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Elle cherche tes yeux dans tous les regards qu’elle croise | Oli & Hermia

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My diary : Ce n'est pas toi qui disait que la vie était une valse et qu'il fallait danser avec elle ? Il faut être deux pour danser la valse.
Mon surnom : Mia, mais il n'est qu'une unique personne que j'autorise à m'appeler ainsi.
Mon âge : 20
Mon signe astrologique : Balance
Dans la vie je suis : étudiante en danse à Juilliard School et vendeuse dans une parfumerie
Catégorie Sociale : dans la classe moyenne
J'aime les : jeunes hommes aux boucles mordorées, au regard noisette, aux bras puissants ; au parfum enivrant, au sourire vibrant de sincérité, avec un petit accent canadien en prime. Une espèce en voie de disparition, c'est bien malheureux.
Sosie de : Bryana Holly
Double compte : Eli le toyboy et Nemo le pdey
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Lun 6 Mar - 23:32
Elle cherche tes yeux
dans tous les regards qu’elle croise.

Oliver & Hermia

Musique qui retentit dans la salle déserte, pieds qui glissent sur le parquet rutilant. Jeune femme blonde, unique occupante de la pièce, qui évolue gracieusement dans l’espace, croisant dès que possible le reflet que lui renvoient les immenses miroirs couvrant les murs. Soupir de frustration qui s’échappe d’entre ses lèvres tandis qu’elle laisse lourdement retomber sa jambe au sol, lèvre inférieure qu’elle avance pour écarter de ses yeux une mèche rebelle s’étant échappée de sa queue-de-cheval. Regard dépité qu’elle croise dans la glace, reproches qu’elle se fait à elle-même. Ce n’était pas parfait – loin de là, même. Ses mouvements étaient trop saccadés, et elle s’était une fois de plus mélangé les pinceaux lors du rapide enchaînement de pas qu’elle devait effectuer au milieu de la prestation. Elle le savait. Elle l’avait vu dans les miroirs, objets doués de la faculté de lui renvoyer avec la plus grande véracité et la plus grande objectivité du monde les qualités et les défauts de ses gestes. Elle pouvait très clairement entendre résonner dans son cortex la voix de sa professeure de danse, et les remarques acerbes qu’elle jugerait bon de lui faire. Intransigeante, dans la fleur de l’âge, l’enseignante avait eu l’honneur de fouler les scènes les plus prestigieuses du pays, et même au-delà. Elle savait ce qui était bon pour ses étudiants, ce qu’il leur fallait apprendre pour accéder aux mêmes opportunités qu’elle. Elle savait mieux que quiconque combien le moindre de leur geste devait être précis. Frôlant la perfection. Hermia était consciente de tout ceci, et de la chance qu’elle avait de pouvoir étudier à la Julliard School, de recevoir les précieux conseils et enseignements de personnes si qualifiées. Et c’était là toute la raison pour laquelle elle s’entraînait tant, s’acharnant à travailler ses enchaînements encore et encore pour les maîtriser tant que possible. Se les approprier, se les rendre automatiques pour mieux pouvoir se focaliser sur la précision de ses gestes. Ce qui n’était qu’une simple passion, une pure partie de plaisir où liberté et créativité étaient le mot d’ordre, avait connu depuis la rentrée un changement drastique, s’approchant désormais plus de l’entraînement militaire. Mais c’était ce qu’il fallait. Elle avait choisi cette école pour acquérir la technique qui lui faisait défaut, et elle ne pouvait aller aussi loin qu’elle le souhaitait si elle se contentait de régler ses frais d’inscription et de se tourner les pouces jusqu’à la fin du cursus.

Minutes qui s’écoulent par dizaines, jeune femme qui s’obstine à virevolter sans relâche, à la recherche d’une perfection inatteignable et pourtant nécessaire si elle ne veut pas se faire taper sur les doigts par sa professeure, le lendemain. Brusque retour à la réalité lorsque son regard se porte sur les hautes fenêtres de la salle, par lesquelles filtre une lumière tamisée, astre solaire ayant déjà commencé à décliner. Table qu’elle rejoint en quelques enjambées pour récupérer son téléphone qu’elle y avait abandonné, rapide coup d’œil à l’horloge numérique. Dix-huit heures quinze.

- Merde. Merde merde merde…

Jurons qui s’échappent à répétition de ses lèvres pleines, petite tape qu’elle se donne sur le front. Ethan. Elle l’avait complètement oublié, celui-là. Jeune homme qu’elle avait rencontré au gré de ses tribulations dans les couloirs de l’école, jeune homme également scolarisé à la Julliard avec lequel elle avait sympathisé. Lorsqu’il lui avait confié jouer dans un groupe, quelques jours plus tôt, elle n’avait pu s’empêcher de demander si elle pouvait écouter leurs morceaux, fidèle à cette fâcheuse habitude de toujours ouvrir sa bouche sans prendre le temps de réfléchir un minimum, soumise à l’impulsivité et à la sincérité qui la caractérisaient. Fort heureusement, son enthousiasme n’avait fait que l’amuser, et il lui avait proposé d’assister à leurs répétitions ce lundi soir. À dix-huit heures. Jeune femme trop distraite et trop absorbée dans ses exercices qui avait laissé passer l’heure, s’octroyant quinze belles minutes de retard. C’est du propre, Hermia…

Soupir qui s’échappe d’entre ses lippes tandis qu’elle ramasse ses affaires en vitesse, s’empressant de remettre ses baskets et d’enfiler un large sweatshirt par-dessus son mince débardeur. Elle n’a guère le temps de se vêtir de manière plus gracieuse, pour le coup. Bouteille d’eau et portable qu’elle fourre dans son sac avant de quitter la salle, parcourant les couloirs de la Julliard au pas de course. Dans quelle salle lui avait-il dit qu’ils répétaient, déjà ? Ah oui, au rez-de-chaussée, dans le bâtiment de gauche. Escaliers qu’elle dévale à toute allure, manquant se casser la figure plus d’une fois, avant d’enfin atteindre le lieu désiré. Porte à travers laquelle elle discerne les notes d’une musique plaisante, porte devant laquelle elle s’arrête un instant, le temps de reprendre son souffle, avant d’actionner la poignée le plus doucement possible. Le plan ? Entrer dans la salle suffisamment discrètement pour ne pas interrompre le morceau qu’ils étaient manifestement en train de répéter. Facile. Battant qu’elle ouvre donc précautionneusement et qu’elle referme derrière elle sitôt entrée, regard qui parcourt la vaste pièce pour trouver un endroit où s’installer. Regard qui s’attarde quelques instants sur la bande de jeunes gens occupés à produire la jolie mélodie, regard qui s’arrête net sur une silhouette qu’elle ne connaît que trop bien. Silhouette qui a bien changé depuis la dernière fois qu’elle a croisé son chemin, silhouette qu’elle pourrait pourtant reconnaître entre mille, silhouette qu’elle a tant espéré revoir au cours des dernières années, sans grand succès, qu’elle n’ose croire en sa bonne fortune. Pupilles qui s’attardent sur les bras musclés du jeune homme, sur sa chevelure mordorée, seul aperçu que lui offre sa tête baissée vers son instrument.

- Oli !

Exclamation qu’elle ne sait contenir, mélange de surprise, de joie, et de tout un cocktail d’autres sentiments qui envahissent sa petite personne face à l’apparition miraculeuse. Musiciens qui cessent subitement de jouer, sensation justifiée que tous les regards se portent sur elle. Pour autant, il n’est qu’une seule paire d’iris dans laquelle elle plonge les siennes. Ces iris changeantes, tantôt vertes, tantôt brunes, dans lesquelles elle s’est bien trop souvent perdue par le passé. Iris qui lui font toujours autant d’effet, qui l’électrisent toujours avec la même violence qu’au premier jour. Jeune femme qui se sent tout à coup bien bête, plantée devant la porte comme une godiche, jeune femme qui a subitement trop chaud dans son pauvre legging et son sweat informe. Et mince… Quatre ans qu’elle souhaite le revoir, qu’elle ne pense qu’à cela, et c’est dans cette tenue peu avantageuse qu’il faut qu’il découvre ce qu’elle est devenue – tenue de sport, cheveux dressés en une queue-de-cheval brouillonne, lorsque face à elle se tient un dieu vivant, elle peut en attester malgré la distance. Sa mère lui avait toujours répété que l’on rencontrait l’homme de sa vie lorsque l’on était la plus mal fagotée ; cela fonctionnait-il également lorsqu’on le rencontrait pour la seconde fois ?
Made by Neon Demon



Elle avait le monde entier
qui dormait dans son regard

So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly, into the past.

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Oliver Ross
Sagittaire
My diary :
Hermia ▴ I
Luca ▴ I
Mon surnom : Oli
Mon âge : 20
Mon signe astrologique : Sagittaire
Dans la vie je suis : étudiant en batterie et bénévole à la SPA
Catégorie Sociale : né dans une famille aisée.
J'aime les : une femme, jouer de la musique, le basket entre potes, les animaux, bref, je suis parfait
Sosie de : Ashton Irwin
Double compte : Alexei Hopkins.
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Sam 11 Mar - 17:11
Oliver & Hermia
Elle cherche tes yeux dans tous les regards qu’elle croise.
« Oli ! »

Le garçon ouvre les yeux brusquement. Une jeune femme est plantée devant lui, les mains sur les hanches, et le fusille du regard.

« Sonevady… »

Il se redresse en grommelant, agacé d’être tiré de ses rêveries de la sorte, mais elle coupe court à ses protestations. Sonevady est de ces femmes qui ne se laissent pas marcher sur les pieds si facilement. Son tempérament bien trempé, allié à ses délicieux traits thaïlandais, en fait une sorte de femme fatale qui doivent en impressionner plus d’un dans le bureau où elle travaille. Oliver mettrait même sa main à couper qu’elle est un des pires chacals de cette jungle où seul le plus fort impose sa loi. Il a horreur des grandes entreprises. Les costumes ajustés, les mêmes quatre murs jour après jour, les patrons autoritaires, très peu pour lui. C’est bien pour ça qu’il suit un parcours si peu conventionnel. C’est bien pour ça qu’il se retrouve, cet après-midi, à somnoler dans la réserve de l’ASPCA Adoption Center, en plein Manhattan. Parce qu’il ne veut pas faire comme tout le monde, même si cela doit passer par dormir au lieu de prendre sa mission de bénévole à cœur.

