sentiments qu’il éprouve à son égard. Paroles qui lui apprennent qu’elle a un frère… Tiens donc. Aussi stupide que cela puisse sembler, il est heureux d’apprendre cela, heureux d’apprendre une nouvelle information à son égard, qu’il s’empresse de recenser dans le fichier mental qu’il a créé pour Angela. Perception de la foule alentour qui change subitement, passant de foule maudite à foule bénite, sans laquelle Angela ne serait pas avec lui en ce moment mais avec son frère.

Moue discrète qui prend place sur son visage lorsqu’elle lui retourne sa question, hésitation entre lui dire la vérité ou lui mentir. Doit-il réellement lui avouer qu’il n’avait pas le moindre plan pour le Nouvel An, qu’il a commencé la soirée seul face à sa télévision et qu’il a failli la terminer au même point ? Pour quoi allait-il passer s’il lui confessait cela ? D’un autre côté, il ne mentait jamais, du moins il s’efforçait de le faire. Il n’y avait que pour préserver ses proches qu’il s’autorisait un mensonge, et encore… Il pouvait toujours dissimuler la vérité, ceci dit. Dissimuler son cruel manque de vie sociale qui ferait certainement mauvaise impression. Nouveau haussement d’épaules donc, tandis que le jeune homme profère ce qui n’est finalement qu’un demi-mensonge :

- J’ai un peu décidé de venir ici à la dernière minute, ce qui explique que je sois pas super bien placé… J’ai failli pas venir, mais c’est un peu une tradition pour moi, et je trouvais dommage de la briser pour la première fois cette année, donc… me voilà.

Flashs de lumières multicolores qui illuminent la place, arrachant Nemo à sa contemplation. Arraché pour seulement y replonger plus profondément encore, séduit par la manière dont les éclats teintés subliment son visage. Il connaît suffisamment bien le déroulement du Nouvel An à Times Square pour savoir que c’est le signe annonciateur du début de la descente de la boule lumineuse, déduction confirmée par les cris qui fusent tout autour d’eux. Cris auxquels se mêlent ceux de la belle Angela, qui se met à sautiller sur place comme une enfant. Prunelles sombres qui s’attardent sur son visage, détaillant la manière dont son petit nez se retrousse et dont ses grands yeux clairs se plissent, délicieuse conséquence du large sourire qui illumine son visage tout entier. Elle est adorable, adorable et magnifique, mélange étonnant mais fort plaisant. Si plaisant qu’il ne parvient à détourner son regard de son visage pour assister à la descente de la boule ; assez ironiquement, il s’est rendu à Times Square ce soir dans le seul but de ne pas briser la tradition en ratant l’évènement, et pourtant il ne le regarde pas alors que cela se déroule à quelques mètres à peine. Mais cela ne l’embête pas, au contraire. Les traits de la jeune femme sont bien plus agréables à regarder qu’une énorme sphère éblouissante de lumière, aussi magique semble-t-elle. Lumière qui apparaît comme tamisée à cause de la distance, adoucissant les traits du visage de la jolie Mexicaine et ajoutant des zones d’ombre là où il n’était pas supposé y en avoir. Lippes qui décomptent silencieusement le nombre de secondes restantes avant le passage à la nouvelle année, lippes dont il ne parvient pas à détacher les yeux tant elles sont hypnotisantes. Désirables, il faut dire les choses telles qu’elles sont. Dans un murmure, le jeune homme égrène à son tour les secondes, en synchronisation parfaite avec la foule tout autour qui les hurle à tue-tête, mais surtout avec sa douce voisine. Léger sourire qui vient de lui-même étirer ses lèvres tandis que s’écoulent les derniers instants de 2016, léger sourire qu’il ne parvient pas à retenir, et contre lequel il ne tente finalement même pas de lutter. Il est simplement heureux d’être là avec elle pour célébrer le Nouvel An, bien que ce soit parfaitement inattendu, et ne voit pas de raison de s’en cacher. Cinq, quatre, trois… Les secondes s’écoulent à toute allure, derniers instants d’une année qui appartiendra sans tarder au passé. Iris brunes ancrées dans ses iris couleur de saphir, bord de lèvre qui vient se nicher entre ses dents. Deux. Cris euphoriques qui résonnent dans la foule excitée par ce renouveau que sera 2017, tandis que les yeux du jeune homme s’égarent pour une fraction de seconde vers leurs voisins. Inconnus ou connaissances, amis ou amants, tous se penchent les uns vers les autres pour échanger ce fameux baiser du réveillon. Mince. Le baiser. Il avait totalement omis ce détail, bénédiction effrayante, échange du geste suprême de la tendresse avec la femme qui hante son esprit mais qu’il ne connaît pas. Avec qui il n’est absolument pas en couple, malheureusement. Un. Dernière seconde de l’année, yeux qui ont bien vite retrouvé leur chemin vers ceux d’Angela, palpitant qui s’accélère subitement, contrastant bien étrangement avec l’éternité que semble durer cette infime fraction de minute.

« Bonne année ! » Cri exalté de la population new-yorkaise, arrivée du moment fatidique. Tout autour d’eux les gens s’étreignent, s’embrassent, certains d’une manière des plus classiques et d’autres de façon carrément indécente. Mais ce n’est pas aux autres qu’il doit s’intéresser présentement. Ce n’est pas eux qui doivent occuper son esprit. Ce n’est pas leur moment à eux, mais celui qu’il doit partager avec Angela. De manière si empressée qu’elle en devient presque maladroite, il rompt la petite distance qui les séparait jusqu’alors, quelques dizaines de centimètres à peine. Main qui vient se poser sur le bras de la jeune femme, lèvres qui se rencontrent en un baiser aussi chaste que rapide, mais pas moins intense pour autant. Contact électrisant, cœur qui s’affole dans sa cage thoracique, organe vital à deux doigts d’éclater. Entrailles qui se tordent, vague de chaleur émanant de son ventre qui semble se diffuser dans son corps tout entier. Tout autour d’eux l’esprit festif fait rage, les cris fusent et les confettis, portés par le vent, sifflent contre leurs oreilles. Pourtant, les sons semblent être aseptisés, et l’impression que le monde s’est arrêté de tourner pour un instant est présente à l’esprit du garçon. Sens mis en œillères pour le temps de ce baiser, pour mieux se focaliser sur l’acte en lui-même. Sur l’odeur exquise qu’exhale la jeune femme. Sur le son de son souffle qui a semblé s’interrompre lorsqu’il a épousé ses lèvres des siennes. Sur le goût de ses lippes, perçut malgré l’absence de contact poussé. Sur la douceur de ses lèvres sur les siennes, abimées par le froid. Sur le gros plan qui lui est offert sur ses yeux juste avant de clore les paupières, lui donnant l’occasion d’enfin les voir de suffisamment près pour pouvoir en distinguer toutes les nuances, l’azur, l’émeraude, le gris qui s’entremêlent en divers éclats pour former la plus belle teinte jamais créée.

