AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 :: Archives :: Story end :: Sujets de rp Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Nema - Lost into the darkness

avatar
My diary : «Fais ce qui te rend heureux, sois avec ceux qui te font sourire, ris autant que tu respires et aime aussi longtemps que tu vivras»
Mon surnom : Angie en général
Mon âge : 23
Mon signe astrologique : Taureau
Dans la vie je suis : actuellement étudiante en médecine (3e année) et je suis aussi technicienne de surface (au Starbuck et autres entreprises) et maid (chez les particuliers) afin de financer mes études
Catégorie Sociale : dans la classe moyenne à tendance très pauvre
J'aime les : hommes et plus précisément Nemo
Sosie de : Sara Sampaio
Double compte : Tempérance Henderson et Hortense Baker
Voir le profil de l'utilisateur
Mer 18 Jan - 0:40

   

     

   

Je valse avec mes démons à m'en faire perdre la raison.

— Nema
Bruit sourd qui retentit dans l’atmosphère horriblement calme du Starbucks, bruit de ma rotule qui craque sous le poids de mon corps tandis que je suis accroupie au sol. Mes mains frottent frénétiquement une tache quelconque un peu récalcitrante à partir pendant que mes yeux tante difficilement de ne plus succomber à la tentation de se lever vers les vitres. Silence de mort qui règne loin de mes habituelles blagues avec ma collègue ou de mon habituelle bonne humeur qui vient envahir la salle de ma voix cristalline dans l’éclat d’une douce mélodie. Je suis entourée mais pourtant si seule, seule avec les démons qui me rongent. Mon regard résiste tant bien que mal de céder au cruel reflet qui se présente à moi. Mais sous le joug de cet assourdissant silence, mes autres sens sont comme décuplés. Je ressens les vibrations de ses pas sur le sol, je hume les embruns musqués de son parfum –cruel opium cher à mon cœur-. Chaque élément malgré la détermination de mon regard à ne pas le voir, le rappelle inlassablement à mon esprit, mon âme, mon cœur. Cœur en éclat dont je ressens les moindres fragments, à peine plus gros que des grains de poussière, et tous plus douloureux que leurs voisins. Ma gorge nouée déglutit péniblement tandis que mes sens s’allient à mon cerveau pour m’administrer ma dose de tourments et de souffrances habituelle. À chaque clignement, battement de cils, ma paupière se transforme soudain en un écran sur lequel l’on projette le film le plus rapide du monde. Les effluves uniques de cette odeur si particulière déclenchent la scène du baiser, alors mon cerveau y superpose le parfum unique de son haleine. Un violent frisson vient redresser la totalité de mon derme face aux souvenirs tactiles et voluptueux de cet échange intense. Mais comme toujours la beauté s’effrite, se fissure et le masque tombe. L’entrée en scène de l’ultime chapitre. Les masques tombent et l’illusion de l’alchimie réciproque m’explose en pleine face dévastant tout sur son passage. L’étreinte douce et tendre n’est plus qu’un échange froid, glacial et tendu. Un plaisir pour l’une, une corvée pour l’autre. Je me revois pantelante et seule au milieu de cette foule trop nombreuse, pendant qu’il prenait la fuite du malaise que j’avais causé. Ce n’était pour lui qu’une simple tradition que l’espace d’une seconde j’ai rêvé se transformer en relation. Moment simple de complicité gâché, nombreuses étapes brulées. Honte qui s’empare de moi, se mêlant à ma tristesse pour former ma détresse. Mes yeux brûlent et gonflent comme pour exploser avant de dévoiler une cascade torrentielle qui déferle le long de mes joues, mais la rivière est sèche, sèche d’avoir déjà bien trop coulée. Mon souffle est court, non plus ivre de désir mais plein de remords. J’expire douloureusement relevant mes yeux de ma tâche, assistant alors à la scène tant redoutée. Scène autrefois chérie et ardemment désirée et aujourd’hui tant redoutée. Nostalgie des jours de bonheur et de fantasme à admirer la veine de son front devenir saillante sous l’effort, la transpiration perler au sommet de son crâne pour venir achever son lent, délicieux et divin déclin jusqu’à la jointure de sa nuque et de ses vêtements protégeant un sanctuaire bien caché et au combien désiré. Mais aujourd’hui cette activité est lourde, douloureuse destructrice. Je ne pense plus à l’érotisme de la chose, ni à la beauté de la scène. Mais seulement à ce que j’ai gâché ce que j’ai perdu sans jamais ne l’avoir vraiment eu. Je ne songe plus qu’à ce que je désire sans qu’un jour je ne puisse l’obtenir.

Seule dans la réserve je prends mon temps pour récupérer les produits dont j’ai besoin, profitant de l’instant de répit loin de lui pour reprendre mes esprits. Cœur qui saute et qui tressaute en réaction aux bruits de pas derrière moi. Ma gorge se noue et je me retourne douloureusement et lentement, peu prête à lui faire face. Soupir de soulagement qui s’évade d’entre mes lippes en un sifflement, en découvrant le visage de mon manager. Prise de conscience rapide face à la situation. Réaction tout aussi peu calculée et réfléchie. « Bryan j’ai besoin de te parler. » Sourcil inquisiteur propre à sa personne, rapidité et efficacité toujours économiser ses mots. Je continue alors en répondant au même crédo. « Je démissionne, je te ramène ma lettre demain et je vais réaliser mon préavis de deux semaines ne t’en fait pas. » « Tu es sûre de toi ? Tu as des problèmes tu veux m’en parler ? » Que dire ? Que je suis une idiote qui se fait des films. Que je suis une fille parmi tant d’autre à rejoindre l'interminable liste de filles qui en pince pour le mauvais garçon. Que je suis plus que fortement attirée par mon collègue que je connais peine. Que la situation est certes ridicule mais que c’est un fait il m’attire inextinguiblement alors que j’ignore tant de lui. Rien de tout ça n’est une raison valable ni même en tant soit peu raisonnée. Alors j’opte pour un semi-mensonge plus ou moins valable. « Nan du tout j’adore mon travail ici. Mais j’ai eu une bourse alors je vais pouvoir alléger mes heures de travail en abandonnant un job pour plus me consacrer à mes études. » Voix posée et calme qui se veut persuasive. Légère perle de sueur sur le front et octave un demi-ton plus aigu trahissent mon mensonge aux yeux des plus avertis mais passent inaperçus à la vigilance de Bryan. « Tu vas nous manquer Angie, on reparlera demain d’accord ? » Tape virile et de compassion sur mon épaule avant qu’il me dépasse s’enfonçant un peu plus dans la réserve. J’attrape le dernier produit dont j’ai besoin et me tourne pour sortir avant de tomber nez à nez avec un obstacle. L’OBSTACLE. Il pose son regard sur moi. Regard que trop connu, iris que trop décrites, profondeur que trop perçante. Je m’y perds, je m’y noie dans un océan de sensations trop intense. Flot de souvenirs bien trop intense. Cœur qui flanche, jambes qui flageolent puis se dérobe. Corps qui me lâche et frémit à la simple évocation dans mon esprit de ses lèvres. Lippes qui brulent en se remémorant le contact avide et frénétique qu’elles ont connu. Dos qui se redresse face aux vestiges de la pression de ses bras. J’inspire, j’expire et l’espace d’une seconde je succombe. Avant de me reprendre l’instant d’après, plus aussi naïve et faible que la fois précédente. Certes regard que j’aime, que j’adule et qui me trouble, mais surtout regard bien trop ressemblant à celui de cette lugubre nuit qui a frôlé le soleil pour mieux se brûler les ailes et retomber dépérir en enfer. Je ferme alors mes yeux un instant, déglutissant avec peine dans la foulée. Moment de repli, moment de sauvegarde. Je me protège et me prépare à la suite avant de simplement rouvrir les yeux et le contourner froidement le cœur lourd et pincé au bord de la rupture.
   MAY


     


Wise men say only fools rush in
But I can't help falling in love with you
Shall I stay
Would it be a sin
If I can't help falling in love with you
Revenir en haut Aller en bas
avatar
My diary : "Well he’s a sensitive boy, you’ve seen that. He’s a young man with too deep feelings. The soul of a poet - but none of the grit or steel that acts as a bulwark against these horrors of this world."