« Tu as nettoyé la cage des lapins, au moins ? »

La voix de sa collègue est sifflante, réprobatrice. Difficile de croire qu’elle est là, elle aussi, par passion, qu’elle est venue volontiers prendre sa relève à cinq heures et demi. Il hausse les épaules. Oui, il l’a fait. Il a encore la pelle et le sac de litière dans les mains. Mais au moment de ranger le matériel, il s’est arrêté pour s’adosser au mur, et fermer les yeux quelques secondes. Des secondes qui, malgré lui, se sont transformées en minutes. Parce que quand devient noir tout autour de lui, il entend de nouveau son rire.

« T’inquiète pas, tout est ok, dit-il simplement en accrochant la pelle à son clou et en posant le sac sur l’étagère. Pas d’adoption cet aprèm. Les Carter sont passés pour le mâle, ils hésitent entre deux carlins.
- J’ai vu le registre. Rentre chez toi, Mark va passer, il les appellera »


Il hoche la tête, incapable de retrouver son sourire habituel. Il est trop fatigué, aujourd’hui. Trop fatigué pour donner le change. Sa vie est remplie à ras-bord, il prend peu de temps pour se retrouver seul, pour réfléchir. Parce que réfléchir le rend fou. Parce qu’il aurait trop de mal à s’endormir, le soir, si ses journées n’étaient pas suffisamment chargées pour qu’il tombe de fatigue. Parce que sa vie, toute aussi intense soit-elle, lui semble effroyablement vide quand il prend le temps d’y penser. Et ce vide, il ne réussit à le combler qu’avec la musique.

Attrapant son sac, Oliver adresse un signe de la main à la belle Sonevady, qui ne lui répond pas, comme à son habitude. Elle est froide, mais rigoureuse, et Oli sait qu’il peut lui faire confiance. Pour le moment, il doit filer à sa répétition. Son groupe l’attend à Juillard. Ils ont l’habitude de squatter le garage de Jacob, mais ses parents reçoivent des amis ce soir-là, alors il s’est arrangé pour réserver une salle dans son école de musique, où Oliver a déjà mis les pieds plusieurs fois, à l’occasion de portes ouvertes, et puis, plus tard, de conférences et de concours.

Sans prendre la peine de repasser par chez lui - ses baguettes et ses partitions sont déjà dans son sac - il s’engouffre dans sa voiture et se gare sur le parking réservé aux étudiants, avant de se poster devant les grandes baies vitrées, qu’il a toujours trouvées magnifiques. Son école à lui est bien moins moderne, et même si l’architecture des lieux en imposent de par leur histoire, il envie un peu le visage plus contemporain de Juillard, qui aurait mieux collé à son instrument. Pressé par le vent glacial qui le saisit peu à peu, il dégaine son portable et pianote un message à l’attention de Jacob. Son ami ne tarde pas à arriver, et après une accolade, lui fait signe d’entrer.

« Quoi, t’es impressionné ? T’osais pas entrer tout seul ?
- Va te faire foutre, Jacob. J’en ai rien à faire de ton école. »


La vérité, c’est qu’il n’a jamais été reçu à Juillard, et ce refus n’a pas manqué de blesser son ego. C’est au prix de beaucoup de travail qu’il a fini par intégrer Manhattan School of Music, mais s’il ne l’avouera jamais, Juillard lui a toujours fait de l’œil, et il jalouse un peu ses camarades.

« Salut mec, on t’attendait. »

Ethan est déjà en train gratter les cordes de sa guitare, que Jacob s’empresse de brancher avant de s’occuper de son propre ampli. Oliver, de son côté, inspecte la batterie installée au centre de la pièce. C’est un beau modèle, indéniablement, et en excellent état - ce qui n’est pas toujours le cas lorsqu’il s’agit de matériel mis à la disposition des élèves. Il retire sa veste et son pull, et laisse son doigt s’attarder sur la toile de la caisse claire. Ce modèle vaut presque trois mille dollars. Il le sait, il a passé des heures à éplucher les pages de magazines, à chercher le meilleur rapport qualité-prix, et il a reconnu cet instrument-là au premier coup d’œil.

« J’ai une copine qui doit passer ce soir, déclare Ethan alors qu’Oli commence son échauffement.
- Jolie ?
- Une bombe.
- Putain, tu vas nous faire le coup à chaque fois ? On l’emballe, et c’est toi qui repars avec ! »


Ethan éclate de rire. Nick abuse, il le sait. Ethan est un excellent guitariste, et quand il se met à chanter il n’a besoin de personne pour charmer une nana. Et ça, il l’a bien compris. Il y a de fortes chances pour que la demoiselle, ce soir, lui tombe dans les bras. Après tout, c’est bien pour ça qu’elles viennent, non ?

« Bon les gars, on s’y met, intervient Oliver, qui brûle trop d’impatience de passer aux choses sérieuses avec son nouveau jouet pour attendre l’invitée de son ami. On joue au 11th Street Bar dans deux semaine, ça devient sérieux. Alors Nick tu fais gaffe à ton rythme, et Jacob tu chantes fort, ok ? Tu mets de la voix, je veux t’entendre par-dessus la batterie. »

Ni une, ni deux, ils démarrent avec une reprise de Bloodstream, un morceau qui sort complètement de leur répertoire aux tendances plutôt rock. Mais pour leur prochain concert, ils doivent s’adapter à l’esprit folk du bar pour avoir une chance de revenir et de se faire connaître. Oliver laisse Nick, le bassiste, s’occuper des chœurs, et se concentre sur sa partie. Le son est clair, puissant, et sa concentration laisse bientôt place à un sentiment de bien-être. Une douce chaleur qui fait pulser son sang dans ses veines, qui échauffe ses muscles et adoucit l’amertume de son cœur trop lourd. Il se laisse aller, peu à peu, et ses mains s’emballent à mesure que les paroles lui parviennent. Ce n’est pas lui qui a choisi la chanson, et il a bien failli la refuser quand Nick la lui a fait écouter, mais force était de constater qu’elle sonnait bien et qu’il leur était facile de se l’approprier. Alors il avait accepté, sachant pertinemment qu’il devrait faire de gros efforts pour ne pas laisser les émotions l’envahir. Il n’en avait pas l’air, comme ça, mais il était particulièrement sensible à ce que ses camarades chantaient à côté de lui.

Ils reprennent le même morceau, une fois, deux fois, parce qu’il y a toujours quelque chose qui ne va pas. Un problème de tempo, un trou de mémoire, ou Oli qui s’octroie la liberté de modifier son rythme, à force de garder les yeux fermés pour se concentrer sur la musique. Aujourd’hui, il n’arrive pas à suivre la partition. Une sensation étrange l’en empêche, comme un pressentiment, une impression que les choses ne doivent pas suivre leur cours ce soir.

Il tente de se ressaisir, sentant bien que son comportement ne colle pas avec le discours qu’il a tenu à ses amis quelques minutes plus tôt. Mais si la musique lui change habituellement les idées, cette fois-ci il n’arrive pas à faire abstraction de ses pensées, qui se font plus pesantes que jamais. Et quand une voix familière résonne dans la pièce, il croit d’abord que sa tête continue de lui jouer des tours. Mais Ethan s’interrompt brusquement, et avec lui tous les instruments. Oliver lève la tête, sans comprendre ce qu’il se passe, mais son regard s’arrête sur la silhouette d’une jeune fille. Elle se tient devant la porte, débraillée, les cheveux en bataille, le souffle court et un sac jeté en travers de l’épaule. Il n’a pas besoin de la dévisager, il la reconnaît immédiatement. Et pourtant, ses iris s’attardent sur elle, sur ce visage angélique qui s’est allongé, ces lèvres pulpeuses toujours  aussi désirables, ces yeux de biche qui le fixent avec une expression qu’il ne leur a jamais connue. Ses baguettes tombent sur le sol dans un bruit qui lui semble infiniment lointain. Soudain sa gorge se serre, les larmes lui montent aux yeux, son cœur s’emballe, résonne dans ses tempes, et il voudrait hurler. Pour qu’elle disparaisse, qu’elle cesse de le hanter. Pour que cette vision plus réelle que jamais sorte de sa tête. Il prie pour l’oublier, parce que la vie n’a aucune saveur s’il la compare éternellement à l’époque où elle était à ses côtés.

Ce n’est que lorsque Ethan bredouille « Vous vous connaissez ? » que le garçon réalise qu’il ne s’agit pas d’une apparition. Que la demoiselle qu’il dévore du regard n’est personne d’autre que l’amie dont parlait Ethan plus tôt. Qu’elle n’est plus qu’à quelques mètre de lui, et qu’ils n’ont jamais été aussi près l’un de l’autre depuis quatre ans. Quatre longues années où il aurait donné n’importe quoi pour l’oublier. Quatre longues années durant lesquelles il n’a jamais osé dire son nom, de peur que la douleur le submerge.

« Hermia… » souffle-t-il enfin, et ses lèvres engourdies peinent à prononcer ces deux syllabes.

Il se lève, contourne vaguement la batterie, renverse une cymbale et marche droit sur elle. Il a grandi, depuis le temps, et la dépasse à présent d’une tête. Elle lui semble plus frêle que dans ses souvenirs, peut-être à cause de ce sweat trop grand dans lequel elle disparait. Qu’importe, lorsqu’il passe ses mains sur ses joues chaudes, lorsqu’il plonge son visage au creux de son cou, les sensations sont toujours les mêmes. C’est la même odeur dont il s’emplit les poumons, c’est le même grain de peau sous ses doigts usés par la musique, c’est les mêmes yeux chocolat qui se noient dans les siens.