Paupières qui se rouvrent dès l’instant où leurs lippes se séparent, « bonne année Angela » lâché dans un souffle tandis qu’il s’éloigne d’elle, mettant volontairement une distance entre eux deux pour se protéger. Se protéger d’elle, de l’effet qu’elle lui fait mais surtout de son instinct animal, instinct qu’il est bien conscient d’avoir et contre lequel il a bien du mal à lutter, sans quoi il se serait déjà jeté sur elle pour reprendre possession de ses lèvres, pour lui offrir un baiser digne de ce nom, quelque chose de mieux que ce spectre de baiser, trop timide pour être considéré comme tel. Lentement il s’humecte les lèvres, comme pour goûter encore et encore à ce contact intime, compenser sa courte durée en le savourant tant que possible. Souffle rendu court par l’affolement de son palpitant, prunelles qui parcourent son visage à toute allure pour éviter d’avoir à croiser son regard. C’est bien plus sûr de contempler ses joues écarlates, probablement à cause du froid, ses lèvres plus attirantes que jamais maintenant qu’il a goûté au fruit défendu, ses grands yeux bleus rendus larmoyants à cause de l’air glacial qui les fouette, et dans les cils desquels s’accrochent… des flocons de neige ? Sérieusement ? Il ne s’était même pas aperçu que les nuages avaient commencé à répandre sur eux leurs cristaux de glace, qui viennent parsemer la longue crinière de la jeune femme. Rapidement, il passe une main sur son menton, effleurant ses quelques millimètres de barbe. Ses doigts rencontrent ses joues, rendues ardentes par le baiser qu’il vient d’échanger avec Angela. Super, il doit désormais être au moins aussi écarlate qu’elle. Il la regarde, osant enfin rencontrer de nouveau son regard, et fronce sensiblement les sourcils, cherchant quoi dire. Que dire après cela ? Que dire après ce baiser qui fut si intense pour lui, mais qu’elle pouvait tout aussi bien avoir perçu de la manière la plus insignifiante qu’il soit ? La gêne est de retour, cruelle douche froide qui le fait bien vite chuter du haut de son petit nuage. Que dire ?

Regard qui se pose soudain sur les flocons qui s’ajoutent à chaque instant dans ses boucles brunes, léger rictus qu’il autorise sur ses lèvres pour tenter de lâcher un peu de pression alors qu’il prononce doucement, d’une voix rendue presque tremblante par l’émoi, ce maudit émoi d’homme fragile qui lui est propre :

- Il a neigé, finalement…

Main hésitante qui se tend vers la crinière de la jeune femme, doigts qui effleurent ses mèches brunes dans un geste doux, comme pour en chasser quelques flocons et appuyer ses dires tandis qu’il cherche, encore et toujours, à se remettre de ce premier et probablement dernier baiser.

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Lun 19 Déc - 20:18





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Ses lèvres se meuvent au rythme de sa phrase. Comme chaque fois qu’il me parle ma raison s’efface ne laissant qu’une jeune fille au sourire niais et toute pantelante. Je me laisse bercer au son de sa voix douce, profonde, enrouée et un brin aiguë. Voix qui emballe mon cœur à chaque syllabe qu’il prononce, me faisant défaillir sur celle qu’il laisse trainer par hésitation. Mes yeux restent fixés à ses lèvres. Lèvres sèches, lèvres froides à première vue mais au combien désirable. Ma vision entière se floute à l’exception de ses deux morceaux de chair rosée à la pulpe généreuse. Je les regarde se mouvoir sans être en capacité de retenir mes dents qui se referment instinctivement sur ma lèvre inférieure la laissant se dégager de leur emprise millimètre par millimètre dans un rythme effroyablement lent, déclenchant une infime douleur sur la fin. Douleur suffisante pour me rappeler à la raison. Respire, respire, tu peux le faire. Erreur monumentale. Odeur envoutante maintenant que trop connue, subtil mélange de son haleine et de son parfum. Il n’en faut pas plus (et c’est même déjà surement trop) pour que je resombre peu à peu dans cet état second si nouveau qu’il semble être le seul à pouvoir créer. Monde parallèle où il n’y a plus que lui et moi. Endroit où je ne suis plus que chaleur et émotion. Lieu où mon corps entier semble ne répondre à aucune raison du cœur. Alors tel Icare grisée par mes émotions je m’approche d’un soleil bien trop brulant pour moi. Dix centimètres nous séparent assez pour désintégrer mes ailes au passage. Il ne me reste alors plus que deux solutions : graviter autour de lui tel une des nombreuses planètes de son système solaire ou prendre le risque de me perdre totalement en lui. Mon souffle court balaye sa peau de finalement si proche que quelques-unes de ses mèches se soulèvent à son rythme. Je tâche de réfléchir à la meilleure chose à faire. Mais mon cerveau est totalement anesthésié et je suis incapable de la moindre réaction, restant statique à le contempler en l’irradiant de mon souffle.

Éclat lumineux qui transperce mes ténèbres, repoussant l’inévitable réflexion à plus loin. Lumière intense qui m’arrache à mes pensées telle une bouée de sauvetage arrivée à temps alors que je me noyais dans les douces sensations dont seul lui a le secret. Je pose alors mes yeux sur la boule, énorme masse éclatante et brulant de mille feux. Telle une étoile céleste elle illumine de son incandescence la place diffusant une lumière puissante et pourtant affreusement douce. J’admire, complètement captivée, cette imposante géante amorcer sa descente dans les flammes de ses tons orangé puis dans la douceur océanique de son bleu violacé. Je sautille sur place, le visage envahi par un sourire niais. Au milieu de la foule en délire j’entends mon rire cristallin percer. Rire de joie, de bonheur, de béatitude, y a-t-il eut sur terre de jour plus fantastique ? Mes yeux restent ouverts de force refusant de cligner comme pour capturer chaque seconde de ce moment. Mes cheveux pris dans l’excitation de mon corps virevoltent autour de ma tête prise d’une teinte rosée par l’effort. Je l’admire impatiente, trépignant comme une gamine un matin de Noël. C’est juste surréaliste après tant d’années à la voir à la télé, j’y suis finalement en personne et en très charmante compagnie. À l’évocation de Nemo mon regard se porte d’instinct vers lui. Je m’arrête alors net sous le poids de son regard, intense et magnifique. Il me dévisage de ses deux opales brunes, que la lumière de la boule fait tout juste ressortir de l’obscurité, leur ajoutant une zone de brillance, telle une étoile dans le coin du regard. Je me fige alors plongeant mon regard dans l’intensité et la puissance du sien me laissant totalement perdre à l’intérieur. Il est doux et si expressif, l’espace d’un instant je crois même y voir du désir, un désir si fort et si communicatif qu’il ne suffit que de l’apercevoir pour qu’instinctivement mon ventre se disperse en des millions, que dis-je des milliards de papillons. Je suis figée sur place, prisonnière de la beauté de cet homme et par la force totalement inattendue des choses qu’il me fait ressentir. Je cligne des yeux les gardant fermer un instant comme pour tenter de rompre le charme duquel je demeure prisonnière. Mais je ne vois alors plus que deux grands cercles, magnifiques et exprimant une multitude de choses, me dévisager depuis l’intérieur de ma paupière. Oh merde tu l’as même dans la peau. Préférant sa douce torture à celle que mon cerveau m’inflige je me risque à rouvrir les yeux, mon regard se posant sur son visage, en évitant avec la plus grande précision ses prunelles. Ma lèvre inférieure est alors tremblante sous le coup de l’émotion et frémit au rythme de mon souffle saccadé. Mes yeux fuyants désespérément les siens tels deux aimants essayant désespérément d’esquiver l’inévitable. Ils se posent alors sur son menton à la courbe parfaite dont la barbe naissante qui le couvre créé une zone d’ombre en son centre faisant apparaitre une fine fossette. Élément aussi simple qu’anodin mais qui me fait pour autant lâcher un profond soupir. Soupir asthmatique et douloureux sous le joug de mes émotions. Mes iris continuent leur course folle ne me laissant pas le temps de me remettre. Je longe alors le long de la ligne de sa mâchoire. Ligne fine et se terminant en un angle délicat et quasi droit. Ligne dessinée à la perfection et soulignée par sa barbe naissante qui me donne une envie presque irrépressible de m’y frotter. Nouveau soupir étouffé encore plus douloureux que le premier. Mon cœur explose sans retenue. Alors mon regard tel un traitre vient achever son périple sur son nez fin me laissant entre deux zones « interdites ». Je me risque une dernière fois sur ses lèvres. Acte qui me vaut un délicieux picotement dans les miennes, comme un appel au baiser, un besoin irrépressible que 1+1 fasse 1 juste cette fois, juste un instant. Stop, stop c’est trop, beaucoup trop. Bien plus que je ne suis capable de supporter. Je ferme alors mes yeux une nouvelle fois avant de les rouvrir et de me perdre à nouveau dans son regard. Tout est si beau chez lui, et la lumière semble avoir souligné à la perfection chaque zone de son visage comment résister. Soudain rappelée à la réalité par la foule environnante, je prends conscience du décompte qui touche sa fin tout comme l’année. Et le plus fou c’est que chaque année ce moment est important pour moi, j’y vois la mort d’une chose et le début d’une autre, un renouveau des plus importants. Mais cette fois je m’en contrefiche car l’importance semble se trouver ailleurs et plus précisément face à moi. J’essaye alors d’entonner le décompte pour faire mine de m’intéresser au spectacle environnant, mais ma voix reste muette et je me contente alors de laisser les mots effleurer mes lèvres les faisant se mouvoir dans le silence le plus absolu. 5 4 3 …