Currently : Angie

We won't forget you :
△ Angie : 1 2
Mon surnom : Nemo, c'est déjà suffisamment court comme ça
Mon âge : 24
Mon signe astrologique : Poisson
Dans la vie je suis : Etudiant en Ecriture créative et Langues et civilisations françaises & serveur chez Starbucks
Catégorie Sociale : Loin d'être riche
J'aime les : Jolies mexicaines
Sosie de : Tyler Joseph
Double compte : Eli' Daddy & la p'tite Hermia
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 28 Jan - 1:38

   

     

   

Je valse avec mes démons à m'en faire perdre la raison.

— Nema
Derniers clients qui se lèvent de leur table, s’attardant en discutant et riant joyeusement avant d’enfin passer la porte de l’enseigne, avec une lenteur pourtant bien trop fugace pour Nemo. Café désormais vide, constat synonyme de l’arrivée imminente de l’équipe de nettoyage. De l’arrivée d’Angela. Derniers clients après lesquels le jeune homme se serait volontiers précipité, leur courant après pour glaner quelques minutes de répit supplémentaires, leur présence empêchant le personnel d’entretien d’entrer. Mais il ne peut faire cela, cela tombait sous le sens. Il n’a désormais nul autre choix que de regarder les quelques jeunes femmes entrer par la porte de derrière avec force bavardages, bonne humeur qui s’avère généralement être contagieuse mais qui lui sera aujourd’hui pesante, il le sait, durant la petite demi-heure qu’il doit partager avec elles. Demi-heure durant laquelle ils s’escriment à la même tâche : remettre le commerce en état pour le lendemain. Tâche similaire qui s’avère pourtant être différente, dans la mesure où elles s’occupent du ménage, là où les quelques employés restants se chargent de tout ce qui se déroule derrière le comptoir. À cause de ses cours à la fac, il ne faisait jamais l’ouverture du Starbucks ; pénitence donc légitime qu’est la sienne, celle de tout remettre en place afin que la machine soit bien huilée dès le lendemain matin.

Yeux sombres qui s’abaissent vers le comptoir en entendant s’ouvrir la porte de l’arrière-boutique, comme s’il était absorbé dans une tâche d’une difficulté extrême, là où il ne fait en réalité rien de plus que de jouer nerveusement avec un petit sachet de sucre cristallisé. Prunelles brunes qu’il relève furtivement pour voir passer les quelques employées, prunelles brunes qui retrouvent leur subit intérêt pour le plan de travail dès lors qu’il l’aperçoit parmi elles. Elle, cette jeune femme qu’il connaît bien trop peu finalement, et qui elle aussi le connaît trop peu, trop peu pour être en mesure de saisir ses comportements incompréhensibles. Il ne l’en blâme pas ; il ne lui a jamais fourni les outils pour cela, après tout. Explications qu’il donne de toute manière à bien peu de personnes, car elles l’embarrassent bien trop pour cela. Cette jeune femme qu’il ne connaît que trop peu mais qui lui plaît pourtant tellement, il peut en attester. Brusque souvenir du Nouvel An qui vient le heurter de plein fouet, avec la violence d’une vague venue s’écraser contre les récifs. Sensation des cristaux de glace gelés qui vient brûler son derme, lippes qui se font de nouveau engourdies par la force de leur baiser, par la fougue qui émanait de leurs personnes. Explosion de passion qu’il a réduite en miettes, qu’il a fait voler en éclats en prenant ainsi la fuite, abandonnant l’élue de son cœur comme le pire des goujats. Plusieurs semaines se sont écoulées depuis lors. S’il avait, durant les premiers jours, pu se justifier auprès de sa conscience en disant n’avoir aucun moyen de contacter la jeune femme, il ne lui avait guère plus parlé lorsque la rentrée était arrivée, et avec elle le retour de ses services presque quotidiens au Starbucks. Lâcheté dont il sait si bien faire preuve, lâcheté qui le répugne et ne fait qu’alourdir le poids des remords qui lestent son cœur.

Clignement répété des yeux, profonde inspiration qu’il prend pour se sortir de cet état léthargique dans lequel il s’est laissé attirer, sombre état uniquement habité par la culpabilité, culpabilité rendue exponentielle par le temps qui passe et par la proximité spatiale de la jeune femme. La victime sur laquelle son anxiété a décidé de se faire les crocs. Mains presque tremblantes qu’il pose sur l’énorme machine à café qui orne le comptoir, tressautement imperceptible seulement causé par sa nervosité, tressautement dont il n’a d’autres choix que de faire abstraction tandis qu’il se saisit d’une éponge, entreprenant d’ôter les tâches de caoua qui souillent l’acier chromé de l’engin. Machine rapidement nettoyée, tout comme le comptoir tout entier, tâche sur laquelle il aime mieux se concentrer que sur la présence toute proche de la jeune femme, celle dont la simple vision lui fait l’effet d’un coup de glaive dans le palpitant. Le glaive des remords, celui qui ne cesse de le poignarder à longueur de journée, depuis des années entières. Plaie sans cesse rouverte à laquelle il aurait dû s’accoutumer, sans succès pourtant. Courte pause qu’il s’accorde entre l’entretien et le réapprovisionnement des machines, courte pause durant laquelle il s’autorise un second regard dans la direction d’Angela. Vision qui le fait serrer son éponge un peu plus fort entre ses doigts, vision épouvantable que de la voir ainsi désœuvrée, désemparée sur sa tâche. Elle qui tient d’ordinaire le rôle d’astre chatoyant de la pièce, sourire aux lèvres et voix forte et enjouée, ressemble aujourd’hui davantage à une étoile éteinte à l’éclat rendu froid. Profonde tristesse qu’elle semble exhaler, désespoir qu’il sent filtrer par le moindre de ses pores. Sombre cocktail dont il est la cause, et il le sait. Ce n’est pas de la vanité de sa part que d’en arriver à un tel constat. Non, loin de là, même. Il n’a pas suffisamment d’estime pour lui-même pour seulement oser envisager être le centre du monde, ou même d’un monde. Seulement, ce serait se voiler la face – pire encore, se dédouaner – que d’oser prétendre, après son attitude inexcusable au Nouvel An, qu’il n’est pas à l’origine d’un mal-être si bien palpable.

Paupières qu’il clôt un instant, ne pouvant en supporter davantage. Image qui reste pourtant ancrée en lui, comme étant marquée au fer rouge face à ses prunelles. Cruelle torture que de se trouver dans la même pièce qu’elle, que de respirer le même air que la personne qu’il a si profondément blessée, à son insu. Ce n’est qu’une fois loin d’elle, en sécurité dans une ruelle à des centaines de mètres de là, lieu où il a enfin su s’apaiser, qu’il a pris conscience de la portée de son acte. Acte qui lui avait sur le coup semblé normal, comme s’il était normal d’abandonner ainsi une jeune femme après l’avoir embrassé, après avoir échangé des gestes aussi intimes avec elle. Acte qui était peut-être normal pour certains hommes, mais Nemo n’était pas de ceux-là. Il ne voulait pas qu’elle croit qu’il était de ceux-là.

Châtiment cruel mais légitime que de voir exposé sous ses yeux le résultat de ses malheurs, l’œuvre de ses angoisses. Prix à payer pour avoir goûté à un fruit trop désirable, trop précieux pour ses lèvres misérables, et ne pas avoir été capable d’en gérer les conséquences. Il aurait aimé pouvoir mettre un terme à cette situation. Il aurait aimé aller la voir, lui prendre la main et s’excuser pour tout, lui expliquer que ce n’était pas de sa faute, que ce n’était pas voulu, que ce n’étaient là que les tristes conséquences de ses pathologies, la supplier de ne pas fuir en apprenant que son esprit était malade, la rassurer et l’embrasser une nouvelle fois, sans prendre la fuite cette fois-ci pour plutôt la serrer contre lui et lui promettre de ne plus jamais la quitter. Mais il ne pouvait pas faire cela. Il ne pouvait pas lui parler de sa dépression, de ses crises d’angoisse et de ses insomnies chroniques ; il savait par expérience que cela avait pour seul résultat de faire fuir à toutes jambes la personne face à lui. Et il ne pouvait se permettre de gâcher un peu plus encore ce qu’il y avait entre eux deux.