« Oh mon Dieu. » chuchote-t-il sans parvenir à y croire.

Il l’étreint maladroitement, incapable de trouver les mots adéquats à la situation. Que peut-on dire face à l’amour qu’on pensait ne jamais revoir ?
GOTHEIM sur Never Utopia
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Lun 13 Mar - 15:52
Elle cherche tes yeux
dans tous les regards qu’elle croise.

Oliver & Hermia

C’est une musique plutôt douce qui emplit la salle à son arrivée, pas le genre de musique à laquelle elle se serait attendue en voyant Ethan. Oui, elle avait ses propres petits préjugés, force était de le reconnaître, mais c’était pour ainsi dire inévitable. Dès lors que l’on s’apprêtait à découvrir l’inconnu, notre cerveau, formaté par nos connaissances et notre vécu, esquissait un horizon d’attente, d’éléments que l’on pensait immanquablement y retrouver. C’était propre à la nature humaine. Et son horizon d’attente à elle, en voyant Ethan, avait été l’image d’un groupe qui lui ressemblait, assez fort, assez… rock, sans doute. Sa surprise avait donc été grande lorsqu’elle avait entendu les notes délicates du morceau qu’ils jouaient. Mais cette surprise était bien loin d’égaler celle qu’elle ressentit en apercevant Oliver, caché derrière la batterie – enfin, caché était un bien grand mot, au vu de sa carrure qui était loin de passer inaperçue.

Spectre d’un passé revenu la hanter en cette soirée du mois de mars, spectre qui n’a jamais cessé de la hanter, en toute honnêteté, depuis le jour même où ils se sont quittés. Elle a tenté, pourtant. Durant plus de trois ans, elle a tout fait pour passer à autre chose, pour reléguer ce regard transperçant et ces mèches mordorées dans les tréfonds de son esprit, de son cœur, de sa personne tout entière. Elle a tenté de se défaire de ses souvenirs, de ces gestes, de ces paroles et de ces sensations marquées au fer rouge en elle. Elle a tenté de tourner la page, de se créer de nouveaux souvenirs avec de nouveaux garçons. Sans succès. Il n’est qu’avec lui que cela fonctionne, c’est comme une évidence. C’est là qu’elle a décidé d’agir. De ne plus être simple spectatrice mais plutôt actrice de sa vie. Elle a quitté la Californie, en dépit du bon sens, sachant pertinemment qu’elle pouvait ne jamais le retrouver dans cette immense ville qu’était New York – cela revenait pour ainsi dire à chercher une aiguille dans une motte de foin. Elle savait qu’il pouvait tout aussi bien avoir quitté l’État, peut-être même le pays, qui sait, depuis lors. Mais il pouvait également toujours se trouver dans la Grosse Pomme. Il pouvait toujours s’y trouver, et elle pouvait l’y retrouver. C’était à cet unique espoir, aussi infime soit-il, qu’elle se raccrochait. Six mois déjà qu’elle avait remis les pieds dans cette ville qui l’avait connue adolescente, six mois et toujours rien. Elle avait pourtant demandé, autour d’elle, si l’on ne connaissait pas un certain Oliver Ross. On lui avait toujours répondu par la négative, et malgré elle, son espoir habituel s’amenuisait de jour en jour, et ce malgré les douces prédictions astrales. « Vous retrouverez quelque chose de cher que vous avez perdu. » Elle commençait à se dire qu’elle avait probablement surinterprété ces quelques mots, qu’elle avait eu l’audace de prendre ses désirs pour des réalités et qu’elle s’en voyait désormais punie par cette torture avilissante. Et puis voilà qu’il se tenait face à elle. À quelques mètres d’elle à peine, lorsqu’ils avaient été séparés par des centaines et des centaines de kilomètres des années durant. Bien sûr, elle n’avait pas demandé à Ethan s’il connaissait Oliver. Elle avait rencontré le jeune homme alors qu’elle entrait dans cette phase de désillusions, de doute, où elle se laissait aller au découragement. Une phase durant laquelle elle ne posait plus qu’à de rares personnes cette question qu’elle avait trop souvent répétée au cours des derniers mois. Elle se sentait désormais bien bête. Qui sait depuis combien de temps auraient-ils pu être réunis, si elle avait eu la présence d’esprit de lui demander à lui aussi.

Mais le temps n’est plus aux regrets. C’est son corps tout entier qui se voit chamboulé par cette apparition miraculeuse, son cœur bat fort, trop fort, presque douloureusement dans sa poitrine, palpitant qui hurle à la mort d’avoir été séparé de lui si longtemps, et de se trouver subitement face à une apparition à laquelle il n’osait plus croire ; sa bouche, soudainement sèche en dépit des litres d’eau qu’elle a ingurgités au cours de son entraînement, ne sait quels mots prononcer, de la même manière que son esprit ne parvient pas à formuler la moindre pensée cohérente, aimant mieux laisser les idées se bousculer en son sein ; ses prunelles d’un brun chaud se focalisent sur le jeune homme, ne le quittant plus, ne prêtant même plus attention aux autres garçons présents dans la salle, comme si un projecteur était directement braqué sur lui. Son être tout entier lui crie de se bouger, de faire quelque chose, n’importe quoi, lui courir dans les bras sans doute, mais ses pieds restent cloués au sol, comme ankylosés par le choc. Et c’est réciproque. Elle n’est pas la seule à ressentir ce trouble, elle le comprend dès l’instant où elle voit ses baguettes glisser entre ses doigts, dès l’instant où elle le voit se ruer vers elle, faisant tomber une cymbale de la batterie au passage. Autant de petits détails qu’elle remarque à peine, percevant les sons comme si des centaines de kilomètres se trouvaient entre elle et eux. Cette même distance qui les a séparés des années durant, cette même distance semble désormais se trouver entre eux deux et le reste du monde. Parce que maintenant qu’elle l’a retrouvé, maintenant qu’elle a enfin sous les yeux cette œuvre d’art que le jeune homme représente pour elle, maintenant que ses prières ont été exaucées, elle n’a envie de se concentrer sur rien, si ce n’est lui.

Elle n’a jamais été réputée pour avoir une bonne mémoire ; distraite, elle oublie aisément bon nombre de choses. Mais de lui, elle n’a rien oublié. Ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, se disant que c’était le mieux à faire dans la mesure où elle ne recroiserait jamais son chemin, mais son cerveau, ce foutu cortex qui emplissait son crâne, s’y était refusé dès l’instant où ses yeux avaient rencontré les siens. Ou peut-être était-ce son cœur ? Palpitant alimenté par ce foutu espoir qu’était le sien, persuadé qu’un jour ils se reverraient, malgré les années de séparation, malgré des parents bien trop stupides pour saisir toute l’importance d’un amour de jeunesse, malgré les aléas de la vie.

Elle n’avait rien oublié. Elle n’avait pas oublié la manière dont ses mèches prenaient des reflets dorés au contact du soleil, pas plus qu’elle n’avait oublié la particularité qu’avait son simple rire à illuminer la pièce tout entière. Elle n’avait pas oublié l’intensité du regard qu'il posait sur elle, les fossettes qui creusaient immanquablement ses joues dès lors qu’il esquissait un sourire, le timbre si particulier de sa voix. Elle n’avait pas oublié son odeur, doux effluve irremplaçable qui lui donnait le sentiment que rien de mauvais ne pouvait lui arriver, dès lors qu’il se trouvait à ses côtés. Elle n’avait pas oublié la manière si particulière qu’il avait de prononcer son prénom, avec une délicatesse telle que l’on aurait pu croire qu’il s’agissait là du plus joli mot qu’il ait jamais entendu, manière qu’elle n’avait retrouvée chez nul autre. Manière qu’elle n’avait pas entendue depuis quatre ans. Jusqu’à aujourd’hui. Autant de petits détails dont la réminiscence lui était un peu plus douloureuse chaque jour, broyant peu à peu son cœur.

Souffle qui se coupe lorsqu’elle le voit s’approcher d’elle, réduisant à chaque pas la distance qui les sépare. Jeune femme qui se sent défaillir face au choc, choc de revoir un homme qu’elle a tant aimé, un homme qu’elle croyait disparu de sa vie à tout jamais, choc inévitable malgré le secret espoir qu’elle s’évertuait à entretenir. Elle peine à croire qu’il se trouve bel et bien face à elle, que ce n’est pas le fruit de son imagination, la matérialisation d’un désir trop fort, frisant l’obsession. Mais non. C’est bien un être de chair et de sang qui se tient devant elle, qui pose ses mains chaudes sur ses joues probablement brûlantes elles aussi. Contact électrisant, courant qui semble parcourir son corps, intérieur de sa lèvre qu’elle mord discrètement pour s’assurer une bonne fois pour toutes qu’elle ne se trouve pas en plein songe, mais bien dans la réalité. C’est la réalité. Elle l’a retrouvé, Oliver, son Oliver, ce garçon qu’elle a abandonné derrière elle contre son gré alors qu’elle n’était encore qu’adolescente, avec force sanglots.

Regard chocolat qu’elle relève vers lui, constat qu’elle fait seulement qu’elle doit désormais lever la tête pour le regarder, effort dont elle pouvait se passer à l’époque. Il a considérablement grandi depuis lors, et de la même manière, sa carrure s’est épaissie. Temps qu’elle prend pour détailler son visage, pour étudier comment la bouille un peu ronde, encore naïve, qu’elle connaissait si bien a cédé la place au visage d’un beau jeune homme, à la mâchoire carrée et aux traits soigneusement taillés. Elle aussi a dû changer, depuis le temps, bien qu’elle n’en ait pas conscience. Le seul changement qu’elle ait vu depuis quatre ans est la manière dont la flamme qui l’animait semblait peu à peu s’éteindre en elle, douloureuse vérité qui lui apparaissait chaque fois qu’elle se trouvait seule face au miroir et qu’elle laissait tomber le masque.