… 2, son sourire sin intense dont je suis incapable de détacher le regard viens de se transformer en tout autre chose de plus érotique. Ses dents épousant parfaitement la chair de sa lèvre inférieure. Mon cœur bat à tout rompre frappant violemment dans mes tempes. Migraine soudaine au rendez-vous mais qui pour une fois est étrangement agréable, grisante comme une partie du tout de la scène. 1, son regard croise le mien que je souhaite de toutes mes forces de détourner. Mais il m’est impossible ne serrais ce que d’essayer. Le palpitant en folie à l’approche du moment. 0, les cris de joie qui fusent, la nouvelle année qui commence et dont je n’ai cure. Mon regard reste fixé dans le sien. Je prends alors conscience de la tradition et le simple fait de l’évoquer termine de faire sortir mon cœur de la poitrine. Petit gémissement de plaisir et de douleur qui s’échappe d’entre mes lèvres serrées et tremblotantes. Mon corps est alors pris d’un spasme puis d’une intense brulure, tel un milliard d’épées me transperçant, remontant le long de mon bras sous le contact de sa main chaude et hésitante. Souffle inexistant au moment où mon cœur rate un battement sous la violation respective de nos espaces personnels nécessaires à la survie. Va-t-il le faire ? Mes yeux se ferment douloureux à force de l’admirer de si près. Nos souffles courts se mêlent et m’arrachent un frisson d’une incroyable violence remontant d’entre mes reins pour s’achever à la racine de mes cheveux. Je tremble alors comme une feuille sous l’émotion. Tremblement si vite avorter grâce au réconfort de ses lèvres sur les miennes. Cœur et respiration au point mort, tout semble alors figé hors du temps. Le monde s’efface ne laissant plus que lui et moi et l’intense chaleur de notre étreinte qui se répand au travers de nos corps. C’est alors au tour de mon corps de s’effacer ne laissant place plus qu’à mes lèvres. Contact léger et chaste sur ces dernières mais pour autant agréable au possible. Sensation de froideur et de sécheresse dans un acte affreusement chaud et doux. Baiser aussi parfait qu’antithétique qui frôle mes lèvres. Le goût exquis se déverse en moi au contact de sa lèvre inférieur. Contact douloureux, intense picotement dans les lèvres directement conduit au plus profond de mon être. Mon cœur s’emballe alors relançant ma circulation, de mon cœur je recommence à sentir mes mains sur ses bras, mes jambes qui touchent le sol dans un contact aussi fragile que tremblant. Mon corps entier se révèle alors de nouveau à moi, la réalité reprenant alors un peu de son territoire abandonné à cet instant. Mes paupières se rouvrent difficilement après un rêve magnifique replongeant mes prunelles dans les brun chaud et les tons noisette de ses iris. Des yeux qui brillent d’une passion dévorante allant jusqu’à en ébranler mon âme.
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« Bonne Année Nemo … » Voix rauque et à peine audible. Mes cordes vocales n’étant pas encore remises de leurs émotions. Ma gorge est nouée et produire le moindre son se révèle être une torture. Je préfère alors me taire laissant la brulure de mes sentiments me consumer de l’intérieur alors que je le regarde. Il s’éloigne de moi comme pour réinstaurer la distance nécessaire afin d’éviter tout autre débordement. J’aimerais objecter, tendre le bras pour le retenir auprès de moi, m’enivrer un peu plus de son odeur. Mais je suis tout bonnement encore ailleurs à cheval entre deux mondes, incapable du moindre mouvement. J’écoute les battements irréguliers de mon cœur et contemple la vapeur qui sort de manière désaccordée d’entre mes lèvres. Lèvres rendues bleues par la passion et la puissance voilée du baiser. Je sens le flux de mon sang y abonder en masse, pas de doute quant au fait qu’elles doivent apparaître encore plus gonflées qu’à leur habitude. Mes joues sont en feu sous l’effet de l’émotion et de mon corps émane une intense chaleur. Chaleur à laquelle la petite langue rouge que Nemo fait courir le long de ses lèvres n’arrange rien. Je sens bouillonner en moi un cocktail aphrodisiaque et délicieux. Intense brulure sur mon corps nuancée par endroits par des points de fraicheurs. Je sens alors flotter dans l’air une odeur en plus de celle de Nemo. Ma main se tend comme pour s’assurer de la chose. Le soupçon se confirme alors au moment où le délicat et tendre flocon vient se poser en ma paume avant de fondre instantanément à son contact brulant. Je les admire alors virevolter autour de nous dans une danse frénétique et désordonnée. Je souris alors intérieurement face à l’ambiance créée pour nous. Un signe des astres ? Sa voix brise le religieux silence qui s’était imposé entre nous me forçant à reporter le regard sur lui, un sourire faible aux lèvres. Je sens alors mon souffle diminuer encore à la vision de son visage. Si jamais un jour j’ai dit que jamais cet homme ne pourrait être plus beau et bien je me suis alors trompé. Le rouge embarrassé de son teint lui donne une mine radieuse et adorable. Ses yeux brillent et les flocons tendres et fragiles prisonniers de ses longs cils semblent refléter l’intensité de son regard de braise. Ma gorge se noue encore plus ne laissant à ma voix qu’un faible souffle tout juste de quoi prononcer un murmure. « Le voilà ton miracle du nouvel an … » À ses mots je pose mon regard dans le sien. Mes yeux indéniablement et irrépressiblement prisonniers des siens.