Soupir qui franchit ses lippes tandis qu’il prend la direction de la réserve, matières premières qu’il en ramène afin de réapprovisionner les machines et les stocks de gobelets et autres serviettes. Tâche rapidement exécutée, service terminé pour la journée. Chance qu’il a mais qu’il ne partage pas avec l’équipe d’entretien, qui en a encore pour un petit moment avant d’avoir achevé de tout bien nettoyer. Tablier qu’il dénoue en quittant la pièce principale, vêtement qu’il ôte en atteignant le secteur réservé aux employés, seulement composé de la réserve, des vestiaires, d’un petit bureau et des toilettes. Corps qui se fige lorsqu’il s’approche de la réserve, voix qu’il ne reconnaît que trop bien comme étant celle d’Angela… et de son patron ? Il était si bien concentré sur le fait d’ignorer sa douloureuse présence qu’il n’a même pas remarqué qu’elle avait quitté la salle où il se trouvait lui-même, quelques instants plus tôt. Sourcils qui se froncent tandis qu’il s’approche discrètement de la pièce ; sa curiosité l’emportant sur sa raison, il ne peut s’empêcher de tenter d’intercepter leurs paroles. Paroles qui ne lui plaisent pas, pas du tout même. Ainsi elle s’en allait ? Elle prétextait l’obtention d’une bourse pour justifier sa démission, mais il sentait bien que la raison tenait à plus que cela. Quelque chose dans sa voix lui faisait percevoir une cause sous-jacente, une cause qui ne tenait peut-être qu’à lui, finalement ? Non, c’était ridicule de s’imaginer ainsi que tout tournait autour de lui. Elle avait probablement d’autres motivations, peut-être un manque de temps ou encore des soucis familiaux… Mais qui disait démission disait plus d’Angela. Plus d’occasions de la voir, elle lui filerait purement et simplement entre les doigts et disparaîtrait de sa vie aussi rapidement qu’elle y était entrée. Et pour rien au monde il n’accepterait cette éventualité. Pas sans avoir essayé de l’en empêcher.

Répit qui lui est arraché, fin du temps imparti lorsque la tornade brune se retourne, se trouvant nez-à-nez avec lui. Prunelles d’un brun chaud qui se heurtent à ses iris glaciaux, cœur qui s’emballe dans sa poitrine, respiration qui se fait difficile. Soirée du réveillon qui lui revient avec plus de violence que jamais, baiser de minuit dont le souvenir malmène son âme tout entière. Temps qui semble s’arrêter tandis que ses yeux s’ancrent dans les siens, tentant désespérément d’y retrouver le spectre de l’amour qu’elle ressentait à son égard, de la passion commune dont ils ont tous deux fait preuve ce soir-là. Lèvres qui s’ouvrent et se referment incessamment, poisson hors de l’eau, mourant dans un environnement qui n’est pas le sien. C’est bien simple, il se trouve con devant elle. Les mots qu’il se répète depuis des jours entiers, palabres adressées à nul autre qu’elle, refusent subitement de franchir ses lippes, aimant mieux s’emmêler sur sa langue.

Dernier regard que lui lance l’ange malmené avant de se détourner de lui, effet d’une claque en pleine figure. Jeune homme perdu qui fait volte-face pour saisir son poignet, dans un geste doux mais ferme. Tentative désespérée de la retenir à ses côtés, refus d’accepter l’éventualité de la perdre. Prénom qu’il prononce à mi-voix, désespoir perceptible malgré la faiblesse de sa voix. Dieu merci, la jeune femme s’arrête et relève les yeux vers lui, contact visuel qui malmène de plus belle son pauvre cœur. Violence qu’il se fait pour enfin prendre la parole, bien conscient qu’il tient là son ultime chance.

- Angela, répète-t-il doucement. On peut parler deux minutes ?

Voix qu’il tente de stabiliser, refusant de la laisser trembler devant celle qui hante son corps et son esprit tout entiers depuis plusieurs mois. Question rhétorique qu’il lui pose là, illusion de choix qu’il lui offre tandis qu’il l’attire dans le couloir désert à cette heure-ci, loin des oreilles de leur patron. Courte distance parcourue qui lui offre un peu de répit, répit de courte durée puisque déjà il se trouve face à elle, pris en étau entre les deux murs du corridor. Profonde inspiration qu’il prend pour tenter d’apaiser son esprit paniqué, yeux qu’il baisse vers les siens pour soutenir fièrement son regard. Allez Nemo, essaie de ne pas tout gâcher, au moins une fois dans ta vie.

- On fait que se croiser hein, ces derniers temps ?

Léger rire gêné qui franchit ses lippes suite à ce mensonge éhonté – super, ça commence bien… Parole qu’il reprend bien vite, ne voulant pas laisser à Angela le temps de le détromper.

- Euh… Je tenais à m’excuser pour la soirée du Nouvel An. Mon comportement était pas correct, j’ai pas assuré. Je suis pas le genre de gars qui abandonne une fille comme ça, je te le promets… Et je veux pas que tu crois que je suis ce genre de gars. Seulement, j’ai… j’ai paniqué.

Soupir qui franchit ses lippes, main qu’il passe dans ses cheveux en tentant de mettre un peu d’ordre dans son discours, sensation de se raccrocher à des branches qui ne cessent de se brisent sous son poids.

- La vérité c’est que tu me plais, Angela, et… Je veux pas laisser cette soirée tout gâcher entre nous. Même si c’est moi qui aie tout gâché, en fait. Mais ça avait si bien commencé, je trouverais ça dommage de s’arrêter à ça. J’sais pas si tu voudras encore de moi après mon comportement, mais moi j’aimerais vraiment tenter quelque chose avec toi. Je…

Tête qu’il secoue avant de laisser échapper un éclat de rire, rire nerveux, rire désabusé également, ne parvenant pas à croire qu’il se trouve en si fâcheuse posture en si peu de temps.

- Mince… On sait pas de quoi l’avenir est fait, et ce serait bête de passer à côté de ce qui pourrait être une belle histoire pour si peu. J’ai jamais été doué pour gérer les situations trop parfaites mais… si t’es prête à tourner la page là-dessus, je pense qu’on pourrait être bien tous les deux.

Haussement d’épaules, lèvres qu’il se mordille légèrement, regard presque suppliant qu’il pose sur elle. Angela, la balle est désormais dans ton camp.
   MAY


     




My taste in music is your face.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
My diary : «Fais ce qui te rend heureux, sois avec ceux qui te font sourire, ris autant que tu respires et aime aussi longtemps que tu vivras»
Mon surnom : Angie en général
Mon âge : 23
Mon signe astrologique : Taureau
Dans la vie je suis : actuellement étudiante en médecine (3e année) et je suis aussi technicienne de surface (au Starbuck et autres entreprises) et maid (chez les particuliers) afin de financer mes études
Catégorie Sociale : dans la classe moyenne à tendance très pauvre
J'aime les : hommes et plus précisément Nemo
Sosie de : Sara Sampaio
Double compte : Tempérance Henderson et Hortense Baker
Voir le profil de l'utilisateur
Ven 10 Fév - 19:20

   

     

   

Je valse avec mes démons à m'en faire perdre la raison.

— Nema
Déclaration douloureuse, mots qui me brûlent de leur naissance dans mes cordes jusqu’à leur libération entre mes lèvres tremblantes et hésitantes. Je peux encore faire marche arrière mais je serre le poing déterminé à en découdre. Je tourne le dos à un pan de ma vie, une place, un travail que j’aime -surtout grâce à une équipe que j’adore-. Mais avant tout je m’éloigne de lui, et cette simple affirmation me redonne le courage qui me manque. Trop de jours à pleurer et à ressasser les mêmes idées sombres, trop de semaines malheureuses qui s’enchainent. Et le tout pour un homme que je ne connais pas, ou que trop peu, mais pourtant un homme qui a déjà réussi à obtenir tant de moi. Je ne pars pas je fuis, je fuis loin pour protéger le peu de bon sens que j’ai. Battre en retraite loin de lui, et l’oublier car loin des yeux, loin du cœur. J’achève alors ma requête sortie plus facilement que prévu d’entre mes lèvres pincées. Seule dans la réserve je prends appui d’un bras sur l’étagère non loin de moi pour laisser passer le vertige qui m’envahi. Je prends alors conscience que de simple pensé ma démission est devenue un acte. Acte stupide au vu de mon manque de finance mais au combien nécessaire à ma santé mentale. Santé qui marche depuis le nouvel an, bouteille en main, le long d’un précipice, le moindre faux pas menaçant de l’engloutir à tout jamais. Mes yeux se closent un instant et j’inspire fortement refreinant un sanglot menaçant de m’échapper. Je laisse derrière moi des gens que j’aime, et certainement ma seule chance d’avoir quoi que ce soit avec cet homme, celui qui hante mes nuits et mes pensées depuis longtemps. Tu n’as déjà plus aucune chance avec lui. Cette réalité bien que douloureuse me remet les pieds sur terre et m’aide à relever la tête avant de sortir.