Il a certes changé, mais son regard, les expressions qui meuvent ses traits, son odeur, tous ces éléments sont restés les mêmes que quatre ans auparavant. Intacts. Ce sont ses bras qu’elle sent l’étreindre, bras Ô combien plus forts que ce à quoi il l’a habitué, étreinte à laquelle elle s’abandonne avec soulagement, sentant ses jambes se dérober sous elle. Bras dont elle entoure à son tour son large torse, goûtant à une étreinte qui lui a trop longtemps fait défaut. Visage qu’elle pose doucement contre sa poitrine, comme si elle craignait qu’il ne la repousse, crainte irraisonnée qui ne lui ressemble pas et qui n’est autre que le fruit du temps passé et de ses dégâts. Nez qui se perd discrètement dans l’étoffe de son T-shirt, qui inspire une odeur d’assouplissant et, plus ténues mais néanmoins présentes, les effluves propres au jeune homme. Cette odeur qu’elle a appris à connaître mieux que n’importe laquelle, à aimer mieux que n’importe laquelle. Parfum qui la heurte avec violence, ramenant avec lui les quelques souvenirs qu’elle était difficilement parvenue à enfouir dans les tréfonds de sa mémoire. Cette même violence avec laquelle ses poumons s’emplissent brusquement, comme si on y avait insufflé de force un grand souffle d’oxygène. Elle se sent vivante. Enfin, pour la première fois depuis quatre ans, elle ne se sent plus morte de l’intérieur, elle n’a plus l’impression que les souvenirs et l’absence mêlés la grignotent de l’intérieur. Et ce simple constat suffit à faire monter les larmes à ses yeux, des larmes de joie, de soulagement, de tristesse trop longtemps contenue, des larmes de reconnaissance aussi, sans doute. Larmes qu’elle se refuse pourtant à verser, reniflant discrètement pour tenter de les chasser de son regard. Tête qu’elle relève alors vers son visage, sans se détacher de lui pour autant, jeune femme alors comparable à un petit koala désespéré. Secondes silencieuses qu’elle laisse s’écouler en le fixant dans le blanc des yeux, court instant qui pourrait s’avérer gênant mais qui ne l’est pas, pas pour elle. Paroles qu’elle prononce alors spontanément, fatiguée de chercher les mots parfaits qui se refusent à lui parvenir.

- Tu m’as tellement manqué… Je désespérais de te revoir un jour.

Petit sourire qu’elle s’autorise, sourire de soulagement pur qui plisse légèrement ses yeux encore embués par les larmes. Tout va aller mieux désormais, elle en est sûre.
Made by Neon Demon



Elle avait le monde entier
qui dormait dans son regard

So we beat on, boats against the current, borne back ceaselessly, into the past.

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Oliver Ross
Sagittaire
My diary :
Hermia ▴ I
Luca ▴ I
Mon surnom : Oli
Mon âge : 20
Mon signe astrologique : Sagittaire
Dans la vie je suis : étudiant en batterie et bénévole à la SPA
Catégorie Sociale : né dans une famille aisée.
J'aime les : une femme, jouer de la musique, le basket entre potes, les animaux, bref, je suis parfait
Sosie de : Ashton Irwin
Double compte : Alexei Hopkins.
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Lun 13 Mar - 23:17
Oliver & Hermia
Elle cherche tes yeux dans tous les regards qu’elle croise.


Oliver est à mille lieues d’ici. Il étreint la jeune fille sans réaliser tout à fait ce qui lui arrive, et les yeux clos, il caresse la nuque qu’il a tant de fois dessinée de ses doigts auparavant. Nuque fragile, peau délicate qui accueille volontiers la chaleur de sa paume, soupir de soulagement qui s’échappe des lèvres du garçon ; ses mains retrouvent leur chemin à pas feutrés, et peu à peu il sent l’émotion le gagner. Combien de fois s’est-il attardé sur ces sensations délicieuses avec pour seul but de n’en jamais rien oublier ? Pour la première fois depuis quatre ans, le jeune homme bénit le ciel d’avoir conservé en lui le souvenir encore brûlant de leurs étreintes. C’est en glissant son pouce sous le lobe de ce mirage que ses émotions éclatent. Le cœur battant, il retrace du bout des doigts la ligne que ses lèvres suivaient inlassablement lorsqu’elles le pouvaient encore. S’il devait ressentir la moindre différence, il s’agirait des frissons qui parcourent son échine plus que jamais. Redécouvrir ce toucher d’apparence si simple réveille en lui tant de sentiments qu’il a si longtemps tenté de refouler qu’il en a mal au cœur. Comment a-t-il pu penser une seule seconde qu’il parviendrait à oublier son tout premier, son seul et unique amour ?

Hermia le dévore des yeux, car il en est sûr, plus que jamais, c’est Hermia qui se blottit dans ses bras, qui s’accroche à lui comme un naufragé à une bouée. C’est Hermia qui lève ses grands yeux bruns vers lui. C’est son cœur qu’il sent battre la chamade contre le sien. Ce sont ses lèvres qui s’étirent en un ravissant sourire, un sourire qui lui donne terriblement envie de pleurer. Mais Oliver réprime ses larmes, ravale ses sanglots, parce que Dieu sait qu’il a déjà tant pleuré… Qu’il a déjà tant pris sur lui pour arriver jusque là. Sa vie a pris un nouveau départ, il s’est trouvé de nouveaux buts, qui lui semblent tellement dérisoires maintenant qu’il tient dans ses bras l’objet de tous ses désirs. Il a prié des nuits durant, il a crié de toutes ses forces, il a frappé jusqu’à l’épuisement pour chasser la peine, en vain. Il ne voulait pas se l’avouer, de peur de s’effondrer, et que le maigre équilibre qui réglait sa vie pendant ces dernières années s’écroule brusquement, mais rien n’aurait pu le sortir de la misère qui effritait son cœur jour après jours que le retour d’Hermia. Et voilà qu’il la tient contre lui, qu’elle plante son regard dans le sien, et qu’ils se sourient tous deux, tremblants, à se demander s’ils ont encore le droit de ressentir cette vague d’émotions qui dévaste leurs cœurs.

Délicatement, il rend son sourire à la jeune fille, et un petit rire lui échappe. Rire qui ne trompe que son chagrin, qu’il chasse de la sorte, du mieux qu’il peut. Parce que s’il n’a rien à cacher à ce bout de femme, il se refuse à craquer. Non, l’heure n’est pas aux lamentations. Plus maintenant.

« Tu m’as manqué aussi, rit-il en passant le dos de sa main au coin de son œil. Tout le temps. »

Il entend son accent canadien empirer malgré lui, comme à chaque fois que l’émotion lui serre la gorge. Il a fait de gros efforts pour l’alléger, mais parfois le naturel revient au galop. Parce qu’il y a des choses auxquelles on ne peut pas échapper.

Il la ramène contre lui et dépose un baiser sur ses cheveux, tandis que derrière lui, Jacob se racle la gorge.

« On voudrait pas déranger, intervient-il doucement. Mais en-dehors du fait qu’on comprend rien, j’pense que vous feriez mieux de prendre un peu de temps tous les deux. »

Oliver tourne un peu les talons, sans desserrer ses bras, et reprend conscience de la réalité. S’il a eu l’impression d’être seul au monde pour quelques instants, seul face à un ange, il n’en est rien. Ses amis sont toujours là, et il n’en est que plus soulagé d’avoir su refouler ses larmes jusqu’au bout, sans quoi il aurait certainement eu affaire à leurs moqueries par la suite. Les trois garçons ont l’air gênés, quoi qu’intrigués.

« Ouais… Désolé…
- Pas de problème Oli, vraiment. J’ai pas l’impression que tu nous seras très utile aujourd’hui, on se recalera une répète demain. »


Le concerné hoche la tête. Il est content que le groupe se montre aussi compréhensif. De toute façon, il n’a plus qu’Hermia en tête. Il ne veut plus qu’elle. Hermia, et du temps, pour rattraper tout celui qu’il a perdu. Quatre longues années, précisément.

Son doigt s’attarde sur la joue de la demoiselle, et il murmure, la voix un peu plus assurée :

« Tu aurais quelques minutes, ou tu comptes disparaître à nouveau ? »

C’est un tendre sourire qu’il lui adresse, cette fois. Un sourire plein de promesses. Parce qu’il ne compte plus la laisser s’échapper. Plus jamais.
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My diary : Ce n'est pas toi qui disait que la vie était une valse et qu'il fallait danser avec elle ? Il faut être deux pour danser la valse.
Mon surnom : Mia, mais il n'est qu'une unique personne que j'autorise à m'appeler ainsi.
Mon âge : 20
Mon signe astrologique : Balance
Dans la vie je suis : étudiante en danse à Juilliard School et vendeuse dans une parfumerie
Catégorie Sociale : dans la classe moyenne
J'aime les : jeunes hommes aux boucles mordorées, au regard noisette, aux bras puissants ; au parfum enivrant, au sourire vibrant de sincérité, avec un petit accent canadien en prime. Une espèce en voie de disparition, c'est bien malheureux.
Sosie de : Bryana Holly
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Dim 19 Mar - 23:03
Elle cherche tes yeux
dans tous les regards qu’elle croise.