Telle une délicate source de chaleur sortie de nulle part sa main s’approche de mon visage avant de venir s’entrelacer dans mes cheveux. Acte audacieux qui m’arrachement un léger gémissement de plaisir. Je penche alors ma tête pour atteindre un contact peau contre peau. « Elle est si chaude … » Je prononce ces mots à voix basse plus pour moi que pour lui. Ma paume vient alors à la rencontre du plat de sa main. Nos doigts s’entrelacent pour ne forme plus qu’un élément compact. Je dirige alors sa main sur mon visage lui faisant caresser ma mâchoire le long de sa ligne. Je poursuis alors ma route d’une main tremblante portant ses doigts à mes lèvres entrouvertes. Je les laisse alors courir le long de ma lèvre inférieure avant de ramener sa main dans mes cheveux. Je défaits alors la tendre étreinte de nos doigts avant de faire courir la mienne le long de son bras avant de la loger autour de sa mâchoire qui se serre délicieusement à mon contact. Alors de mon autre main, tremblante et hésitante je viens trouver le contact doux de ses cheveux. Tignasse soyeuse et magnifique dans laquelle ma main finie par se perdre dans un plaisir intense. Alors d’un pas léger je viens réduite la distance qui avait recréé auparavant. Nos corps se frôlent et se touchent ce qui m’arrache de violents frissons de plaisir. Nos souffles se mêlent dans une danse majestueuse et vaporeuse. Peu à peu nos respirations se calent l’une sur l’autre nos poitrines se soulevant en rythme. Ma main se resserre sur une touffe de sa chevelure brune avant de tirer sa tête à moi. Nos nez froids se frôlent et plus rien ne compte alors si ce n’est lui. Je ferme mes yeux et poussé par un élan venu de nulle part je pose alors mes lèvres avides sur les siennes. Le baiser est alors bien différent du premier. Loin d’être chaste il est avide et déborde de passion ainsi que de désir. Nos lèvres fusionnent en une étreinte intense. Et dans un vent d’audace je prends le risque de demander du bout de ma langue le contact avec la sienne. Le dilemme ne se pose alors plus, je ne désire qu’une chose, me perdre et me désintégrer en lui.




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Mer 28 Déc - 2:01





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Miracle du Nouvel An. Elle ne croit pas si bien dire. Nul doute que ces mots se réfèrent aux dernières paroles du jeune homme, à cette neige « miraculeuse ». Miracle en carton oui, puisqu’à New York, décembre rime immanquablement avec neige. Ayant toujours vécu dans la Grosse Pomme, il n’a jamais connu de fêtes de fin d’année dénuées de neige, réchauffement climatique ou pas. Non, le réel miracle de la Saint-Sylvestre réside au cœur de ce baiser, rapprochement totalement inattendu entre eux deux. Rapprochement plus que plaisant, grisant, addictif, mais tout ça pour quoi au final ? Ce n’est jamais qu’un baiser échangé pour célébrer le passage à la nouvelle année, tradition que la jeune femme pouvait tout aussi bien avoir acceptée par pure politesse. Rien ne disait que ce qu’il ressentait à son égard était réciproque. Rien ne disait que leur relation allait s’en trouver modifiée, qu’ils passeraient de simples collègues au grade supérieur, à peut-être amis, à peut-être plus encore. Il le souhaitait ; mais le souhaitait-elle ? Une chose était sûre, il n’allait pas le lui demander de but en blanc. Un sentiment de gêne planait entre eux depuis leur rencontre, inutile qu’il y ajoute son grain de sel.  Sans doute était-il trop lâche également, craignant trop de se faire remballer avec fracas pour seulement oser lui parler de cela. Et puis même, il était trop tôt pour ça. Ils se connaissaient à peine, elle prendrait peur s’il commençait déjà à lui parler de grands projets.

Mais quelle était la valeur des mots, finalement ? Quelle était la valeur des mots face aux poids des gestes, face à la puissance de leur impact ? Léger sourire qui prend place sur ses lèvres lorsqu’il sent la joue de la jeune femme se presser contre sa main, quémander plus de proximité, un contact plus intime. Peut-être sa cause n’était-elle pas perdue, finalement ? Bribes de mots qui s’échappent au gré du vent, syllabes qu’il ne perçoit que partiellement parmi la cacophonie de la foule environnante. Confiance qui commence à le gagner, fruit précieux qui éclot en lui par minuscules fragments, lentement mais sûrement. Doigts qui effleurent la peau ardente de sa joue, douces caresses qu’il s’autorise au vu de la réceptivité de la princesse qu’il a sous les yeux. Doigts qui s’entremêlent sans attendre aux siens, acte tendre, acte naturel, comme s’ils avaient été faits pour fusionner. Comme si leurs corps tout entiers, leurs moindres parcelles avaient été façonnés par les astres pour s’imbriquer parfaitement, de la manière la plus pure qu’il soit.

Prunelles sombres qui parcourent les traits de son visage, muette contemplation de son nez, de ses lèvres, de sa mâchoire à mesure que sa main les sillonne, guidée par celle d’Angela. Regard qui s’arrête finalement sur ses iris clairs, si clairs par rapport aux siens, tandis que ses doigts effleurent ses lippes. Caresse légère, précautionneuse car il est conscient de la valeur de ce qu’il touche. Il sait combien ces lèvres sont précieuses, véritables joyaux à elles toutes seules qu’il survole avec une délicatesse presque grotesque. Temps de nouveau suspendu, ébauche de couple emprisonnée dans une bulle aseptisée, doux cocon qui les protège du reste du monde, de la moindre interruption en sa provenance. Un bâtiment aurait pu exploser à deux mètres de là qu’ils ne s’en seraient probablement pas aperçu.

Rôles inversés lorsqu’elle délace leurs doigts pour venir poser sa main sur sa mâchoire, agréable tendresse qu’elle lui offre alors. Tous ses sens aux aguets, il sent précisément la douceur de ses doigts rencontrer le piquant de ses quelques millimètres de barbe, contact électrisant qui le fait spontanément contracter la mâchoire. Contact pourtant insuffisant, tant pour lui que pour la jolie brune puisqu’elle glisse son autre main dans ses cheveux, se frayant un passage sous les capuches qu’il a dû rabattre sur sa tête pour ne pas geler instantanément. Couches qui lui semblent désormais superflues tandis que son palpitant s’emballe, faisant affluer le liquide vital dans son corps tout entier, corps dont la température augmente de manière exponentielle.

Situation de plus en plus difficile à gérer pour lui lorsqu’elle rompt cette distance qu’il avait précautionneusement instaurée entre eux. Ses mains sont toujours posées sur le visage de la jeune femme, l’encadrant en coupe. L’un de ses pouces caresse paisiblement sa lèvre inférieure tandis que leurs membres se rapprochent, jambes qui entrent en collision, bras qui s’effleurent pour se prodiguer respectivement des gestes tendres. Visage qu’elle attire contre le sien, nez qui se frôlent, souffles tremblants qui se mêlent, se calant sur le même rythme.