Je me retourne déterminée et confiante, et en l’espace d’une seconde la moindre trace de ses sentiments est balayée. Je me retrouve fragile et démunie, seule et perdue. Il se tient là devant moi, l’air de rien me fixant de ses grands yeux bruns. Deux iris mordorés qui me font fondre et transpercent en deux secondes des barrières que j’ai mis des jours à construire. Son regard s’immisçant au plus profond de mon être réveillant mon cœur en sang et rappelant à mes yeux l’existence des larmes. Je sens la lente ascension du liquide salé vers mes prunelles menaçant de peuu de violer la terre sacrée de mes joues et de révéler la supercherie. Je déglutis tentant de reprendre contenance et inspire profondément. Effluve divin et sacré autrefois adulée et maintenant douloureuse. Son parfum musqué m’agresse les narines et l’esprit. Me refusant le réconfort d’une inspiration il occupe littéralement la totalité de l’air et de l’espace ne me laissant nulle échappatoire et solution de repris. Mes sens et ma mémoire sont violés contraints de me rappeler chacun des souvenirs magiques et lourds que l’on partage ensemble. Je le désire tellement s’en réussir à l’atteindre. Je clos alors mes paupières avec douleur et vigueur afin d’y retenir les larmes qui perlent à l’angle de mes pupilles. Et je réussis l’exploit de renfiler le masque le temps d’un instant, affichant un regard plus vide que froid –vide d’espoir à l’image de mon cœur- le temps de le contourner. Une fois dos à lui la pression lâche, le corps de relâche laissant libre cours aux sentiments faisant un fuck à la raison en passant. Les barrages sautent laissant la rivière nommée larme jaillir et couler à torrent. Ma gorge tremble, tressaute et se noue en étouffant les sanglots qui supplient de sortir, seule indication de mon mal-être que je dois encore camoufler à cause de la proximité entre nous. Je presse le pas cherchant à fuir le plus loin possible de lui, de son odeur et de mes sentiments.

Mais je suis coupée dans ma course par un geste aussi tendu que ferme. Ses doigts fins et tendres encerclent avec tendresse et fermeté mon poignet me stoppant net. La pression bien que légère me coupe le sang et s’avère un brin douloureux. La chaleur de sa paume pénètre la carapace épaisse de ma peau pour venir se répandre en un agréable picotement le long de mon bras faisant se redresser mes poils sous l’effet. La promiscuité de nos deux corps fait que son souffle caresse le derme tendre ma nuque m’arrachant un frisson de plaisir et de désir. Je bouillonne de pulsion au fond de moi, et de rage aussi. Je suis furieuse face à ma faiblesse, furibonde de constater avec quelle simplicité il arrive à me mettre dans tous mes états. Je penche inconsciemment ma tête vers son souffle pour que ce dernier finisse sa trajectoire en effleurant ma mâchoire. Érotisme simple mais à son paroxysme. Sentiments qui hurlent mais je que je fais taire. Souvenirs bien trop douloureux d’une nuit bien trop magique. Mon ventre est noué et en demande plus, il est avide de ses lèvres, avide de ses bras. Mais mon cœur est vide et blessé et les affres dont il souffre me rappellent à la réalité. 

Il me tire à lui m’intimant l’ordre de me retourner mais je résiste, incapable de l’affronter de lui montrer mon état. Il prononce mon nom à demi-mot, la voix légèrement cassée, fêlée limite blessée. Mon cœur fond et sa potentielle détresse finit par achever mon semblant de résolution. Il est telle une drogue dans mon système, nocif et pourtant agréable et indispensable. Mes paupières se rejoignent faisant tomber les dernières gouttes cristallines qui chutent le long de mon visage. J’inspire une profonde bouffée chargée de son parfum avant de me retourner et de lui faire face. Mes yeux fixent ses pieds incapables de le fixer lui cherchant le courage d’admirer au moins les détails de son menton. Mon corps tremble de peur, il appréhende ce qu’il a à me déclarer, pas préparé à en recevoir plus. Un cœur brisé se recolle mais un corps pulvérisé ne laisse qu’un trou béant. Sa main toujours autour de mon poignet est plus tendre, plus douce, étreinte légère comme la caresse voluptueuse d’une plume. Léger frôlement qui agit comme un baume doux laissant naître l’espoir, espoir poignant et incandescent, espoir piquant et douloureux. Toujours avec sa candeur qui le caractérise tant et qui explique certainement ce que je ressens involontairement pour lui il me tire vers le couloir, espace reclus, isolé du monde. Mon cœur palpite face à une intimité grandissante. Il n’y a plus que lui et moi, nous deux seuls dans une bulle d’illusion qui se reforme comme au premier soir. Mon bras libre vient enlacer ma taille pour créer une position de renfermement et de replis. Je me renferme prête à encaisser relevant mon regard froid et triste vers ses iris brunes et somptueuse. Voilà c’est le moment.

Sa voix hésitante et blessée perce l’air dans un son doux et délicat. Voix douce, cassée, légèrement brisée par l’émotion. Timbre sublime qui flirte avec celui des anges. Notes sublimes qui bercent mon cœur et qui font vibrer quelque chose au fond de moi. Les mots perdent leur sens un instant et seulement les vibrations trouvent une signification dans mon esprit. Sa voix m’apaise et me fait défaillir. Les soubresauts de mon corps s’apaisent mais ceux de mon petit organe cardiaque sont alors plus intenses. Rendue sourde par l’émotion je pose mes pupilles tremblantes, blessées et larmoyantes sur ses lèvres afin de capter le sens de ce qu’il me déclame. Tirade de palabres plus maladroits les uns que les autres, mais chaque mot lâché dans les airs fait rater un battement à mon cœur. Souffle qui se ralentit pour ne devenir qu’un murmure tandis qu’une tornade de sentiments m’empare. Incrédulité, soulagement, apaisement, bonheur, joie, euphorie … amour. Comme s’il lisait dans mon esprit comme dans un livre ouvert il prononce les phrases justes, la poésie dont mon cœur avait besoin pour se reconstruire. La migraine me prend face à ce trop-plein d’émotions qui m’emporte. Prise de vertige, mon corps défaille et de ma main libre je prends appuyé au mur pour éviter à mon corps de se dérober sous mon poids. Incapable de mon contenir je fonds en sanglots, ni retenus, ni étouffés. Des larmes salées foulent la douceur de mes joues. Larmes de joies entrecoupées d’un rire nerveux tandis que toute la douleur et la peine inutile des jours écoulés s’échappent de mon corps. Est-ce un rêve ? Suis-je éveillée. La douleur qui me transperce lorsque je me mords la joue me confirme la véracité du moment. Alors durant tout ce temps je me suis torturée pour rien ? Vient-il vraiment d’évoquer un avenir à deux. Je m’étais refusé d’y croire à nouveau depuis la mort d’Adrian et pourtant le bonheur toqué de nouveau à ma porte. Et pour la première fois depuis sa mort la promesse formulée de lui trouver un remplaçant ne me parait plus autant impossible.

Ma main glisse le long du mur et s’élève faiblement dans les airs pour partir à l’assaut de son visage triste et abattu, une mine qui me brise le cœur et qui me donne une envie irrévocable de lui donner toute la tendresse que je possède. De mes doigts tremblants je viens effleurer sa barbe naissante en remontant le long de sa mâchoire pour lui laisse finir sa course fébrile, folle et avide dans la chevelure dense et brune de l’être qui a le pouvoir de vie et de mort sur mon cœur. Mes paupières se ferment tandis que j’effectue un mouvement en avant afin de réduire considérablement la faible distance qui nous sépare. Mon front fiévreux vient trouver l’intense chaleur du sien et nos nez s’entrechoquent délicatement dans un contact plus doux que de la soie. « Nemo je … » ma voix est tremblante, chargée d’émotion et au final à peine audible. J’aimerais lui dire l’impensable, ce qui ne se dit jamais à ce cap d’une relation mais que mon esprit pense déjà. Mais je prends le temps de déglutir afin de trouver autre chose à dire, quelque chose de moins compromettant que la simplicité et l’intensité de l’évocation du verbe aimer. « Je … Je serais plus qu’heureuse qu’on puisse s’offrir une nouvelle chance. » Mes lèvres tremblantes viennent chercher la douceur aride des siennes pour créer à l’unisson un baiser tendre et passionné. Un simple contact chaste plein de sentiment et d’apaisement. La pression autour de mon poignet se relâche et j’en profite pour faire remonter lentement ma main vers la sienne entremêlant nos doigts dans une étreinte passionnée.
   MAY


     


Wise men say only fools rush in
But I can't help falling in love with you
Shall I stay
Would it be a sin
If I can't help falling in love with you
Revenir en haut Aller en bas
avatar
My diary : "Well he’s a sensitive boy, you’ve seen that. He’s a young man with too deep feelings. The soul of a poet - but none of the grit or steel that acts as a bulwark against these horrors of this world."