Oliver & Hermia

Éclat de rire qui franchit ces lèvres qu’elle contemple avec tant d’attention, presque avec une certaine forme de fascination, finalement. Douce mélodie qui parvient à ses tympans, semblant emplir son cortex, son corps tout entier, la toucher au plus profond de son âme pour y faire éclore une douce chaleur. Et ce n’est qu’alors qu’Hermia comprend qu’elle est en train de retomber amoureuse. Encore et encore, du même homme, de ce même homme qu’elle n’a pourtant jamais cessé d’aimer, bien que c’eût parfois été son vœu le plus cher. Accent qu’elle perçoit dans sa voix, accent qu’elle a appris à interpréter comme étant le signe d’une vive émotion chez le jeune homme, information qu’elle n’a su oublier. Accent canadien qui ne l’a jamais quitté, de la même manière que son accent australien est resté, malgré le passage des années, soigneusement lié à la voix de la jeune femme. Deux jeunes gens s’étant rencontrés sur le sol américain, deux jeunes gens au timbre de voix pourtant marqué par leurs origines respectives, particularité qui avait toujours amusé Hermia. Accent qu’elle est si heureuse d’entendre de nouveau, accent qui lui a manqué si douloureusement au cours des dernières années, simple symptôme d’un manque bien plus grand qui s’appliquait en réalité au jeune homme tout entier.

Accent canadien qui lui arrache un sourire, sourires dont elle n’a jamais été avare même lors de ses années de solitude et de désespoir amoureux, sourire qui se fait pourtant sincère pour la première fois depuis quatre ans. Sourire a toujours constitué pour elle une manière d’aborder la vie, plus qu’un simple acte. « Souris et la vie te sourira. » Paroles que lui ont bien souvent répétées ses parents au cours de son enfance, paroles qui ont constitué les piliers d’une éducation parfois trop laxiste aux yeux des gens bien-pensants. Sourire dont elle a refusé de se départir, même lorsque son monde a perdu toutes ses couleurs, même lorsque sa vie a perdu son sens, même lorsque la Terre a semblé s’arrêter de tourner, restant inexorablement figée dans son axe. Elle pleura beaucoup – tous les jours, sans doute. Mais elle prenait toujours garde de garder ses lamentations pour elle seule, pour la sphère intime, de ne laisser éclater son désespoir qu’une fois à l’abri derrière la secrète opacité de la porte de sa chambre. À  l’extérieur, elle souriait immanquablement ; le soleil irradiait quotidiennement de son visage expressif, bien que la pluie batte sans relâche son cœur anéanti. C’était ce sourire, ce sourire qui s’était fait factice durant quatre longues années, qui lui avait permis de tenir le coup. De s’accrocher à la vie, malgré tout le caractère terne, fade, sans saveur, qui s’était fait sien. Jusqu’à aujourd’hui. Jusqu’à ce que le seul homme qu’elle ait jamais aimé fasse un retour tonitruant dans son existence, redonnant brusquement à sa vie tout l’intérêt qui lui avait fait défaut jusqu’alors.

Sourire qui se fait triste lorsqu’elle prend le temps d’observer ses paroles, de ne pas seulement s’intéresser à la forme mais aussi au fond, de saisir le message qu’elles recèlent. Elle aussi lui a manqué. Comment aurait-elle pu en douter, en même temps ? Elle n’avait vu d’adolescents plus épris l’un de l’autre qu’ils l’étaient, construisant ensemble une histoire loin d’avoir l’innocence des badinages prépubères, mais plutôt empreinte d’une passion véritablement adulte, malgré leurs jeunes âges. Et pourtant elle avait douté. Malgré elle, malgré toute la confiance qu’elle pouvait placer en lui, elle s’était bien souvent figuré qu’il avait sans doute réussi là où elle avait échoué. Qu’il était parvenu à l’oublier, à passer à autre chose. Qu’où qu’il soit dans ce vaste monde, il avait rencontré une autre fille, une fille qu’il aimait désormais comme il l’avait aimé, une fille qui jouissait de l’honneur de voir son sourire tous les jours et de recevoir son amour. Et bien que cette pensée lui serre immanquablement le cœur, elle ne pouvait ne pas l’envisager. C’était une réalité possible, après tout. Et pourtant, toutes ces craintes, ces pensées avec lesquelles elle s’était torturée l’esprit lors de ces nuits où le sommeil lui faisait défaut, se voient subitement balayées par ces quelques mots. Ainsi il avait partagé cette souffrance quotidienne ; jour après jour, il avait pâti de leur séparation imposée, tout comme elle en avait pâti, et même si l’idée que lui ait été infligé le même calvaire qu’à elle lui fende le cœur, il était de quelque manière réconfortant que d’apprendre qu’elle n’avait pas été la seule à mal vivre leur séparation. Qu’il n’était pas qu’à elle que l’on semblait avoir arraché une partie d’elle-même.

Étreinte que le jeune homme revient chercher, silhouette rassurante contre laquelle Hermia vient se réfugier. Pression de ses lèvres qu’elle sent se faire sur le sommet de son crâne, contact qui lui a trop manqué, contact qui lui apparaît aujourd’hui comme étant le plus précieux auquel il lui soit permis de goûter. Contact qu’elle apprécie aujourd’hui à sa juste valeur, car il n’est que lorsque l’on en est privé que l’on prend conscience de la valeur d’une chose. Eden perdu qu’il leur est enfin permis de toucher du bout du doigt, instant tranquille, apaisé, bien vite rompu par une voix qu’elle ne connaît pas. Voix qui lui apparaît tout d’abord comme lointaine, comme si elle provenait de centaines de milliers de kilomètres, jusqu’à ce qu’elle se rapproche d’elle à vitesse grand V pour violemment la tirer de cet état de grâce. Sursaut qui secoue son corps mince, paupières qui clignent à plusieurs reprises, tête qu’elle relève dans la direction des amis d’Oli. Ah ben… Elle les avait complètement oubliés, ceux-là. C’est en silence qu’elle laisse les garçons échanger, ne souhaitant pas interférer davantage qu’elle l’a déjà fait en interrompant sans vergogne leur répétition pour s’accaparer leur batteur. Ouais, dis comme ça, c’était pas top. Mais elle pouvait bien s’octroyer ce petit caprice lorsque c’était la première fois qu’elle le voyait en quatre ans. Comme pour s’en excuser, elle adresse un petit sourire navré aux jeunes hommes qui s’empressent de quitter les lieux, manifestement gênés et confus. Nul doute qu’ils débâteront de tout ceci dès qu’ils seront hors de portée de voix. Sitôt la porte refermée derrière eux, elle reporte son attention sur Oli, goûtant à la sensation brûlante de son doigt sur sa peau. Doux sourire qui prend place sur ses lèvres, remarque qui sème pourtant le doute dans son esprit. Elle n’a pas souhaité partir. On le lui a imposé. Il le sait bien, n’est-ce pas ? N’est-ce pas… ?

Tête qu’elle hoche vivement, dans un geste déterminé, confiant, comme pour le rassurer. Lui assurer que jamais plus elle ne le quittera, quoi qu’il advienne. Elle n’est plus la gamine de seize ans trop faible pour se battre pour son amour ; cette Hermia-là est restée derrière elle, sur cette terre de Californie où son père l’a emmené contre son gré.

- Tu as tout mon temps. À moins que tu me laisses disparaître à nouveau…

Léger rire qui fuse d’entre ses lèvres ; comme si elle allait se permettre de partir de nouveau. Elle-même n’y croit pas… Petit sourire qu’elle lui offre alors, comme pour contrer ces paroles, le rassurer quant au fait qu’elle n’en pense pas un mot et qu’elle compte bien rester, qu’il le veuille ou non.

- Ça fait six mois que je te cherche… Je compte pas déserter maintenant que je t’ai enfin retrouvé.

Gorge qui se noue brusquement sans qu’elle sache trop pourquoi, probable résultat d’une demi-année d’espoirs et de désillusions, pression qui retombe enfin dans ses bras.

- Alors, dis-moi, reprend-elle, désireuse de changer de sujet avant que de nouvelles larmes ne viennent troubler son regard. Que deviens-tu ? Tu dois avoir bien des choses à me raconter, il peut se passer tellement en quatre ans…

Ses mains viennent se poser sur ses bras, les effleurant du bout des doigts ; son regard, quant à lui, se porte sur ses propres yeux, sur ses lèvres dans l’attente de les voir se mouvoir. C’est son visage tout entier qu’elle détaille encore et encore, dans toute sa splendeur et sa nouvelle forme, traits encore enfantins qui ont cédé la place à une figure adulte. Elle sait que c’est bel et bien Oli qui se tient devant elle, contre elle. Que ce n’est pas un mirage, ou encore un vulgaire inconnu qu’elle aurait confondu avec lui, dans un accès de folie. Et pour autant, elle sait qu’il lui faudra du temps pour se réhabituer à sa présence. Pour accepter le fait qu’un fantôme de son passé, qu’elle croyait disparu à jamais, a refait surface dans sa vie. Elle sait qu’elle aura du mal à se réhabituer au son de sa voix, à la pression de ses iris mordorés, à la sensation de son souffle sur sa peau. Car il n’est rien de plus dur que de se réhabituer à ce que l’on s’est efforcé d’effacer de sa vie. Il a probablement changé, en quatre ans ; tout comme elle. Le changement est inévitable, il fait partie intégrante de tout être vivant. Elle se trouve désormais face à une bien curieuse chimère, homme partagé entre la personne qu’elle connaît mieux que quiconque, et un étranger. Adaptation qu’ils vont devoir faire tous les deux pour se retrouver, réapprendre à se connaître. Elle ne doute pas qu’elle aimera le nouvel Oli tout autant qu’elle aimait l’ancien ; mais une crainte subsiste en elle, crainte qu’elle tente de refouler mais qui est bel et bien plausible : aimera-t-il la nouvelle version d’elle-même ?
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Sam 8 Avr - 19:14
Oliver & Hermia
Elle cherche tes yeux dans tous les regards qu’elle croise.
Douce mélancolie qui soulève son cœur, sensation étrange qui lui tort le ventre alors que ses bras se referment sur la jeune fille, comme le stress d’un premier rendez-vous, où la gorge se noue, les jambes tremblent, les mains se font plus maladroites que jamais. Oli, malgré les innombrables heures passées en la compagnie d’Hermia, se sent aussi nerveux qu’il l’était le premier jour. Lorsque tout a commencé. Lorsque son regard a croisé celui de son âme sœur, quatre ans plus tôt, et qu’il a pressenti jusque dans ses tripes que rien n’était hasard, et certainement pas Hermia. Il n’avait jamais vraiment prêté attention aux astres auparavant. Et pourtant, depuis ce jour béni où ses yeux s’étaient posés sur ce visage délicat, il ne pouvait s’empêcher de penser que tout événement, aussi infime soit-il, avait un sens. Et l’avenir l’avait conforté dans cette idée. Hermia n’avait rien d’un hasard ; elle était une évidence. Elle était son alter-ego, la femme que les astres lui avaient destinée. Oh, il les avait maudits ces astres. Il avait déversé son fiel, toute l’amertume de son cœur, sur leurs prédictions. Comment pouvait-on lui offrir la félicité dans sa forme la plus parfaite - l’amour - pour la lui arracher de la sorte ? Comment était-il supposé garder la tête haute, apprendre à oublier la perfection pour se contenter d’une vie insipide ? Comment pouvait-il tirer un trait sur ses rêves, sur ses projets d’avenir, alors qu’il s’y était déjà tant accroché ?

Et pourtant, maintenant qu’elle lui confie à demi-mot qu’elle ne compte plus s’échapper comme elle y fut forcée auparavant, il lui semble que le ciel a prêté une oreille attentive à ses supplications. Il lui semble que tout ce temps passé à attendre un miracle, à pleurer toutes les larmes de son corps, à crier sa peine, tout ce temps, toute cette souffrance n’était que le prix à payer pour goûter au bonheur.

« Jamais, murmure-t-il en réponse à la douce Hermia. Jamais je ne te laisserai t’en aller. »

Au fond, le pire châtiment du monde ne valait peut-être pas une seconde de bonheur absolu avec elle. Peut-être que cette séparation n’était que justice. Pour qu’il ne pense pas que tout était acquis. Pour qu’il apprenne à jouir pleinement des bienfaits de la vie. Pour qu’il réalise à quel point il était chanceux. Pour qu’il se décide enfin à se lever pour se battre. Lorsque Hermia lui annonce qu’elle le cherche depuis six mois, il a honte. Il a lui aussi tenté de reprendre contact à maintes reprises, sans succès. Mais jamais il n’a osé claquer la porte pour aller la rejoindre. Contrairement à Hermia, qui elle, a tout donné. Partagé entre la joie de savoir que la jeune fille n’a jamais cessé de penser à lui et de tenter, par tous les moyens, de le retrouver, et la honte de n’avoir pas su faire de même, il s’empourpre. Embarras de passer pour un lâche, ou pire, d’avoir l’air de s’en moquer. D’avoir été capable de tirer un trait et de passer à autre chose. Qu’a-t-elle pu penser pendant toutes ces années ? S’est-elle convaincue, à force, qu’il l’avait oubliée ? Le visage rouge, il la serre maladroitement contre lui, espérant qu’elle ne remarquera pas sa gêne. Et ce rire, ce rire qui l’a hanté si longtemps, ce rire qui l’appelait jusque dans ses cauchemars, ce rire cristallin se répercute au quatre coins de la salle, lui revient, résonne, le désarme. Il ferme les yeux, le cœur meurtri, et puise dans la chaleur du corps de sa belle la force dont il a besoin pour se ressaisir. Il a honte, mais rien ne doit venir gâcher leurs retrouvailles. Après tout, elle est dans ses bras, enfin. Et elle semble l’aimer encore, aux larmes qu’elle chasse et à sa voix tremblante. Aux six mois qu’elle a dû passer seule, sans aucune certitude de le retrouver, sans pour autant se décourager, sans jamais se décider à retourner en Californie. Elle doit l’aimer passionnément, peut-être tout autant qu’avant, et à cette pensée, son cœur se gonfle de courage. Elle a fait de son mieux. À présent, c’est à lui de la reconquérir. De lui prouver qu’elle n’a pas perdu son temps à retourner ciel et terre pour qu’ils soient de nouveau réunis.

Il la dévisage tendrement, appréciant la nouvelle courbe de son dos contre ses avant-bras qui se refusent à la relâcher. Elle n’a pas changé. Ses yeux sont du même brun chaud, ses lèvres s’étirent du même sourire malicieux, sa peau a la même saveur, ses cheveux la même odeur. Sa mâchoire s’est affinée, et sa taille, il le devine sous ses mains, s’est marquée avec le temps. Elle lui semble peu-être plus maigre. Mais n’est-ce pas la moindre des choses ? Les jeunes filles ne sont-elles pas vouées à devenir des femmes ? Hermia a vingt ans, pourquoi les choses seraient-elles autrement en ce qui la concerne ? Oli est tellement absorbé par le délicieux sourire qu’elle lui offre qu’il en oublie presque de lui répondre.

Et puis, à quoi bon ? Qu’a-t-il à lui dire ? Bien des choses, certes, mais au final, leurs corps parlent déjà pour eux. Ils lisent chacun dans les yeux de l’autre ce que leurs âmes brûlent d’exprimer. Quant aux formalités, elles ne sont pas bien glorieuses.

« Je n’ai pas beaucoup avancé, avoue-t-il après s’être éclairci la voix. J’ai bien failli redoubler quand tu es partie. Je suis passé tout juste, et puis… J’ai eu un peu de mal à me lancer dans les études. Je fais de la batterie à MSM. Je… »

Il se met à rire, incapable de poursuivre.

« Franchement, Mia, qu’est-ce qu’on en a à foutre de mes études ? Ça fait quatre ans que je pense qu’à toi, que je me laisse vivre comme une merde en espérant que ça ira mieux un jour. Qu’un matin je vais me réveiller en t’ayant oubliée. Ou qu’un soir, pendant une répète, tu te pointeras comme une fleur et que tu me diras que ce putain de cauchemar est fini. Ça fait quatre ans que je fais semblant d’aller bien alors que j’ai juste l’impression de mourir à petit feu. Quatre ans que je donnerais n’importe quoi pour savoir où tu es, ce que tu fais, à quoi tu penses. Quatre ans que je me tue avec des questions. Que je me demande si tu vas bien, si tu t’es fait à ta nouvelle vie, si tu as retrouvé l’amour et fini par m’oublier, si j’ai une chance de te revoir un jour où si je dois cesser d’espérer pour de bon. Et quand bien même je me suis persuadé mille fois qu’il valait mieux pour moi de t’oublier, je n’en ai jamais été capable. Tu veux savoir ce qui m’est arrivé en quatre ans ? J’ai pensé à toi. Alors réponds-moi, maintenant ; t’es où ? qu’est-ce que tu fais ? à quoi tu penses ? »

Il finit par se taire, conscient qu’il a été brusque. Qu’il en a peut-être trop dit, en trop peu de temps. Que ce genre d’aveux se fait lorsque les circonstances s’y prêtent, pas aussi tôt. Mais il ne pouvait plus garder tout ça pour lui plus longtemps, au risque que son cœur explose. Et à présent, il craint de l’avoir effrayée. De s’être précipité comme un con, et d’avoir tout fait foirer. Mais qu’importe, après tout. Il ne peut pas jouer la comédie. Il a bien trop de temps à rattraper.
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Lun 22 Mai - 12:31
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C’est avec une certaine forme de curiosité qu’Hermia attend que de nouvelles paroles franchissent ses lèvres, une curiosité mêlée à de la crainte. Crainte de ce qu’il pourra bien lui révéler, crainte qu’il lui apprenne que les choses ont mal tourné pour lui durant son absence, crainte aussi, malgré ses dernières paroles, qu’il lui confie avoir rencontré d’autres filles, s’être attaché à elles comme il s’était épris d’elle par le passé. C’eut pourtant été le mieux qui puisse lui arriver, et elle se souvenait encore aujourd’hui avoir souhaité, seule dans la lugubre obscurité de sa chambre, qu’où qu’il soit, il ait retrouvé l’amour. Ailleurs. Sans elle. Avec n’importe qui, pourvu qu’il ait pu passer à autre chose. Pourvu qu’il ne soit plus déchiré par son absence comme elle l’était par la sienne. Bien que ce souhait lui arrache des sanglots terribles chaque fois qu’elle le prononçait, bien que l’idée qu’une autre qu’elle ait pu prendre la place qu’elle avait laissé, elle ne cessait de le répéter dans ces moments de désespoir. Elle vivait si mal la séparation qui leur avait été imposée qu’elle n’aurait voulu pour rien au monde que lui soit infligée la même douleur.

C’était un mélange de sentiments étrange qu’elle ressent alors – curiosité et appréhension, cocktail pas si original que cela mais toujours surprenant. Cocktail qui s’évanouit pourtant bien vite dès lors qu’Oli ouvre la bouche pour lui faire part des difficultés qu’il a connues suite à son départ. De la difficulté à vivre sans elle, à apprivoiser son absence. Une difficulté qu’elle a elle-même expérimentée pendant quatre longues années, une difficulté qu’elle ne peut que trop bien comprendre. Et puis il se met à rire, encore, sans qu’elle ne comprenne d’abord pourquoi. Il n’y avait rien de comique dans cette situation, même l’optimiste jeune femme qu’elle était reconnaissait que c’était plutôt tragique. Elle le dévisage sans comprendre, plissant imperceptiblement son front comme si cela allait aider la petite ampoule de son esprit à s’éclairer.

Et puis la déferlante. Déferlante de mots qui la heurtent de plein fouet, qui percutent son âme avec la violence d’un véhicule lancé à pleine vitesse. Curiosité et anticipation cèdent la place à un flot de sentiments qui la désarment. Jeune femme qui se voit bouleversée par ses paroles, non pas par leur apparente brusquerie mais pour la simple et bonne raison qu’il vient de mettre des mots sur le désert infernal qu’elle arpente depuis quatre ans déjà. Ses paroles semblent faire écho à ce qu’elle a traversé, un écho douloureux de justesse, et elle comprend alors que malgré les kilomètres de distance, malgré tous leurs efforts pour tourner la page sur une histoire trop belle pour durer, ils sont restés immanquablement liés. Leurs âmes, finalement, ont demeuré en parfaite symbiose au cours de ces jours trop nombreux. Désirant la présence de l’autre avec la même ardeur. Se posant les mêmes questions, dont l’absence de réponses ne constituait qu’un silence toujours plus dur à encaisser, un silence à deux doigts de leur faire perdre la raison.