Malgré tous les signes annonciateurs, c’est avec surprise qu’il reçoit son baiser, surprise qui ne dure heureusement pas puisqu’il le lui rend sans attendre. Cœur qui a un raté, petit cœur molesté qui virevolte dans sa cage thoracique, y rebondit sans ménagement tandis que ses entrailles se nouent comme jamais. Baiser Ô combien différent du précédent, prudence et respect envolés pour laisser place aux débordements de la passion, à un sens presqu’indécent donné à ce geste. Autorisation immédiatement donnée à la jeune femme, autorisation donnée avant même qu’elle ne la lui demande alors que leurs langues se découvrent, flirtent ensemble, apprennent à se connaître dans une danse aussi endiablée que sensuelle. Mains qui glissent rapidement de son visage vers sa taille pour attirer son corps frêle contre le sien, corps frigorifié à cause de sa tenue légère, corps autour duquel il referme les pans de sa veste pour tenter de la réchauffer, comme si leur baiser pouvait ne pas y suffire. Baiser qui se poursuit sans relâche, toujours plus passionné, toujours plus ardent. Heures incalculables passées à s’observer de loin, à se désirer secrètement, qui s’expriment à travers leurs lèvres, à travers leurs langues. Corps qui parlent pour eux, mièvrerie des mots supplantée par la vérité crue, âpre, sans concessions des gestes dont sont capables ces bêtes que sont les hommes. Désormais il ne réfléchit plus, toute timidité est envolée pour laisser place à l’homme qui réside en lui, l’homme qu’il faut beaucoup pour réveiller. Il ne sait pas de quoi l’avenir est fait, de quoi leur avenir est fait, commun ou solitaire. Il ne sait pas ce que le monde astral leur réserve. Et c’est là toute la raison pour laquelle il profite de ce baiser comme si c’était le dernier qu’ils devaient échanger, comme s’il n’y avait pas de lendemain, pas même d’après. Car c’est peut-être le cas, après tout. Seuls ces chers astres connaissent leur destin.

Souffle qui finit malheureusement par manquer, baiser qui s’achève à contrecœur. Lèvres qui s’écartent de peu, front qui reste en revanche plaqué contre le sien. Regards ancrés l’un dans l’autre, nuages de vapeur qui s’échappent de leurs lèvres, nuages de vapeur qui se mêlent du fait de leur proximité, saccadés à cause de leur respiration haletante. Le souffle court, il humecte lentement ses lèvres crevassées, comme pour goûter une nouvelle fois à ce spectre de baiser, d’alchimie pure et dure qui plane toujours entre eux. Voilà qu’il y est. Qu’il est confronté à la part la plus dure du baiser : que dire après ? Il se doit de trouver quelque chose de fin, de plaisant à dire. S’il fait l’une de ces bourdes dont il a le secret, il signe son arrêt de mort auprès d’Angela, la fin de ce qui aurait pu être… eh bien, quelque chose de chouette. Auquel il a la ferme intention de ne pas mettre fin avant même que cela ait commencé. Silence quelque peu pesant qui plane entre eux deux, mais moins que d’habitude, tant et si bien qu’il en deviendrait presque confortable, comme si quelque chose, une atmosphère entre eux deux, avait changé. Silence qu’il rompt pourtant par un simple mot, mettant un terme aux brefs cycles sexagésimaux s’étant écoulés depuis leur baiser.

- Angela…

Prénom prononcé doucement, si doucement qu’elle ne l’a peut-être même pas entendu, entre la musique et les cris de la foule alentour. Prénom qui a occupé ses pensées avec un acharnement presqu’inquiétant au cours des dernières semaines, surgissant dans son esprit aux moments les plus inopportuns. Mais pour l’heure, ce n’était pas dans ses pensées qu’elle se trouvait. C’était devant lui, juste sous ses yeux. Yeux qui détaillent une nouvelle fois son visage, pour la énième fois depuis qu’il est tombé par hasard sur elle ce soir. Iris qui se promènent dans ses cheveux clairsemés de flocons de neige, sur les arêtes de son visage qui semble magnifiquement taillé au couteau, sur ses lèvres qu’il désire encore un peu plus après chaque baiser, cruel cercle vicieux dans lequel il s’est engagé. Iris qui parcourent sa peau basanée, que les cristaux de glace rendent brillants par endroits, tels des dizaines d’éclats pailletés reflétant la lumière sur son derme basané. Iris qui atteignent finalement ses propres prunelles, dans lesquelles ils s’ancrent de nouveau tandis qu’un doux sourire gagne ses lèvres, sourire de pur émerveillement contemplatif.

- T’es tellement belle…

Palabres qui franchissent d’eux-mêmes ses lippes, nulle réflexion se dissimulant derrière. Essence même de la sincérité ; comme trop souvent avec lui, ce n’est pas son cortex mais son cœur qui s’exprime.

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Dim 1 Jan - 2:03





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Je prononce ses mots dans un aveu à moitié dévoilé. Double sens caché que je n’ose avouer, même à moi-même. La neige y est certes pour beaucoup dans ce miracle, douce poudreuse blanche, divine larme d’ange. Elle virevolte autour de nous comme dans un film à l’eau de rose vu et revu et pourtant le charme de cette scène reste intact et même plus intense une fois qu’on ne le vit en personne. Ses traits semblent illuminés comme sublimés par les flocons qui viennent se déposer sur sa peau ardente avant de fondre et se dissiper ne laissant dans notre cœur plus qu’un songe de leur miraculeuse existence. Je redécouvre ses yeux sous un nouveau jour, braise ardente dans ce décor de glace ce qui renforce l’éclat de ses iris et leur intense pouvoir et emprise qu’elles exercent sur mon âme qui semble si fragile en sa présence. Mon cœur palpite, tressaute en manque de me faire défaillir à la vue de ses lèvres –dont la teinte n’est plus rosée mais bleutée par la fraicheur nocturne- encore légèrement enflée par ce simple contact anodin sur les miennes. Légère boursouflure qui rappelle à mon esprit le seul et véritable miracle de cette soirée. Plusieurs mois de fascination et de délectation de son image qui se concrétisent en un acte aussi tendre qu’intense. Un échange ainsi prude est simple mais qui ne pouvait être parfait que dans sa frugalité. Mais un échange d’une brève durée, immense moment de bonheur du coup suivit d’un intense moment de déprime. Je prends alors que conscience que s’est alors certainement terminée. Moment éphémère qui prend déjà un goût amer. Je réfléchis certainement trop mais je suis affreusement triste de me dire que ça s’est certainement déjà fini aussi vite que cela a commencé. Ce n’était qu’un baiser du nouvel an, une tradition respectée. Un instant merveilleux certainement seulement pour moi. Je réalise que je ne veux pas que ça, j’en veux plus. Je veux sentir sa chaleur, qu’il me prenne dans ses bras. Je souhaite qu’il m’emmène diner, qu’on se balade main dans la main dans Central Park. Je désire qu’il me fasse rire, pleurer, chanter. C’est certainement stupide mais je veux seulement le connaitre et l’aimer. Prendre conscience de ça aussi rapidement après une longue période de deuil est une véritable claque. J’inspire profondément afin de garder mon visage jovial, un brin secoué que j’arbore depuis le début de cette soirée, une façon de masquer mes noires pensées à un homme que je connais à peine mais qui fait déjà battre mon cœur.