Currently : Angie

We won't forget you :
△ Angie : 1 2
Mon surnom : Nemo, c'est déjà suffisamment court comme ça
Mon âge : 24
Mon signe astrologique : Poisson
Dans la vie je suis : Etudiant en Ecriture créative et Langues et civilisations françaises & serveur chez Starbucks
Catégorie Sociale : Loin d'être riche
J'aime les : Jolies mexicaines
Sosie de : Tyler Joseph
Double compte : Eli' Daddy & la p'tite Hermia
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 11 Fév - 16:37

   

     

   

Je valse avec mes démons à m'en faire perdre la raison.

— Nema
L’attente. Il n’est de sensation pire que l’attente qui suit une déclaration, l’ouverture sans concessions d’un cœur meurtri, exposition totale de ses sentiments sur un plateau d’argent. Prunelles sombres qui fouillent nerveusement le visage de son interlocutrice, son corps, même, avide d’y percevoir ses réactions. Yeux rendus humides par les larmes, regard qui se focalise sur ses lippes en pleine action, corps qui vient s’appuyer contre le mur… Observation presque scientifique qu’il déploie, iris qui guettent le moindre indice susceptible de lui montrer qu’elle ne va pas l’envoyer balader, qu’il n’a pas prononcé ces paroles pour rien. Enfin… Il sait que ces mots n’auront été vains, dans tous les cas. Même si sa réponse se révèle être négative, au moins aura-t-il le réconfort de se dire qu’il a essayé. Qu’il a tenté le tout pour le tout, jusqu’au bout. Qu’il aura fait son maximum. Pour autant, cela l’arrangerait bien qu’elle lui réponde que ses sentiments, que ses désirs sont réciproques. Il sait déjà qu’il ne se pardonnerait jamais de l’avoir perdue pour une histoire aussi ridicule, d’avoir laissé les démons de son passé lui arracher la femme à laquelle il s’était le plus attaché au cours de sa vie, en un temps-record qui plus est. Désormais qu’il a goûté à la sensation grisante de ses lèvres contre les siennes, à une proximité bien trop intime à ce stade de leur relation, à la sensation de ses doigts contre sa peau, il ne voit tout simplement pas comment il est supposé s’en passer. Comment il est supposé renoncer à tout cela, survivre sans ce merveilleux cocktail d’expériences. Alors, Angela, ne me repousse pas, je t’en prie. Prière silencieuse qu’il formule au cœur de son esprit, prière à l’adresse de la jeune femme, à l’adresse des astres. S’ils voulaient se montrer cléments avec lui pour une fois, c’était le moment ou jamais.

Inquiétude qui prend possession de son corps, qui étouffe son cœur déjà bien occupé à battre la chamade du fait de sa déclaration. Inquiétude qui trouve sa cause dans le tableau que lui offre Angela, visage strié de larmes, sanglots qui secouent son être tout entier, éclat de rire qui tranche radicalement avec ce florilège d’émotions négatives. Incompréhension dans laquelle se trouve le jeune homme, questions qui se bousculent dans son petit cerveau. Pourquoi diable rit-elle ? Se moque-t-elle donc de lui ? Et ces pleurs, d’où proviennent-ils ? Aurait-elle par hasard trouvé son discours si pitoyable qu’elle n’avait su retenir des larmes de désespoir ? Questions qu’il n’ose poser, questions qu’il tente d’écarter de son esprit. Force qu’il déploie, violence qu’il se fait pour se persuader qu’il n’en est rien. Que ce n’est rien de plus que sa paranoïa qui lui joue des tours, comme de coutume. Qu’Angela n’est pas comme… Mais qu’en sait-il, après tout ? C’est là tout le nœud du problème : il la connaît encore trop peu pour avoir assimilé toutes les facettes de sa personnalité, pour avoir su s’accoutumer à ses réactions, pour s’être rendue familière la moindre de ses expressions. Auto-persuasion rendue difficile par ce statut d’inconnus relatif qui les unit, malgré toute la douceur et la bonté qu’exhale la jeune femme. Est bien naïf quiconque se risque à croire que l’image que renvoie quelqu’un est le reflet de qui il est vraiment ; leçon que la vie lui a durement apprise, expérience trompeuse qu’il ne souhaite pas particulièrement réitérer. Lutte contre son esprit, lutte contre les spectres de son passé, lutte pour ne pas les laisser gagner cette fois encore. Ils lui ont déjà fait perdre Angela une fois ; dans la miraculeuse éventualité où elle accepterait de le pardonner, il a la ferme intention de ne pas tout gâcher une fois de plus en perdant le contrôle sur son esprit.

Désir qu’il a de poser ses mains sur son visage, de délicatement sécher ses larmes en lui faisant promettre de ne plus jamais pleurer par sa faute et de s’excuser encore et encore pour ne pas être fichu de se comporter normalement. Désir qu’il n’ose pourtant mettre en pratique, jeune homme qui se trouve paralysé par la nervosité, par l’appréhension de sa réponse. Crainte qu’il a qu’elle appose son propre coup sur son cœur tuméfié avec les années, qu’elle y plante un glaive bien mérité pour y marquer une entaille, profonde cicatrice venant s’ajouter à toutes celles qui strient déjà son palpitant. Palpitant qui bat plus fort que jamais au cours de ces quelques secondes où seul règne entre eux le son du silence, amoureux transits qui se fixent en chiens de faïence, elle pleurant toujours à chaudes larmes, lui même pas fichu de venir la réconforter tant il craint qu’elle ne le repousse. Inquiétude qui se lit sur son visage sans même qu’il en ait conscience, peine prégnante sur ses traits alors même qu’il n’a toujours pas eu sa réponse, qui pourrait après tout s’avérer être plus positive que ce qu’il pressent. Mais il n’y peut rien, il est dans sa nature profonde de toujours envisager le pire.

Couperet qui tombe lorsqu’enfin elle fait un mouvement, à l’instant même où il commençait à désespérer, à craindre que son cœur n’implose sous le poids des tourments. Prunelles sombres qui se posent sur sa main, suivant le moindre de ses gestes, des à-coups qui rythment le faible mouvement de sa main. Décharge électrique qui semble courir le long de son derme en sentant ses doigts effleurer ses joues rendues rugueuses par la barbe qui les parsèment, contact de sa peau douce et chaude qui lui a tant manqué au cours des dernières semaines. Sensation de sa main qui remonte lentement jusqu’à l’arrière de son crâne pour caresser ses cheveux drus, déglutition qui se fait difficile tandis qu’il baisse les yeux vers les siens, encore rougis par la montée de larmes dont ils ont été l’assaut. Montée de larmes dont il a été la cause, esprit qui se flagelle pour avoir osé fait pleurer cette petite princesse de pureté. Princesse qui s’avance vers lui pour rompre la faible distance qui s’était immiscée entre eux, pour lier leurs deux visages, prononcer son prénom à quelques centimètres à peine de son visage, faisant ricocher son souffle chaud contre son derme. Mais malgré lui, malgré tout ceci, malgré son comportement favorable, il ne peut s’empêcher de douter. Une petite part de son être continue d’être persuadé qu’elle ne veut pas de lui, que sa logorrhée se sera avérée vaine, manque de confiance en lui-même et en l’autre qui subsiste au sein de son âme.