Et c’est sur ces pensées que la coupe s’emplit, chaque mot que prononce le jeune homme représentant une goutte venant s’y ajouter, jusqu’à ce que les larmes qu’elle tentait si ardemment de retenir débordent de ses yeux. Ses paroles lui sont douloureuses, mais également libératrices ; cela fait toujours mal d’entendre verbalisé le mal qui nous hante depuis si longtemps.

Elle s’en veut de faire preuve d’une telle faiblesse devant lui, de laisser ce jeune homme la faire pleurer si aisément, lorsqu’elle ne verse d’ordinaire aucune larme en public. Elle s’en veut de gâcher leurs retrouvailles avec des jérémiades superflues, de gâcher ce moment à marquer d’une pierre blanche, où tout ne devrait être que réjouissances. Elle s’en veut, mais ne peut dans un même temps pas retenir ce flot d’émotions qui la submerge. Pas lorsqu’elle se trouve face au reflet de ses pensées, face au miroir de son passé. Face à ce garçon qui a tout traversé avec elle, puis sans elle. Ce garçon qui est passé par les mêmes choses, qui a connu les mêmes souffrances qu’elle depuis quatre ans, avec une exactitude troublante. Elle baisse les yeux, ces yeux rougis dans lesquels se perdent ses prunelles sombres, et secoue la tête, laissant échapper un éclat de rire désabusé.

- Excuse-moi… Je devrais pas pleurer, je fous tout en l’air.

Elle essuie maladroitement ses yeux du revers de la main, mord sa lèvre un instant, redresse la tête pour de nouveau le regarder.

- C’est juste que… Sans toi, j’avais l’impression que tout foutait le camp, j’arrivais plus à rien gérer. Ça fait quatre ans que j’ai l’impression que tout va de travers. J’ai besoin de toi, Oli. Sans toi y a rien qui va, j’ai l’impression d’être… en dehors de la réalité. Elle fronce légèrement les sourcils en prononçant ces mots, première fois qu’elle ose en mettre sur ce qu’elle a traversé. Et ça me fait flipper, tout ce que tu me dis. Ça me fait flipper parce que tu viens de décrire exactement ce qu’ont été ces quatre dernières années pour moi. Ça me fait flipper parce que je pensais – non, j’espérais – que pour toi ça allait. Que t’étais pas confronté à cet Enfer constant qui est devenu mon quotidien. J’espérais qu’où que tu sois, t’étais au moins un peu plus heureux que moi, un peu plus avancé dans ce processus de « tourner la page », même si ça me faisait mal à en mourir de me dire que t’avais retrouvé le bonheur dans les bras d’une autre. Mais non. T’étais juste embarqué dans la même galère que moi. Et cette idée me fait encore plus mal, finalement.

Elle n’essaie même plus de retenir ses larmes, désormais. Les nerfs ont lâché pour de bon lorsqu’elle a ouvert la bouche pour lui confier ce qui lestait son cœur depuis longtemps, et elle n’a plus la volonté nécessaire pour tenter de lutter contre. Ces retrouvailles aussi miraculeuses qu’inattendues ont réussi à faire céder le roc qu’elle est d’ordinaire.

- J’ai jamais arrêté de penser à toi non plus, tu sais ? Tes yeux, ton sourire, ta voix… Les souvenirs… Tout ça, c’est tout ce qui a occupé mon esprit depuis la dernière fois que je t’ai vu. C’est pour ça que je suis restée avec mon père plutôt que de rentrer auprès de ma mère en Australie, même si je lui en voulais à mort. Je savais qu’un jour ou l’autre, toute cette situation deviendrait trop insupportable, que la peine irait crescendo et que je devrais te retrouver. Où que tu sois. Et il semblerait que j’y sois parvenue, au bout du compte.

Petite Hermia qui se noie dans ces émotions trop nombreuses, trop prenantes, trop abruptes, petite Hermia qui sourit pourtant à travers ses larmes. Parce qu’elle a retrouvé Oli. Parce que ces longs mois d’exil prennent enfin tout leur sens. Parce qu’il n’y a plus aucune raison que les choses se passent mal, maintenant qu’il est de nouveau à ses côtés.
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qui dormait dans son regard

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Oliver Ross
Sagittaire
My diary :
Hermia ▴ I
Luca ▴ I
Mon surnom : Oli
Mon âge : 20
Mon signe astrologique : Sagittaire
Dans la vie je suis : étudiant en batterie et bénévole à la SPA
Catégorie Sociale : né dans une famille aisée.
J'aime les : une femme, jouer de la musique, le basket entre potes, les animaux, bref, je suis parfait
Sosie de : Ashton Irwin
Double compte : Alexei Hopkins.
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Lun 22 Mai - 16:51
Oliver & Hermia
Elle cherche tes yeux dans tous les regards qu’elle croise.
Oli a peur. Peur d’en avoir trop dit. Peur que ce soit trop, trop à entendre, trop à recevoir, trop à encaisser. Il n’a jamais aimé brusquer sa jolie blonde, qu’il considère comme l’incarnation de la douceur. Il y a quelque chose dans son regard, dans sa voix, dans ses gestes, jusque dans sa démarche, qui respire l’élégance et qui l’a très vite séduit. Au premier coup d’œil, à vrai dire. Hermia, c’est un courant d’air, juste assez frais pour te faire frissonner. C’est un poème d’amour, une ode à la beauté au sourire éclatant, aux yeux rieurs et profonds, à la cascade blonde ruisselant sur des épaules délicates. Le menton tremblant, il tente de garder son calme face à la détresse de la jeune femme. Pendant tout ce temps, il a cru vivre un enfer. Il lui semblait qu’une chape de plomb pesait sur ses épaules, que chaque nouveau jour portait la promesse de vingt-quatre autres heures insipides. Mais rien n’a jamais été plus dur que de voir ses pires craintes confirmées ; Hermia est passée par les mêmes souffrances. Rien ne lui brise plus le cœur que de voir les larmes rouler sur les joues de son aimée, larmes chaudes qu’il aurait voulu balayer bien plus tôt. Larmes qui le ramènent à ses propres démons. Le voilà témoin de milliers d’autres pleurs amers, d’interminables nuits sans sommeil. Il ne connaît que trop bien cette douleur, ces sanglots étouffés contre un oreiller humide et froid qui ne s’apaisent que pour mieux te submerger plus tard.

Il secoue la tête, chaque mot de la jeune femme s’enfonçant dans son cœur comme un poignard. Il ne veut plus y penser. Il veut oublier tout ça, à présent. Il ne veut pas savoir à quel point ça a été dur pour elle. Il ne veut pas qu’elle comprenne ce qu’il a ressenti, il ne le souhaiterait à personne. Il ne désire plus que la serrer dans ses bras à l’en étouffer, essuyer ses larmes brûlantes, et lui promettre que tout ça n’arriverait plus. Il ne sait pas s’il peut lui promettre quoi que ce soit. Si les quatre dernières années lui ont appris une chose, c’est que le bonheur a ceci d’irritant qu’il est particulièrement éphémère. Qu’il ne faut jamais rien considérer comme acquis. Mais plus jamais, plus jamais, il ne laissera les choses décider pour lui. Plus jamais il ne laissera quiconque lui arracher sa bien-aimée. Plus jamais il ne se contentera de pleurer en attendant d’aller mieux. La différence majeure entre Hermia et lui, et il en a honte, c’est la force de caractère et le courage dont elle a fait preuve. C’est elle, et elle seulement qui les a réunis, et il ne se le pardonnera sans doute jamais. Jamais il ne s’excusera cette passivité face à la douleur. Les yeux de la jeune fille, embués de larmes, le ramènent incessamment à ce constat ; ils ont souffert, tous les deux, mais elle a été la plus forte d’entre eux.

Doucement, il la ramène contre lui, et essuie de la paume de son pouce les perles qui dévalent son visage. Ses mots le touchent, mais il ne parvient pas à se réjouir des sentiments d’Hermia à son égard. Il ne peut chasser de son esprit sa propre expérience de leur séparation, qui le rend d’autant plus conscient du poids de tels sentiments qu’il a lui-même supplié le ciel, les astres et toute forme de puissance supérieure de le délivrer de cet amour avorté. Il aurait tout donné pour ôter de sa vie cette insoutenable amertume qui ne faisait de lui qu’un fantôme.

Les mots d’Hermia sont autant de coups. Ils le déstabilisent, au point qu’il est incapable de trouver quoi dire. Il ne sait pas comment la rassurer. Il ne sait pas comment se faire pardonner, ni comment lui faire oublier tout ce qu’elle lui décrit. Au fond, il est conscient qu’ils ne parviendra jamais à rien oublier de cette séparation. Mais peut-être qu’une telle expérience ne fait que les rendre plus forts qu’ils ne l’ont jamais été. Alors, délicatement, il passe une main dans sa longue chevelure blonde et pose son front contre le sien, la paume de sa main chaude pressant sa nuque délicate. Ses yeux mordorés plongés dans la noirceur de ceux de son aimée, il murmure :

« Je suis tellement désolé… Je m’en veux tellement… J’aurais dû te chercher, comme tu l’as fait. J’aurais dû faire n’importe quoi pour te retrouver. »

Traîtresse, une larme douloureuse perle au coin de son œil. Elle vacille à l’extrémité d’un cil, et puis tombe, roule jusqu’à la commissure de ses lèvres. Il en sent le goût salé, devenu familier avec le temps. D’autres larmes lui viennent, qu’il refoule tant bien que mal. Ça suffit maintenant ; il n’a déjà que trop pleuré.

Tendrement, il l’attire contre lui, raffermit sa poigne derrière son cou, passe son bras autour de sa taille. Sa vie vient de prendre un tournant inattendu, animée soudain d’un second souffle qui réduit à néant les attentes qu’il en avait. Il n’a plus à s’inquiéter pour elle. Il n’a plus à s’inquiéter de ce qu’il deviendra sans elle. Il n’a plus à s’inquiéter de rien, si ce n’est de la réaction de leur parent respectif. Si leur relation les a choqués au point qu’ils imposent une telle distance entre eux - pas seulement un état, mais l’Amérique entière - comment recevront-ils ce retour à zéro? Car oui, Oli espère bien que ce jour marque la renaissance de leur amour. Il ne sait pas bien comment ils vont s’y prendre, et encore moins le temps que ça prendra pour qu’ils reprennent leurs marques. Mais après un tel calvaire, il ressent plus que jamais le besoin de profiter de sa présence. Quitte à ce que ça déplaise à sa mère. Tant pis. Il ne laissera plus personne lui dicter sa conduite.

« Ton père était d’accord pour te laisser partir ? » souffle-t-il contre son oreille.

Question idiote ; bien sûr qu’elle ne lui a pas laissé le choix. Il glisse un baiser dans son cou, inspirant calmement l’odeur familière de sa peau. Encore et encore, inlassablement, il se rappelle à quel point toutes ces petites choses lui ont manqué.

« Maman est de garde cette nuit. Tu veux venir à la maison ? »

Encore une fois, il a peur. Qu’elle soit trop occupée. Qu’elle n’ait pas envie. Qu’elle ne veuille pas précipiter les choses. Il comprendrait, bien sûr, mais son cœur se serre à l’idée d’essuyer un refus. Il lui semble qu’une éternité ne suffirait pas à rattraper le temps perdu, à refermer le trou béant que leur séparation à creusé dans sa poitrine.
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My diary : Ce n'est pas toi qui disait que la vie était une valse et qu'il fallait danser avec elle ? Il faut être deux pour danser la valse.
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Jeu 1 Juin - 16:04
Elle cherche tes yeux
dans tous les regards qu’elle croise.

Oliver & Hermia

Ce sont ses sensations qu’Hermia sent décuplées. Comme si une loupe avait été braquée sur ses cinq sens, comme si un coup de projecteur avait été mis dessus. La caresse de son pouce sur ses joues humides de larmes se fait plus chaleureuse que jamais, presque brûlante. Le contact de son front contre le sien, la pression de sa paume de main contre sa nuque, l’intensité de son regard plongé dans le sien, tout en lui exhale une douceur rassurante d’une puissance qu’elle ne lui a jamais connue. Il n’est que lorsque l’on est privé d’une chose que l’on prend conscience de sa valeur. Elle n’aurait jamais pu imaginer que tous ces petits gestes du quotidien lui manqueraient à ce point, pour la simple et bonne raison que jamais elle n’aurait cru qu’elle en serait un jour privée. Nombreux étaient les couples redoutant une éventuelle rupture, une tragique séparation ; mais cela n’avait jamais été le cas d’Hermia. Dès le premier jour, elle avait su que jamais Oli ne la quitterait. Pas plus qu’elle le quitterait. Parce qu’ils étaient faits l’un pour l’autre, tout simplement. Et elle avait vu juste sur ce plan-là. Seulement, elle avait sous-estimé le pouvoir des astres – une faute grave à laquelle on ne l’avait plus reprise depuis lors – qui s’étaient empressés de les séparer. De lui faire saisir, à coups de pelles douloureux sur la tête qu’elle ne devait rien prendre pour acquis. Pas dans cette vie. Pas dans ce monde que ces despotes d’astres se plaisaient à mener à la baguette. Et ainsi, aujourd’hui, après quatre ans de pénitence dans sa prison de désespoir, elle regoûtait enfin au bonheur. Dans ses bras. Tel un exilé qui se voyait offrir dans une coupe d’argent une lampée d’eau, premier signe liquide après avoir traversé le désert deux jours durant dans la sécheresse absolue. La privation avait cette propriété toute particulière de mettre en relief la valeur d’une chose.

Doucement, elle secoue sa tête blonde, sans pour autant chercher à se libérer de sa tendre emprise. Il n’est simplement plus temps pour les excuses, ces excuses qui ne suffiront pas à modifier le passé, de toute manière.

- Oli… Tu n’as pas à t’en vouloir, voyons. C’était peut-être même mieux ainsi, qui sait ? Imagine si tu étais parti à ma recherche au moment où moi, je partais à la tienne ? On se serait croisés sans se retrouver.

Elle laisse échapper un petit rire face à l’ironie de cette situation hypothétique, rire qui n’aurait assurément pas été le sien si elle s’était bel et bien produite. Rire qui se fige lorsqu’elle aperçoit du coin de l’œil la larme qui dévale la joue du jeune homme, témoignage silencieux de sa culpabilité, expression des reproches qu’il doit s’infliger sans pitié. Elle comprend alors la douleur qu’il doit ressentir à chaque fois qu’elle laisse échapper de nouvelles larmes, depuis qu’ils se sont retrouvés. Le sentiment de se briser un peu plus à chaque perle salée. Ce terrible sentiment d’impuissance, celui de ne rien pouvoir faire pour arranger la situation, que sur son visage les yeux humides cèdent la place à un sourire sincère. En une année entière qu’elle a passée à ses côtés, elle l’a bien rarement vu pleurer. Il contient ses émotions. Elle le sait. Et cela ne lui rend que plus douloureux le fait de le voir lâcher des larmes.

Elle lève le bras pour essuyer du bout des doigts la perle salée qui roule sur son visage, sentant sous ses phalanges la peau râpeuse de sa joue. Derme qui se voit couvert en cette fin de journée d’une mince repousse de barbe qu’elle ne lui connaissait pas avant, passage du temps bel et bien matérialisé. Une ébauche de sourire se dessine sur ses lèvres à l’entente des mots susurrés à son oreille, sourire amusé, sourire désabusé. Il lui pose une question dont il doit probablement déjà connaître la réponse. Pour avoir cohabité avec le père Pryor durant près d’un an, il le connaît suffisamment pour se douter que jamais il n’aurait laissé sa précieuse progéniture lui filer entre les doigts pour retrouver un Roméo qui lui sortait par les yeux. De la même manière qu’elle savait que la mère d’Oliver ne l’aurait jamais laissé en faire de même. Si le parent de l’un ou de l’autre s’était dans un premier temps plutôt bien entendu avec l’enfant de son compagnon, il s’était mis à le considérer comme un fruit du démon dès l’instant où il avait eu vent de la relation qui unissait les deux adolescents. Démon prêt à tout pour corrompre sa précieuse progéniture, l’entraîner sur la voie du péché, de l’immoralité – une immoralité absolument pas justifiée, mais soit. Doucement, elle secoue la tête, sans se départir de son léger rictus.

- Je ne lui ai même pas demandé son avis, en fait. Tu penses bien qu’il ne m’aurait jamais laissé partir, autrement. Je lui ai juste laissé un mot, en justifiant mon départ par mon désir d’entrer à Julliard… Ce n’était qu’une excuse, bien évidemment. Mais en réalité, je n’en pouvais simplement plus de tourner en rond chez moi, à me demander où tu pouvais bien être, si tu étais heureux… Je n’étais pas loin de sombrer dans la folie. J’avais besoin de partir, et je savais que jamais il ne me laisserait faire si je lui en demandais l’autorisation. Pour l’instant il n’est pas encore venu me chercher pour me traîner par la peau des fesses en Californie, donc j’imagine que c’est plutôt bon signe.

Léger éclat de rire qui s’échappe d’entre ses lippes, éclat de rire qui se perd dans un soupir au contact de ses lèvres contre la peau délicate de son cou. En réalité, elle n’a pas dit à son père où elle logeait à New York, et chercher quelqu’un sans davantage d’informations dans une ville d’une pareille envergure revenait à chercher une aiguille dans une motte de foin. Elle en avait bien fait l’expérience au cours des derniers mois, avec Oli. Mais c’est le passé, ce sont leurs parents qui s’évanouissent bien loin de son esprit lorsqu’il exerce sur elle pareille pression, capable de la faire plier en un instant au moyen de ses lèvres seulement.

Question qu’il pose et qui se perd dans le silence de la salle de musique. Interrogation qui la ramène brusquement à la réalité, proposition qu’il lui fait et qui sème le doute dans sa petite tête. Peut-être ne serait-il pas sage d’accepter son invitation. Peut-être est-ce trop tôt, peut-être serait-ce précipiter les choses, peut-être n’est-elle pas encore prête à retrouver le goût de ses lèvres, sa présence prolongée à ses côtés, son odeur enivrante qui l’envahit, l’entoure tel un nuage grisant. Peut-être. Mais peut-être est-il justement temps de saisir les chances lorsqu’elles se présentent, après avoir passé tant de temps loin l’un de l’autre. Peut-être est-il temps d’envoyer valser les « peut-être ». Et la sensation de ses lèvres dans son cou qui subsiste, brûlante comme marquée au fer rouge, ne fait qu’appuyer cette dernière idée. Envoyant valser ses craintes, crainte qu’il ait trop changé, crainte qu’elle ait trop changée, crainte qu’ils ne se correspondent plus, crainte que les évènements de ce début de soirée constituent une charge trop importante à encaisser pour elle en un seul coup, elle acquiesce d’un signe de tête, sourire en prime, mettant fin à l’intolérable silence que son hésitation avait mis en place.

- Ce serait avec plaisir, Oli.

Se libérant doucement de son étreinte, elle se baisse pour ramasser le sac qu’elle a laissé choir à ses pieds en découvrant devant elle le fantôme de son passé. Prête à repartir à son bras, à tirer un trait définitif sur ces quatre années de solitude et de tourments. Prête à prendre un nouveau départ, pour une nouvelle vie à ses côtés.
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