Soudain comme une étoile étincelante brisant de sa lumière l’obscurité de mes songes, sa main vient se poser dans mes cheveux. Je frémis de plaisir, face à la douce étreinte de sa main chaude sur mes pommettes glacées. Mes paupières se ferment pour abandonner un sens au profit d’un autre. Je savoure et profite de la caresse de sa main sur mon visage et des sensations qu’elle me procure. Ses doigts sont secs, calleux et respirent une certaine puissance en dormance. Un ensemble assez masculin qui malgré son manque de douceur réelle s’avère dégager une infinie tendresse qui m’enivre. Mes doigts s’entrelacent aux siens trouvant instinctivement leur place comme si depuis toujours ils avaient été faits pour y être. Je le guide alors instinctivement sur mon visage au gré de mes envies. Chaque déplacement traçant un chemin de picotement et de frissons le long de mon visage. Je suis soudain loin de la jeune fille au visage glacé d’il y a un instant. Je suis alors plus ardente que le cœur d’un feu chatoyant. Aucun doute que le sang afflue en abondance dans mon visage en feu. Mes yeux se rouvrent lentement en un soulèvement délicat et féminin de mes cils alourdis par la présence de flocons. Mon regard cherche indéniablement le sien, brasier chatoyant qui me retourne et noue mon estomac. Mes lèvres s’entrouvrent lentement afin d’inspirer une profonde bouffée, compliquée à réaliser face à mon souffle saccadé. Souffle qui effleure et caresse ses phalanges distales au rythme lancinant et irrégulier de ma respiration au fur et à mesure que sa main s’approche dangereusement et délicieusement de mes lèvres. Elle l’effleure, la caresse, laissant par moment légèrement pénétrer le bout d’un doigt en son enceinte pour frôler la surface interne et légèrement humidifiée de mes lèvres. Je résiste à l’envie de les refermer dessus et d’y poser ma langue afin d’en soutirer l’arôme unique qui titille ma curiosité. À la place je cède à la tentation d’y déposer un tendre baiser dès lors qu’ils s’échappent de l’enceinte de mes lèvres. Mon regard se relève alors de ses phalanges pour se poser sur son visage, création divine qui m’envoute. Et avant même de réaliser ce que je fais, ma main relâche la sienne de son emprise, lançant son dévolu sur les contours délicats de son visage. Mes doigts caressent délicatement les traits de son visage, s’accrochant sur la barbe naissante et légèrement hirsute qui agrémentent parfaitement son visage, suivant le contour et le détail de ses muscles bandés par sa mâchoire crispée. Mon autre main s’avance lentement vers son visage, tremblante et fébrile, avide d’en découvrir encore en plus. Elle dévie alors sa trajectoire pour se faufiler sous sa capuche et se perdre au milieu de ses cheveux. Masse douce et duveteuse, piquant par endroits, causé par le caractère ras de ses cheveux sur le côté de son crâne.

J’effectue un pas un avant, brisant la distance déjà très fortement réduite qui nous sépare. Nos jambes se touchent presque au point de s’entrecroiser. Nos torses se frôlent, seule la présence de nos bras maintient un semblant de distance entre nous. Nos souffles se mêlent et s’entrecroisent le mien se fendant et deux au contact de son pouce. Son odeur m’envoute et la vision de ses lèvres ainsi que le souvenir de leur contact sur les miennes termine d’achever l’œuvre de mes pulsions. Je mordille la pointe de son pouce qui caresse mes lèvres pour le forcer à l’écarter de ma route. Mes mains agrippent avidement son visage et le tire à mi-chemin du mien. Je me relève sur la pointe des pieds pour achever la route qui nous sépare pour atteindre ses lèvres. Nos nez se touchent, nos lèvres s’effleurent. Seconde qui semble une éternité, moment unique où chaque sensation s’éteint pour laisser le seul contact de nos lèvres s’exprimer et prendre tout l’espace. Léger gémissement qui s’échappe d’entre mes lèvres, frisson qui parcourt mon corps. Je suis électrisée de la tête aux pieds et dans un élan de passion j’achève cet ultime rapprochement. Nos lèvres s’aplatissent et fusionnent dans une étreinte enflammée. Ma langue cherche la rencontre de la sienne avant même que je lui en accorde l’autorisation. Je perds pied et me laisse engloutir par mes émotions et les sensations qu’il fait naître en moi. Je frémis et sens peu à peu toute force quitter mon corps pendant que je liquéfie dans un océan de sentiments au contact de sa langue. Contact d’abord doux, elles se rencontrent, se cherchent et se découvrent dans une valse lancinante avant de s’exprimer dans un tango ardent laissant exploser l’extase qu’elles font monter en moi. Au moment où je me sens défaillir ses mains se posent sur ma taille m’aidant à me soutenir et provoquant un frisson violent qui remonte instantanément mon dos, nouant mon estomac au passage. Sensation autant douloureuse et désagréable qu’agréable et addictive. Nos corps se rapprochent encore et sa veste se renferme sur moi telle la cage terminant de m’emprisonner dans la tourmente de plaisir que représente cet homme. Nos corps brulants se frôlent déclenchant une myriade de sensations plus intenses et puissantes les unes que les autres. Cadence dur à tenir et supporteur laissant peu de répit à mon cœur qui se trouve déjà au bord de l’explosion. Perte de contrôle ultime de mon corps qui se presse au sien le plus possible ondulant légèrement comme pour fusionner avec. Ma main quitte son visage pour trouver son torse et lui prodiguer une tendre et délicate caresse, sentant au passage les palpitations effrénées de son cœur. Né alors l’espoir en moi. Est-il seulement possible que je lui fasse le même effet qu’il me fait.

Manque d’oxygène flagrant, poumons au bord de l’implosion, je réalise alors que le baiser doit comme chaque bonne chose prendre une fin. Nos langues se quittent non sans un regret fort présent que cela soit déjà terminé. Nos lèvres tremblantes se quittent avec hésitation et déception pendant que mes dents se renferment doucement sur sa lèvre inférieure comme pour faire durer le plaisir ne serait-ce qu’un instant. Nos fronts se touchent et restent en contact pendant que je reprends difficilement mon souffle et mes esprits. Mes yeux s’entrouvrent cherchant à l’admirer, tâche rendue impossible par la proximité, et la buée entrecroisée de nos souffles courts et rapprochés, qui rendent les détails de son visage flou. Un silence s’installe avant. Silence bien différent des précédents. La gêne et l’appréhension habituelle cèdent place à la béatitude et à l’érotisme. Mes oreilles sifflent et se laissent bercer par la douce mélodie de notre sang qui bat dans nos tempes, entrecroisé au rythme endiablé et désordonné de notre respiration. Le tout sublimé par la valse gracieuse et flegmatique de nos souffles qui s’entrecroisent. Silence pur et divin qui ne se redoute alors plus mais qui se savoure. Calme dont on se délecte comme le plus pur des nectars. Silence propice au rêve et l’imagination. Ainsi lover contre lui -les bras rabattus contre mon corps, profitant de l’étreinte au mieux- je m’imprègne de son odeur, doux élixir qui me pousse dans les méandres de mon imaginaire. Je visualise alors l’avenir. Avenir doux et merveilleux, délicieuse utopie, baume pour mon cœur. Je réalise alors à quel point je me suis déjà exposée si vite, souhaitant plus que toute l'existence d’un potentiel nous. Et pourtant je continue de sentir au-dessus de moi la culpabilité prête à me transpercer telle l’épée de Damoclès. Oui je me sens coupable, coupable d’avancer seule sans l’homme que j’ai un jour aimé. Coupable d’en désirer un autre et d’imaginer pour la première fois depuis longtemps autre chose qu’un avenir triste et solitaire. Mais je repousse mes sombres pensées pour ne laisser qu’au bonheur procuré par cet instant magique qui semble presque interminable.