Enfin le doute se volatilise, quittant son être en un nuage de poussière lorsqu’elle prononce les mots tant attendus. Mots qui ne laissent aucune ambiguïté possible, qui expriment clairement que son désir est partagé, désir de retenter l’aventure, d’aller plus loin avec elle. Ensemble. Mots qui apaisent l’inquiétude qui malmenait son cœur tout en le faisant battre un peu plus fort encore, sentiment d’être délesté d’une chape de plomb qui pesait sur lui depuis des semaines qui envahit son corps tout entier. Il ne pourrait se sentir mieux. Il ne pourrait être plus heureux. C’est du moins ce qu’il croit, ce dont il est persuadé jusqu’à ce qu’elle scelle ses paroles par un tendre baiser, lui offrant le privilège suprême de pouvoir de nouveau sentir ses lèvres sur les siennes. Sensation qui lui a tant manqué au cours des dernières semaines, qui a hanté sans relâche son esprit tant coupable et à laquelle il goûte avec plus de soin que jamais désormais qu’il sait ce que cela fait que d’en être privé durant des semaines entières. Baiser qu’il s’empresse de lui rendre, se fichant bien qu’un employé ou que leur patron puisse passer dans le couloir au même moment. C’est même le dernier de ses soucis. Doigts qu’il entrelace avec les siens, main libre qu’il glisse dans la nuque de la jeune femme, caressant naturellement sa peau délicate du bout du pouce. Baiser tendre qu’ils échangent, acte moins fougueux que lors du réveillon mais pas moins vibrant de passion. Acte pur, acte par lequel ils semblent tirer un trait sur ces dernières semaines de torture silencieuse, comme si elles n’avaient jamais existé. Acte qui suffit à insuffler un souffle de joie, un souffle de vie dans cette carapace qui lui sert de corps, carapace rendue inerte par le fiasco du Nouvel An. Exploit dont elle est la seule à être capable que de le rendre heureux en si peu de mots, si peu de gestes, raison sans doute pour laquelle il se trouve si irrémédiablement attiré par elle.

Baiser auquel il se voit malgré tout contraint de mettre un terme, l’air commençant à lui manquer. Proximité qu’il ne souhaite surtout pas briser pour autant, front qui revient prendre sa place contre le sien, mains qui restent posées dans sa nuque et entre ses doigts. Sourire qu’il lui adresse, sourire pur et enfantin typique de sa petite personne, sourire qu’il ne peut retenir tant il est soulagé par la tournure qu’ont pris les événements. Tant il est heureux qu’elle ait accepté de lui donner une seconde chance, de laisser à leur… couple la possibilité de vivre. Sourire qui s’évanouit pourtant en quelques instants, lorsque son esprit retrouve un semblant de clarté et que lui revient en mémoire l’échange qu’il a surpris entre Angela et leur gérant. Sourcils qui se froncent d’un air soucieux, question qui lui brûle la langue depuis qu’il a intercepté ces paroles et qu’il ne peut retenir davantage, demandant dans un souffle :

- Alors comme ça tu pars vraiment… ? Rien ne t’y oblige, tu sais…
   MAY


     




My taste in music is your face.
Revenir en haut Aller en bas
avatar
My diary : «Fais ce qui te rend heureux, sois avec ceux qui te font sourire, ris autant que tu respires et aime aussi longtemps que tu vivras»
Mon surnom : Angie en général
Mon âge : 23
Mon signe astrologique : Taureau
Dans la vie je suis : actuellement étudiante en médecine (3e année) et je suis aussi technicienne de surface (au Starbuck et autres entreprises) et maid (chez les particuliers) afin de financer mes études
Catégorie Sociale : dans la classe moyenne à tendance très pauvre
J'aime les : hommes et plus précisément Nemo
Sosie de : Sara Sampaio
Double compte : Tempérance Henderson et Hortense Baker
Voir le profil de l'utilisateur
Dim 12 Fév - 3:14

   

     

   

Je valse avec mes démons à m'en faire perdre la raison.

— Nema
Mes doigts effleurent son visage et s’éraflent au piquant et mordant de sa barbe tout juste née tandis que ma main tremblante et peu sure d’elle s’aventure sur la terre tant convoitée de sa mâchoire. L’extrémité de mon index suit avec douceur et finesse la courbe de ses muscles contractés et bandés qui se détendent sous son passage. Son visage crispé se laisse fondre en quelque chose de plus doux, mais au combien plus triste. Une douleur perceptible d’un cœur brisé et d’un esprit torturé et blessé. Visage sans filtre et sans masque qui s’impose à moi. Visage que j’aime pour sa véracité et sa pureté mais que je déteste tant sa douleur devient la mienne. Mon cœur se serre et mes larmes menacent de couler à nouveau. Mon sourire innocent se métamorphose en un rictus maternel et protecteur tandis que mon pouce vient éliminer de sa douce terminaison l’odieuse et diabolique perle cristalline qui a osé profaner la beauté de ses traits. Mon derme est en feu, sensible et réceptif. Un picotement partant de mes phalanges distales remonte lentement dans mon bras l’engourdissant lentement entrainant avec lui la délicate et douce chaleur qu’il dégage. Mes iris se rivent à ses lèvres, sèches bien que fraichement humectées, pincées et charnues. Mon regard décrit les bosses et les creux des stries de ses deux morceaux charnels parfaits dans leur simplicité et qui font irrévocablement battre mon cœur. Sa respiration saccadée s’harmonise à la mienne pour former une balade lancinante sur laquelle virevolte et s’entrecroise nos souffles dans une danse sensuelle. Perfection olfactive qui vient chatouiller mes narines, subtil mélange musqué de son parfum rehaussé en sensualité grâce à cette haleine toujours fraiche et délicate qu’il dégage. Haleine qui me rappelle le goût de ses baisers. Curieux mélange organoleptique similaire à la fameuse nuit. Recette divine proche des opiacés qui me plonge dans un état second, agréable léthargie. Mon corps entier me brûle et trépigne d’impatience me suppliant de rompre le supplice et d’apposer mes lèvres à la source du désir. Mais ma raison me hurle de le soulager par les mots avant de soulager mes pulsions.

Mots qui sortent difficilement, vérité masquée, déguisée, altérée. Mon cœur hurle de lui dire je t’aime mais ma raison sans doute plus sage, ou plus folle s’y refuse. J’ignore tout de lui et pourtant j’ai l’impression de tant le connaitre, homme doux, homme sensible, homme brisé. Homme idéal et attirant que je reconstruirai avec le temps. Véritable coup de foudre, perte de repères, grande première pour mon cœur non préparé. Je l’aime déjà sans même un mot, sans même une parole. Je ne sais rien de lui si ce n’est l’intime conviction qu’il est celui fait pour moi, que je ne suis rien d’autre que la femme créée à son image à partir de sa cote. Son Ève, sa volupté, celle dont le corps a été sculpté pour ne trouver place que contre le sien. Mais oserais-je seulement lui dire un jour, un jour surement. Mais qu’en est-il de maintenant ? Je ne le connais que trop peu pour l’effrayer de grands discours de ce genre. Je l’ai déjà perdu une fois, une seconde perte signerait la fin de mon cœur et de ma raison, le passage de mon existence saine à la folie. Je reprends alors ses mots jugeant que s’il les a prononcés il les trouvera acceptables. Je prononce donc mes palabres inintelligibles qui semblent pourtant le soulager au plus haut point. Mon visage se fend d’un sourire de bonheur et d’ivresse béat contre ses lèvres. L’instant de la raison et de la libération passé, mon corps et mes pulsions reprennent le dessus enclenchant le bouton off de mon cerveau. Je ne suis alors plus qu’esclave de mes hormones et de mes envies. L’étreinte de mes doigts dans ses cheveux se resserre, un brin possessive tandis que je me jette délicatement à l’assaut de ses lèvres tentatrices. La douceur et la pulpe de mes lèvres affrontant la sécheresse agréablement râpeuse des siennes dans un échange naïf, innocent, un peu Candide mais au combien passionné et passionnel. Je perds la notion du temps et de l’espace lorsqu’il répond à mon baiser transformant un acte fébrile et magique en un fait transcendant divin et fiévreux. J’oublie même la présence de mon propre corps n’étant plus que sensation et ressenti. Avide de lui, désireuse de plus, le baiser chaste se transforme peu à peu en un échange ardent empli de désir. Mon corps se colle plus au sien ne cherchant rien d’autre que la proximité rassurante qu’il lui confère. Je prends alors conscience de ce qui est. L’homme qui hante mes jours comme mes nuits est contre moi et n’a plus l’intention de me fuir. La seule évocation de cette vérité me refait verser des larmes de joie au milieu de cet échange sulfureux.

Bulle de rêve qui explose, monde rose qui s’envole en millions d’éclats tandis que ses lèvres quittent les miennes. Pieds qui retouchent terre m’encrant de nouveau à la réalité. Monde effectif finalement adouci et merveilleux par la véracité du rêve. Retour moins difficile qu’au nouvel an. Je réalise alors qu’il là, ce n’est ni un rêve, ni un mirage et pour une fois c’est vrai, palpable tangible. Un immense rictus de satisfaction et de bonheur immense vient illuminer mon visage comblé de bonheur. Risette qui s’intensifie face à la splendeur de son sourire pur et innocent, proche de celui d’un enfant, et rien n’est plus honnête qu’une pensée enfantine. Mon nez frotte délicatement le sien tandis que ma main explore son visage palpant la volupté de ses pommettes, la délicatesse de ses joues, se heurtant à sa barbe acérée. Telle une aveugle je fige son image ainsi que les moindres parcelles de son être, du bout des doigts, à tout jamais dans mon esprit. Mon souffle rendu court à cause du baiser n’a guère le temps de se remettre que déjà mes lèvres reprennent les siennes en otage pour un bref baiser de moins d’une seconde, juste une dose de plus pour une droguée déjà en manque. Ma tête glisse avec tendresse jusqu’au creux de sa nuque où elle élit domicile. Mon corps entier vient se plaquer contre le sien dans une étreinte réconfortante et rassurante. Son odeur m’enivre tandis que son aura m’apaise. Ma main effleure et caresse son torse dessinant des formes concentriques tandis qu’après l’apprentissage charnel de son visage elle s’attaque à celui de son buste. Mes yeux se ferment et je sombre peu à peu dans un monde de plénitude et de bonheur durant quelques secondes avant que sa voix ne fende l’air. J’ouvre mes yeux que j’ancre dans les siens sans oser bouger ma tête de son épaule, véritable havre de paix, zone de confort ultime. Je le regarde alors timidement comme une petite fille que l’on réprimande et j’effectue une moue théâtrale et enfantine. « Je sais … Mais c’est mieux ainsi je te l’assure. » Je n’explicite pas plus de peur de me perdre dans mon explication, de ne pas être clair et de le perdre à nouveau. Au fond je sais que c’est mieux, j’aime ce travail certes, mais admettons que lui et moi ça ne marche pas ? Alors j’aurais repris mon travail pour finalement le requitter au risque de passer pour je ne sais quoi auprès de mon employeur. Puis dans l’éventualité que ça ne fonctionne pas, j’ai d'autres emplois à côté, pour lui je suppose que c’est le seul, il est donc légitime que je lui laisse la place. Puis la chose véritablement passionnante dans cet emploi c’était de le regarder bosser à la dérober dans les vitres, le voir s’activer, admirer sa veine gonfler etc. Maintenant que je suis avec –Dieu que cette tournure me rend toute chose- je pourrais en profiter quotidiennement, puis si vraiment le voir derrière un comptoir me manque, je pourrais toujours prendre un frapuccino tout en matant le joli monsieur qui me sert. Tandis que j’observe cela je laisse échapper un petit rire faible et cristallin, pure et innocent dans l’air. Je pose alors mes pupilles azures dans ses iris mordorées avec un soupçon de malice et de culpabilité dans mon regard. Je me redresse et tends mes deux petits bras vers lui et les enroulent derrière sa nuque rapprochant mon visage à quelques centimètres du sien, le frôlant sans le toucher. Je prends alors une voix bien plus grave, rauque et sexy et pourtant légère et innocente avant d’ajouter : « Puis tu sais, il y a ce garçon, du genre super craquant et mignon mais qui l’ignore. Un gars qui me plaît vraiment et qui me fait réellement fondre. Et je me dis que si jamais j’avais la possibilité d’arrêter de finir aussi tard et bien j’aurais peut-être une chance de passer un peu plus de temps avec lui. Et ainsi je pourrais apprendre à la connaitre car je meurs d’envie d’en savoir le maximum sur lui. Bon après faut-il encore qu’il ait envie de me supporter plus que de coutume. » J’esquisse un sourire tout en me mordillant la lèvre inférieure. 
   MAY


     


Wise men say only fools rush in
But I can't help falling in love with you
Shall I stay
Would it be a sin
If I can't help falling in love with you
Revenir en haut Aller en bas
avatar
My diary : "Well he’s a sensitive boy, you’ve seen that. He’s a young man with too deep feelings. The soul of a poet - but none of the grit or steel that acts as a bulwark against these horrors of this world."

Currently : Angie

We won't forget you :
△ Angie : 1 2
Mon surnom : Nemo, c'est déjà suffisamment court comme ça
Mon âge : 24
Mon signe astrologique : Poisson
Dans la vie je suis : Etudiant en Ecriture créative et Langues et civilisations françaises & serveur chez Starbucks
Catégorie Sociale : Loin d'être riche
J'aime les : Jolies mexicaines
Sosie de : Tyler Joseph
Double compte : Eli' Daddy & la p'tite Hermia
Voir le profil de l'utilisateur
Lun 13 Fév - 3:29

   

     

   

Je valse avec mes démons à m'en faire perdre la raison.

— Nema
Sublime étreinte de leurs lèvres, subtiles caresses que se prodiguent leurs bouches dans un acte aussi chaste que sulfureux, d’apparences pieuses et pourtant vibrant de désir. Contact de ses lippes douces, pulpeuses contre les siennes naturellement plus sèches, allant jusqu’à être gercées en cette période de l’année, morceaux de chair résistants bien difficilement au froid new-yorkais. Contact béni, lèvres auxquelles il goûte avec plus de plaisir que jamais, lèvres qui lui font plus d’effet que celles de quiconque, lèvres qui ont peut-être été forgées pour lui. C’est finalement l’effet que lui fait son corps tout entier, l’effet qu’il a été taillé pour rencontrer le sien, de ses lippes qui se meuvent contre les siennes à sa main qui s’agrippe dans ses cheveux, en passant par ses courbes qu’il sent se presser contre son torse, et ce malgré les quelques couches de vêtements qui les séparent. Espoir qu’il a que la jeune femme ressente la même chose à son égard, l’idée que son être a lui-même été forgé pour elle.

Main qu’il laisse glisser de sa nuque à sa taille pour la serrer contre lui, main qui descend tout le long de son dos dans un geste doux, léger. Lèvres qui se redécouvrent, lèvres qui n’ont pas encore suffisamment eu l’occasion d’apprendre à se connaître pour déjà être familières, attrait de l’inconnu qui ne fait que rendre ce baiser un peu plus appréciable encore. Temps qui semble suspendre son vol tout autour d’eux, florilège de sensations qu’il éveille au creux de son estomac, de son cœur, de son être tout entier. Multitude de fourmillements qui semble parcourir son corps, de la racine de ses cheveux au bout de ses orteils, tandis qu’il goûte avidement à la saveur de ses lippes contre les siennes, lippes qui l’enverraient presque dans un autre monde, un ailleurs imaginaire où le temps semble s’écouler à une tout autre vitesse, où les secondes paraissent muées en minutes ; et pourtant, c’est avec un sentiment de faim non contentée qu’il voit leurs lèvres se séparer, s’éloigner alors que le baiser lui apparaît comme ayant été bien trop fugace. Forme de consolation qu’il trouve à la réminiscence des paroles de la jeune femme – ils sont désormais ensemble, forment un tout, Angela et Nemo devenus « nous ». Par il ne savait quel miracle de la nature, lui, ce garçon faible, incertain, peu confiant, finalement plus lambda qu’autre chose, et ce dans le mauvais sens du terme, avait réussi à attirer à lui cette véritable déesse libérée parmi les mortels, le genre de fille qu’il avait toujours considérée comme étant trop bien pour lui. C’était ce qu’il s’était répété un nombre incalculable de fois par le passé, au cours de ces heures de travail avilissant qu’il aimait mieux passer à la contempler discrètement qu’à travailler sérieusement. Rapides coups d’œil qu’il lançait alors dans sa direction, regards qu’il tentait de ne pas répéter trop souvent afin de ne pas se faire démasquer, regards presque douloureux tant ils ne faisaient que confirmer le fait que non, jamais elle ne s’intéresserait à un pauvre type comme lui. Que jamais elle ne le remarquerait même. Et pourtant, c’était bien cette jeune femme qu’il tenait présentement contre lui. C’était bien cette jeune femme qu’il venait d’embrasser, pour la troisième fois déjà, chiffre qui ne constituait, avec un peu de chance, que le début d’une longue suite de nouveaux baisers partagés.