Sa voix prononçant mon nom fend l’air brisant le silence, m’extirpant un peu de notre bulle pour me rappeler à la réalité. Mes yeux se rouvrent et nos fronts se décollent pendant que mon regard se replonge dans le sien. Je le vois m’examiner et me détailler, je me sens comme mise à nue devant lui mais pour autant ça ne me dérange pas. J’aime la façon dont il me regarde, la tendresse et l’admiration que je crois y déceler, des sentiments amplement partagés pour ma part. Il reprend instantanément la parole que je lui coupe d’un doigt délicatement posé sur ses lèvres. Ma voix fait alors écho à la sienne dans un murmure tout juste audible pour nous deux. « Chuuuuut, tu gâches tout … » Le ton est lent et dénué de tout reproche. Mon visage s’illumine d’ailleurs d’un sourire timide et d’une mimique élaborée exprimant ma gratitude face à son compliment. Je réduis alors à nouveau la très faible distance qui nous sépare enroulant mes bras sous ses aisselles et déposant délicatement mon visage contre son épaule. Mes lèvres effleurent sa nuque dans un baiser timide et mon nez s’enivre de son parfum une dernière fois. Je reste ainsi un court instant mais qui semble pour autant durer une éternité avant de relever la tête vers lui détaillant une ultime fois son visage du bout de mes doigts. Je reprends la parole sur un ton hésitant, pas vraiment certaine de vouloir faire ce que je déclare, mais consciente de devoir m’y résoudre. « Bien je vais devoir y aller … Ne crois pas que je cherche à te fuir loin de là. Mais mon frère m’attend et il est du genre à se faire beaucoup de soucis. Nemo je … » J’arrête ma phrase là même pas certaine de savoir l’issue de ma phrase. Je déglutis péniblement avant de réussir à ajouter. « On se voit demain au travail ... » Je termine de déclarer cela mais je reste en place, incapable de me séparer de lui, cherchant au fond de moi la motivation pour m’extirper de cette étreinte.

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Mar 17 Jan - 1:01





Angie & Nemo


Certains tombent amoureux, c'est pur, ça les élève, moi je tombais amoureux comme on tombe d'une chaise.

Corps de la jeune femme lové contre le sien, enveloppes charnelles séparées par de nombreuses couches de vêtements qui ne l’empêchent pourtant pas de goûter à la sensation de sa poitrine contre son torse, de la moindre courbe que ce mélange de chair et d’os qui la constituent insufflent à sa silhouette. Contact brûlant, contact électrisant, contact qui serait presque douloureux s’il ne lui faisait pas ressentir un cocktail de sensations si agréables, heureuse association de désir et d’affection, de béatitude et de gratitude envers le ciel, envers ces astres qui semblent enfin se montrer cléments envers lui. Années de lutte contre lui-même, contre le monde tout entier et contre ses démons intérieurs, années de souffrance qui finissent par payer, glissant dans ses bras la plus jolie fille sur laquelle il ait jamais eu l’honneur de poser les yeux.

« Chuuuuut, tu gâches tout … ». Paroles anodines, innocemment dénuées de tout reproche. Paroles qui brisent néanmoins quelque chose dans son regard ou plutôt dans son âme, mais ne dit-on pas que les yeux sont le reflet de l’âme ? Peut-être est-ce ce semblant d’assurance qu’il commençait à développer, fort de la présence de la jeune femme à ses côtés ; ou peut-être était-ce un début de confiance qu’il était prêt à lui accorder, confiance rendue fragile par la difficulté qu’il a à la développer. Toujours est-il que sa susceptibilité légendaire a une nouvelle fois frappé, ou du moins ce trait de sa personnalité que ses proches qualifient de susceptibilité, mais qu’il se refuse lui-même à considérer comme tel. Il n’est pas susceptible. Il s’agit là d’une chose plus complexe, et probablement plus douloureuse également. C’est plus une propension à accorder bien trop d’importance à des palabres insignifiantes, à les ruminer sans pitié, les retournant contre lui-même avec une violence et un acharnement presque masochistes. Il a tout gâché. Il fallait toujours qu’il gâche tout, de toute manière. C’eût été trop beau que cette soirée se déroule bien – pas même parfaitement, il en était arrivé à un point tel qu’il n’espérait plus que les choses se passent à la perfection, désormais prêt à se contenter d’un simple « pas si mal ».

Déesse dans ses bras de mortel, diamant qui fraye avec cette pauvre caillasse terne, sans saveur qu’il est. Honneur qu’elle lui fait d’avoir passé quelques minutes à ses côtés, de l’avoir laissé unir ses lèvres aux siennes, poser ses mains sur son visage, sur sa taille, dans son dos. Honneur bien trop grand qu’elle lui fait, situation qu’il ne parvient à s’expliquer. Situation qui lui semble bien trop absurde pour être crédible que l’idée qu’une jeune femme comme elle, si belle, si intelligente, si douce accepte à ses côtés un jeune homme comme lui, trop empoté pour seulement parvenir à se comporter normalement une seule fois dans sa vie, sans laisser à ses craintes déraisonnées le loisir de tout foutre en l’air.

Car c’est précisément ce qui est en train de se produire. Si la jeune femme n’en a probablement pas conscience encore, Nemo, lui, sent précisément son ennemie de toujours revenir au galop. C’est à toute allure qu’elle arrive, s’insufflant dans son esprit pour en emplir le moindre recoin, en pervertir sans ménagement la moindre parcelle. L’anxiété est de retour, amenant avec elle les angoisses injustifiées et une paranoïa grotesque, des réactions aussi incompréhensibles qu’incontrôlables et une panique sans pareille. Dire qu’elle lui a manqué serait mentir. Mensonge éhonté qu’il ne permet pas dans son esprit à l’honnêteté parfois plus tranchante qu’un couperet. Esprit souffrant qui lui a accordé quelques heures de répit, esprit cruel qui vient désormais réclamer son dû, sa récompense pour s’être montré si clément. Naïveté dont avait fait preuve Nemo en s’imaginant que, s’il avait passé une après-midi paisible, cet état de grâce allait durer. « Méfie-toi de l’eau qui dort ». Adage qu’on lui a répété maintes et maintes fois, adage qu’il a pourtant tendance à oublier bien trop souvent, comme en témoigne le retour précipité de ses craintes qui se délectent de son peu de joie de vivre, de son apaisement, de son bien-être, tout simplement. Béatitude qui a cédé sa place à l’angoisse, spectres de son passé qui reviennent le hanter, flashs douloureux qui s’imposent à son esprit. Vision d’un visage, faciès qu’il n’a pas vu depuis deux ans mais dont les traits sont restés très précisément marqués au fer rouge dans son esprit. Cœur qui demeure tuméfié malgré le passage des jours, des mois, des saisons puis des années, cœur qui s’est vu ouvert par la lame de la cruauté humaine, plaies béantes que le temps n’a pas suffi à cicatriser, cœur qui s’est vu puni pour avoir eu l’imprudence de s’éprendre d’une Bacchante. Cruelle femme qu’était sa dernière petite amie en date, diablesse sans pareil qui symbolisait à elle seule tous les vices de ce monde. Preuve vivante de la perversion humaine, être monstrueux qui a joué sans scrupules avec la pauvre âme du jeune homme, jeune homme trop naïf, trop doux pour soupçonner un seul instant que la femme pour laquelle il avait succombé puisse ne pas partager ses sentiments, feindre un amour pur dans le seul but de répondre au pari lancé par l’une de ses camarades. Jeune homme qui a sauté à pieds joints dans le piège qui lui a été tendu, s’empressant de se laisser manipuler par la sorcière. Cœur réduit en miettes lorsque la vérité a éclaté, confiance déjà fragile désormais anéantie à jamais, confiance en lui-même, confiance en autrui qui lui font défaut depuis lors.

Traumatisme qu’il n’est parvenu à surmonter, traumatisme qui se rappelle présentement à son bon souvenir, le faisant soudainement douter des certitudes balbutiantes qu’il avait commencé à ériger en son for intérieur. Et si Angela ne faisait finalement que se jouer de lui ? Cette espèce qu’était la leur était tristement douée pour faire croire aux pires mensonges, pour feindre les sentiments les plus forts. L’Humanité, cette masse répugnante de comédiens boursouflés par la perversion. Humanité à laquelle il appartient bien qu’étant empreint de la sensation d’y être étranger, masse à laquelle il soupçonne le moindre être humain qu’il rencontre d’appartenir. Cette peur qui est en train de l’envahir est parfaitement injustifiée, et il le sait. Les dernières minutes écoulées ont été pour lui les plus belles au cours des dernières semaines, et Angela a été incroyablement gentille avec lui, faisant preuve d’une douceur sans pareil. Pour autant, il ne peut s’empêcher de se méfier. Il a bien trop souvent accordé sa confiance aux mauvaises personnes, tant et si bien qu’il ne voit aujourd’hui nul autre moyen de se protéger de la souffrance que de se montrer prudent, trop prudent sans doute, mais mieux vaut cela que de se laisser détruire une fois de plus par ses comparses.

Lippes qu’il sent se déposer dans son cou, se presser contre son derme. Geste n’émanant que de la tendresse, geste qui ne fait pourtant que le paniquer un peu plus encore, comme s’il n’était là que pour venir appuyer ses soupçons, ou plutôt ses craintes. Au fond de lui, il sait bien qu’il n’a nulle raison de craindre la jeune femme. Il sait bien qu’elle n’émane que pureté et douceur, il sait bien que ce n’est pas son ex, qu’elle n’a même rien à voir avec elle. Mais pour l’heure, son esprit est seulement envahi par ces idées irrationnelles, par ces craintes ridicules face auxquelles les discours les plus sensés ne pourraient rien. Il ne peut qu’attendre que cela passe. Que cet assaut de négativité rende enfin les armes pour un temps, laissant à son être la liberté de retrouver un semblant de clairvoyance.

Bras qu’il laisse autour du corps d’Angela, toute tendresse ayant néanmoins déserté son étreinte. Membres devenus raides contre la silhouette de la jeune femme. Foule alentour qu’il avait réussi à omettre pour un temps, qui s’avérait même être joyeuse, ajoutant à l’euphorie ambiante. Foule pourtant devenue oppressante, angoissante, bien trop dangereuse à son goût. Foule dont il doit s’extirper dès que possible s’il ne veut pas se trouver dans une situation des plus embarrassantes, s’il ne veut pas faire une crise d’angoisse sous les yeux de la femme qui lui plaît. Crise d’angoisse qui est déjà en train de débuter, à ce propos. Bras raides qu’il détache du corps de la jeune femme, prenant sur lui pour rester aussi calme que possible. Pour avoir l’air aussi normal que faire se peut. Grande inspiration qu’il prend avec le vain espoir qu’un peu d’air glacial suffira à apaiser son esprit rendu bouillonnant par la panique, main qu’il noue en tordant ses doigts dans tous les sens, vilaine habitude qu’il a prise pour tenter de soulager son anxiété.

Voix féminine qui parvient à ses oreilles, paroles prononcées par Angela qu’il perçoit difficilement, de manière aseptisée, comme si on lui avait enfoncé de la ouate dans les tympans. Tous ses sens étant présentement focalisés sur un état d’apaisement désiré, ou plutôt nécessaire, il lui est plutôt difficile de prêter attention à l’objet de ses affections, bien qu’il le souhaite. Palabres qu’il perçoit tout de même vaguement, juste assez pour mettre un semblant de sens sur ces phrases, phrases auxquelles il se contente de hocher la tête, s’efforçant tant que possible de donner un semblant d’assurance à sa voix lorsqu’il lui répond :

- Je pense que tu devrais y aller… Faudrait pas que ton frère s’inquiète…

Jeune femme qu’il n’a aucune envie de quitter, décision dont il n’est pas le maître. C’est son psychisme qui le dirige, lui intimant de fuir loin de ce lieu, loin de cette foule, et immanquablement loin d’elle, s’il ne veut pas finir par imploser. Ton malgré lui hésitant, voix rendue tremblante par la tension qui emplit son corps tout entier, tension uniquement générée par un trop-plein de stress, peut-être finalement par un trop-plein d’émotions, tout simplement. Overdose de sentiments qu’a suscité cette soirée, coup fatal porté à son palpitant émietté.

- Je… Faut que j’y aille aussi, de toute façon. On se voit demain, oui…

Main qu’il pose sur son bras dans un geste maladroit, n’ayant pas la force psychologique de se décider entre tendre baiser et simple bise. Geste qui peut sembler froid au premier abord, geste qui n’est en réalité motivé que par ce trouble anxieux qui ruine aussi bien sa vie que ses relations avec autrui. Trouble anxieux qui le transforme, qui fait de lui un garçon qui n’a rien à voir avec Nemo. Car jamais au grand jamais Nemo ne laisserait ainsi une jeune femme, pantelante après lui avoir arraché un baiser, pour la simple et bonne raison qu’il ne supporterait pas qu’on l’abandonne ainsi, et qu’il se refuse d’infliger aux autres ce qu’il n’aimerait pas qu’on lui fasse. Ce n’est pas Nemo qui abandonne Angela, mais son démon intérieur, ce monstre qui a obscurci son âme, répondant au doux nom d’anxiété. Malheureusement, la jeune femme n’en a pas la moindre idée, et c’est sur un très probable malentendu qu’il se détourne sans l’ombre d’un sourire, se laissant aspirer par la foule new-yorkaise.

COSMIC SHEEP.




My taste in music is your face.
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