Bien évidemment subsistait toujours le doute qu’elle puisse se moquer de lui. Doute qui hantait son esprit depuis sa dernière histoire d’amour, forme de traumatisme que d’apprendre au bout de deux mois de relation que sa petite amie, une femme à laquelle il s’était attachée, une femme qu’il avait appris à aimer, n’était finalement sortie avec lui que pour répondre à un pari stupide. Et qu’elle ne ressentait bien évidemment rien à son égard. Forme de traumatisme qu’il a malheureusement vécu, révélation d’une mascarade qui a une fois de plus fait voler en éclats son cœur déjà bien assez malmené. Doute qu’il décide pourtant de mettre de côté pour une fois, aimant mieux se focaliser sur l’instant présent, profiter de la chaleur des doigts d’Angela sur sa peau, de la vision divine que lui offre son visage. Visage qu’il contemple sans plus s’en cacher, fasciné par la forme parfaite qu’adoptent ses lèvres lorsqu’elle sourit, l’éclat blanc des perles nacrées qu’elles dévoilent, l’impact incroyable qu’a son rictus sur son visage tout entier, la manière dont il parvient à lui seul à illuminer ses traits, faisant de ses yeux des joyaux irradiants de pureté, de douceur, et avant tout de bonheur, délicieux mélange que celui-ci. Spectacle sur lequel il aurait pu s’arrêter pour des heures entières, pour l’éternité même tant il parvenait à réchauffer son cœur, redonner un peu de vie à son âme meurtrie. Spectacle vibrant de perfection et seulement altéré par la présence de perles salées sur ses jours, larmes de joie pourtant mais qu’il ne supporte pas de voir plus longtemps. Pouce qu’il dépose délicatement sous ses yeux, pouce qui s’égare sur son derme pour en chasser toute trace de larmes, pour que son visage n’exhale nulle autre émotion que la joie à l’état pur, le bonheur à son paroxysme. Unique expression qu’il souhaite voir sur ses traits, expression pour laquelle il serait prêt à tout et n’importe quoi, juste pour la voir gravée sur son visage pour le restant de ses jours.

Sourire qui s’agrandit un peu plus encore sur ses propres lèvres lorsqu’il sent la jeune femme y déposer un nouveau baiser, lui prouvant par la même qu’il n’est pas le seul à avoir trouvé le précédent trop bref, qu’elle est au moins tout aussi accro à ses lèvres qu’il l’est aux siennes. Déjà. Au bout de seulement trois baisers. Êtres damnés qu’ils constituent, dépendants l’un à l’autre alors qu’ils n’ont passé que trop peu de temps ensemble. Temps qu’il est bien décidé à rattraper, à compenser, avenir qui s’étend encore devant eux pour cela, avenir qu’il souhaite exploiter pour apprendre à la connaître, apprendre à l’aimer pleinement, entièrement, en toute conscience, apprendre à la faire sienne. Tête qu’elle fait glisser dans son cou, visage qu’il sent contre la peau nue que dévoile sa simple chemise d’employé, nez qui vient agréablement chatouiller son derme hypersensible, délicieux frisson qui parcourt son derme à ce contact. Corps mince qu’il vient serrer contre le sien dans une étreinte qui apparaît comme naturelle, destinée à se produire, mains qu’il dépose dans le bas de son dos pour l’attirer un peu plus à lui, savourant ce moment partagé, moment qui s’achèvera bien trop tôt, et il le sait. Main qu’il sent parcourir son torse, contact ardent que suscitent ses doigts malgré la présence de l’étoffe en coton qui le recouvre. L’effet qu’elle lui fait est bien trop intense et naît en un temps trop court, constat qui devrait l’inquiéter mais qui ne le formalise curieusement pas plus que cela, comme si c’était finalement dans le cours des choses. Doux baiser qu’il dépose sur sa tempe, laissant s’écouler quelques secondes, secondes de répit avant de briser la quiétude de leur petite bulle intime par ses paroles, brusque retour à la réalité.

Réponse qui ne se fait pas attendre bien longtemps, réponse brève qu’elle lui offre et qui reste pour le moins énigmatique. « C’est mieux ainsi ». Phrase pouvant avoir de multiples sens, phrase qu’il n’est pas sûr de bien saisir, phrase sur laquelle il ne lui demande pourtant pas d’éclaircissement, comprenant bien qu’elle n’a pas envie de développer davantage ses propos. Phrase à laquelle il répond donc simplement, d’une voix douce :

- Si tu le dis… J’espère seulement que ce n’est pas par ma faute que tu renonces à cet emploi.

Couple de phrases qui suffit à clore le sujet, à ne pas l’entraîner sur un terrain qu’elle semble préférer éviter. Félicitations qu’il se fait de ne pas l’avoir attirée sur cette pente glissante en entendant un rire purement innocent franchir ses lèvres, rire qu’il n’aurait peut-être jamais entendu s’il lui avait demandé plus d’explications. Sourire qui étire ses lèvres à son tour en la voyant passer ses bras derrière sa nuque, en la voyant entrouvrir la bouche, comme si elle avait finalement quelque chose d’autre à dire. Joues qu’il sent doucement rosir à mesure qu’elle prononce ces paroles flatteuses, légère obscurité qui règne dans le couloir et qui, il l’espère, suffira à masquer la teinte peu naturelle que prend son visage. Sourire qui ne fait que s’agrandir tandis qu’il la laisse achever sa petite tirade, soulagement que de réaliser qu’ils sont tous deux sur la même longueur d’onde, empreints du même désir de mieux se connaître l’un l’autre. Discret raclement de gorge lorsqu’elle s’interrompt, tentative de prendre un ton assuré, de retrouver un semblant de contenance tandis qu’il lui répond, sans se départir de son rictus :

- Je crois que je vois de quel garçon tu parles… En fait je le connais vite fait, et s’il est bien une chose que je puisse t’assurer à son sujet, c’est qu’il a lui aussi plus qu’envie de te connaître. Et qu’il se ferait une joie de te supporter davantage, aussi longtemps que tu le souhaites même.

Regard rieur qu’il porte sur elle, regard qui s’attarde sur la lèvre qu’elle mordille, petit bout de chair bien trop tentant. C’est incapable de résister davantage qu’il dépose un nouveau baiser sur ses lèvres, ardent baiser venu étancher leur soif mutuelle, et par la même appuyer une bonne fois pour toutes les paroles qu’il vient de prononcer, promesse de se laisser le temps d’apprendre à se connaître tous les deux, d’apprendre à s’apprivoiser mutuellement. Doux acte d’amour auquel il vient mettre un terme, le souffle lui manquant comme bien souvent dans ces situations-là, la jeune femme rendant son cœur bien peu résistant en sa présence. Mains qu’il prend délicatement dans les siennes, entrelaçant leurs doigts tandis qu’il ancre son regard dans le sien, lui adressant un doux sourire.

- Tu dois sans doute annoncer à tes collègues que tu t’en vas, non ? Je vais aller récupérer mes affaires moi, et si tu veux… on peut peut-être faire un bout de chemin ensemble ?

Proposition qui sonne plus comme une interrogation, la faute à ce constant manque de confiance qui hante l’âme du jeune homme. Crainte qu’il a qu’elle refuse, trouvant peut-être ce genre de demande un peu prématurée – qui sait ? Mais c’est avec soulagement qu’il l’entend formuler une réponse favorable, et ce n’est qu’alors qu’il la libère, délivrant ses mains de sa douce emprise pour la laisser regagner la pièce principale du café. Désormais seul dans le couloir, Nemo s’accorde quelques secondes en tête à tête avec ses pensées, pensées qui hurlent à l’unisson, emplissant son cerveau d’une seule et même information : cette femme qui l’obsède depuis des mois, qui hante son esprit sans relâche et qui a fait de ces dernières semaines une torture, cette femme veut bien de sa petite personne. Angela et lui sont officiellement ensemble, et il n’est rien qui puisse le rendre plus heureux.
   MAY


     




My taste in music is your face.
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé
Contenu sponsorisé
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SHINE :: Archives :: Story end :: Sujets de rp-
Sauter vers: