AccueilAccueil  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

 :: Make your wish :: Sky is yours :: New Moon Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

Luca Arrahmane | It's better to feel pain than nothing at all

avatar
My diary : Benjamine des Golden Sis, Fortune dérobée , Besoin d'expier mes pêchés ~
Mon surnom : Soeur Luca
Mon âge : 20
Mon signe astrologique : Balance
Dans la vie je suis : dévouée aux Astres
Catégorie Sociale : riche de la sagesse astrale
J'aime les : les Astres et seulement les Astres
Sosie de : Barbara Palvin
Double compte : :héhé:
Voir le profil de l'utilisateur
Sam 15 Avr - 0:02
Once upon a time
Luca Arrahmane


NOMI no longer have a name. I'm no one else but Luca. Just Luca. Please.
PrénomLuca.
ge19 years
Situation conjugaleAlone. Forever.
NationalitéAlgerian & american.
Situation financièrePoor.
Orientation sexuelleNot against new experiences.
Groupe”Signes d’air”
Type de personnageécrire ici
Caractère

J’avais été bien des choses, sociable, curieuse, optimiste, attachante, souriante, drôle. Une petite fille parfaite. Mais toutes ces belles qualités s’étaient fanées quand j’avais reçu une gifle pour la première fois de ma vie.
Comme la belle au bois dormants avait eu besoin d’un baiser pour être réveillée, j’aurais besoin du mien pour redevenir celle que j’avais été. Jusqu’à ce jour, je ne serai qu’une pâle copie de moi même, poupée de cire restée trop proche de la flamme dansante d’une bougie.
L’indécision caractéristique des Balances me collait à la peau comme une combinaison en silicone et n’avait même fait qu’empirer, toutes mes décisions étaient prises sur des coups de tête désastreux chargés d’impulsivité et d’imprudence. Je ne faisais plus attention, mon esprit était perpétuellement ailleurs. Mais rien de tout cela ne m’empêchait pour autant d’être charismatique, j’avais créé mon propre humour et mon ancienne personnalité s’était muée en quelque chose de bien plus intéressant. Je n’avais jamais été aussi égoïste, hypocrite, menteuse, mais surtout. Superficielle. J’appréciais la mode dans un nouveau registre, m’habiller comme une prostituée me plaisait plus que je ne voulais bien l’admettre. Mais il fallait me comprendre, mon coeur avait été grièvement blessé et le chagrin silencieux inhibait mes sens, j’avais besoin des hommes pour me rassurer et oublier. Quoi de mieux pour cela que la débauche et l'indiscipline ! Le couvent n’avait rien arrangé, au contraire, il avait seulement révélé une facette encore plus sombre de celle que j’étais. Si j’avais un jour eu besoin d’une relation stable, ce n’était plus le cas, j’écumais de nouveau les soirées et les boîtes de nuit pour saisir mes proies et les ramener dans mon lit. La douleur corporelle que je m’infligeais chez les soeurs ne me suffisait plus, j’avais besoin de nouvelles expériences pour effacer certains souvenirs de ma mémoire et quelque chose me disait que mon retour en ville me serait bien plus utile que ce que j’imaginais...

Histoire

Il était une fois. C’est ainsi que mon histoire commença, quatre mots très simples, comme le prologue d’une histoire heureuse. Mais détrompez-vous, vous ne trouverez pas de fin joyeuse à mon conte de fée, la princesse est maudite, les princes défilent dans son lit sans qu’elle ne puisse faire un choix et sa famille est brisée depuis bien des années...

11 Octobre 1997
« Set fire to the rain »

Je ne m’en souviens pas, mais je sais qu’il pleuvait le jour de ma naissance, les gouttes se coursaient sur la vitre de la chambre d’hôpital dans laquelle se trouvait ma mère. Le beau temps n'est apparu qu'à l'instant même où je suis née, faisant de moi le petit rayon de soleil de mes parents. Ils m'auraient bien appelée Sunbeam si ce prénom ne faisait pas poney, mais ils ont dû trouver quelque chose de plus subtile et infiniment plus beau. C'est comme ça qu'ils trouvèrent le prénom Luca, souvent donné aux garçons mais me convenant parfaitement puisque synonyme de "lumière" en latin. En grandissant, je ne fis qu'aimer davantage ce prénom, il était peu commun pour une fille, il surprenait les gens, me donnait un côté mystérieux. Je l'adorais tout simplement. Plus tard, il serait même la raison d'un voyage en Italie... Seule.
Mes deux grandes sœurs attendaient sur ce que l'on aurait pu appeler le seuil de la porte quand elles furent autorisées à entrer.
J’avais déjà découvert le visage de ma mère, les traits creusés par la fatigue et l’effort mais magnifique et lumineuse, à qui je ressemblerai bientôt plus que je ne l'aurais voulu. Je découvrais à présent celui de mon père et ceux d'Elena et Allycia.
Mon géniteur avait la peau plus foncée que celle de ma mère et des yeux bruns, presque noirs dans lesquels on pouvait lire tout l'amour qu'il avait déjà pour moi. Je fus présentée à ma plus grande sœur comme son cadeau d'anniversaire, elle avait alors 6 ans et fut autorisée à me prendre dans ses bras sous les regards surprotecteurs de mes parents. Je ne me débattis pas, au lieu de cela, je plantai mon regard bleu glacé dans le sien et lui souris. Allycia quant à elle était encore trop petite pour me porter, alors elle se contenta de délicatement caresser le haut de ma tête comme si j’étais un petit chien qui venait d'être adopté.
Mes deux sœurs ne se ressemblaient pas énormément, l'une aux cheveux et à la peau plus clairs que l'autre, mais une chose était sûre, rien ne pourrait jamais nous séparer.

13 Décembre 2001
« Being happy does not mean that everything is perfect, it means that you have decided to look beyond imperfections »

Les années passèrent plus vite les unes que les autres, j’appris à marcher, à courir, à tomber, à sauter, à dessiner, à écrire. Tant de choses merveilleuses qui paraîtraient ensuite bien banales. J’allai à l'école et me fis des tonnes d'amis, mais les meilleures amies que je pouvais avoir restaient toujours mes sœurs. A cette époque, mon seul ennemi était le temps. Il ne se contentait pas de passer tranquillement en me laissant profiter des années heureuses de ma vie, non, il filait à tout allure, me glissait entre les mains, s'échappait. Je ne me doutais de rien, je pensais que tout serait toujours pareil.
La neige tombait doucement au sol tandis que je courais vers mon père, la bouche grande ouverte, la langue tirée. Je frémissais quand les flocons froids fondaient au contact de ma langue, trébuchant soudain sur un énorme que cailloux que j’aurais vu si j’avais fait plus attention. Heureusement, mes parents étaient-là pour me rattraper, comme je pensais qu'ils le seraient toujours. Je ôtai mon sac de mes épaules pour le tendre à ma mère et aller courir loin devant, aux côtés de mes sœurs. La neige ne restait jamais longtemps dans cet endroit du monde, alors il fallait savoir en profiter. Je fis une boule de neige dans mes petites mains et me tournai pour la lancer sur mes parents en train de s'embrasser. Mon visage se tordit en une expression dégoûtée et je déclarai d'un air innocent:
-Berk, c'est vraiment dégoûtant. Moi, je ferais jamais ça. Ja-mais !
Naïve petite que j’étais.
J’observai la boule de neige dans ma main pendant deux secondes, tournai la tête vers Allycia qui me lança un regard approbateur, puis hochai doucement la tête avant de jeter le projectile sur les parents. Ils parurent surpris et se tournèrent lentement vers moi, Elena et Allycia.
-Oh oh...
Et mon père et ma mère fondirent alors sur nous comme des aigles sur des souris. Je partis en courant et en criant, puis soudain, plus un bruit, les parents avaient disparu.
-Ils sont où ?
Je ramassai doucement une boule de neige pour pouvoir me défendre en cas d'attaque, mes sœurs firent de même.
-Attention, ils sont peut-être encore par là...
Nous revînmes sur nos pas, les sens aux aguets, mais je ne pus m'empêcher de rire en voyant mes parents dépasser de derrière un panneau. Je riais tellement que j’en avais mal au ventre. Ils profitèrent de ce petit moment de distraction pour se jeter sur nous, toutes boules de neige dehors et nous bombarder dans des cris de guerre menaçants. Après que les deux camps aient épuisé leurs stocks et commencent à être fatigués, tout le monde monta dans la voiture pour retourner à la maison.
Ç’avait était une journée vraiment banale mais tellement heureuse. J’aurais aimé que ça reste toujours comme ça.

2 Octobre 2003
« It is full of disputes, a happiness »

Le temps passait toujours plus vite, mais à présent il n'était pas mon seul ennemi. Alors que ma vie n'avait jusque-là été faite que de joies, je découvrais la facette obscure du monde, celle dans laquelle beaucoup se noient.
Depuis peu, mes parents avaient trouvé un sujet de discorde, j’ignorais qu'est ce qu'il était, mais il était tenace. Tellement tenace qu'ils en parlaient tout le temps, ils ne pouvaient pas avoir une conversation sans finir par se fâcher et se dire de méchantes choses. Ils ne dormaient même plus dans la même chambre et j’avais l'impression qu'ils faisaient tout pour ne pas se croiser, même si cela impliquait ne pas nous croiser non plus. Une réunion de crise avait été organisée dans ma chambre, les participants étaient Elena, Allycia, mes dizaines de peluches et moi. J’étais debout devant la petite assemblée, une craie à la main.
-Papa et maman sont plus gentils entre eux, et nous on veut quoi ? Que tout soit comme avant.
-J'ai une i...
-Tu n'as pas la parole, la réprimandai-je dans un regard assassin, Ponpon, tu peux parler.
Je laissai la peluche "dire ce qu'elle avait à dire", puis je décidai -comme la petite dictatrice que j’étais- que c'était une mauvaise idée et que celle d'Ally serait sûrement meilleure. Je pointai alors ma craie rouge dans la direction de mon ainée pour lui indiquer que cette fois-ci elle pouvait parler.
-Donc comme je disais, j'ai une idée. Je m'occupe d'aller chercher maman et de l'emmener dans le salon et toi Elena, tu t'occupes de Papa.
-Et moi je fais quoi ?
-Laisse-la finir.
-Toi pendant ce temps, tu vas chercher un jeu que tout le monde aime bien et tu l'emmènes. Ensuite, on leur fait les yeux mignons pour qu'ils acceptent. Et ils vont accepter. Puis on les met dans la même équipe, on les laisse gagner et tout redevient comme avant.
-Parfait ! Je vais chercher le jeu !
Et je détalai vers la salle de jeu dans laquelle étaient entreposés des dizaines de jeux de société qui prenaient la poussière depuis que les parents s'évitaient. Mes yeux brillèrent quand j’aperçus la boîte colorée de l'un des jeux auquel je n'avais pas joué depuis longtemps. Je grimpai sur une sorte de mini escabeau et m’en saisis en faisant au passage tomber quelques cartons.
-J'ai le jeuuuuu !
J’entrai dans le salon, l'air triomphant, la boîte au dessus de la tête. Mon père et ma mère étaient là. Pas assis sur le même fauteuil mais ils étaient là, c'était déjà ça.
Je me postai devant tout le monde et expliquai rapidement les règles du jeu:
-Alors, le jeu s'appelle Mytho, vous connaissez mais j'explique quand même. On va faire deux équipes: les enfants contre les parents, ma mère tenta de m'interrompre mais je lui lançai un regard noir: chut, c'est moi qui parle. Donc comme je disais, les enfants contre les parents. Il y a cette petite carte d'insecte vert, quand on l'a on ne peut pas se débarrasser de ses cartes autrement qu'en jouant, l’objectif de ce personnage est de voir quand les autres trichent. Puisque le but du jeu c'est quand même de tricher. Ok ?
Tout le monde hocha la tête et la partie pu commencer. L'insecte vert était ma soeur Allycia. Je me débarrassai agilement de mes cartes, pour avoir joué à ce jeu des centaines de fois, mais plus lentement que d'habitude pour laisser les parents gagner. Soudain, Papa se leva de sa chaise et clama d'un air triomphant:
-Finiiiii !
J’ouvris grand les yeux, jamais je n'avais vu quelqu'un se débarrasser de ses cartes aussi vite. J’allais lui rappeler que Maman aussi devait gagner pour que son équipe soit triomphante, mais cette dernière demanda d'un air piquant:
-C'est pas trop compliqué de gagner quand on est tricheur professionnel ?
Je fronçai les sourcils, ne comprenant pas vraiment ce que cela voulait dire. Apparemment, mes sœurs ne comprenaient pas non plus et la partie se termina là, sur le départ de ma mère puis de mon père.
-Game Over...
-C'est impossible de les réconcilier, ils sont trop têtus !

18 Novembre 2003
« For each end, there is always a new beginning »

-La fête ! La fête ! La fête la fête la fête !

J’étais installée à l'arrière de la voiture, tapant en rythme sur mes jambes pour que Papa et Elena se pressent un peu. Cette fois, je n'avais même pas boudé parce que je n'avais pas eu la place devant, je me contentais de la banquette arrière car tout ce que je voulais, c'était aller à la fête foraine dont tout le monde parlait. J’étais un peu déçue que Allycia ne vienne pas, mais je m’en remettrai. J’attachai ma ceinture et la voiture démarra dans un rugissement qui ne me fit que redoubler d’impatience.
Arrivée à la fête foraine, je savais déjà tout ce que tu voulais faire et comme toujours, tout le monde approuvait mes choix sans même que je n’aie à faire les yeux doux. C'est ainsi que nous fîmes la moitié des manèges, que nous achetâmes une barbe à papa et que nous nous retrouvâmes au fameux stand de tir à la carabine. C'était quelque chose qui me fascinait énormément et inexplicablement, en fait, je rêvais probablement de savoir me servir d'une arme comme celles posées sur le stand. Mon père tendit un billet au type censé remettre des ballons dans les sortes de petites boîtes derrière lui, en échange de quoi il lui confia un capuchon de confiture -probablement- rempli de petits plombs. Papa me fit un clin d’œil avant de charger la carabine et de tirer sur un ballon qui éclata, puis sur un deuxième et un troisième. Mes yeux brillaient, émerveillée par tant de talent. A la fin de la partie, le gars aux confitures indiqua toute une ribambelle de cadeaux du doigts, dont une peluche girafe obèse. Sachant pertinemment que c'était celle que je voulais sans même avoir à me lancer un seul regard, Papa demanda au jeune homme de la décrocher, lequel la lui donna avant qu'il me l’offre à son tour. Je la serrai alors si fort dans les bras que les yeux de la pauvre bête faillirent s'échapper de leurs orbites. C'était la plus jolie girafe obèse que j'avais jamais vue et elle s'appellerait Mademoiselle Biscotte.
Je caressai le crâne doux de la peluche pendant tout le trajet du retour, lui chuchotant à l'oreille:
-Quand on va rentrer, je vais te présenter à maman et à Allycia, elles vont être super contentes ! Tu pourras dormir dans mon lit si tu as envie, Ponpon risque de pas être très content mais il a déjà eu mon lit pendant au moins... longtemps ! Alors il a pas le droit d'être égoïste parce que c'est pas bien. Je t'aime déjà Mademoiselle Biscotte !
Quand j’arrivai devant l'appartement, tout avait l'air très calme, la porte était ouverte alors j’appuyai sur la poignée et la poussai, un sourire jusqu'aux oreilles. Soudain, la porte heurta quelque chose, ou plutôt quelqu'un. J’entendis les sanglots de quelqu'un et perdis alors mon sourire. Voir les autres malheureux ne me réjouissait que très rarement...
-Allycia ? C'est toi ? Je peux rentrer s'il te plaît...
La porte finit de s'ouvrir et je découvris ma grande sœur qui pleurait dans l'entrée, seule... Je m’approchai d'elle pour la prendre dans mes petits bras tandis qu'elle expliquait ce qui c'était passé. Maman était partie, pour toujours. Je me mis à pleurer, la douleur était trop forte pour être contenue par une petite fille de 6 ans, alors, je la laissai m'envahir, plongeant mon visage dans les vêtements de mes sœurs qui m'avaient elles aussi prise dans leurs bras. Je ne pouvais pas arrêter mes pleurs, j’étais incapable de réaliser que ma mère m'avait lâchement abandonnée, sans dire un mot. J’essayai d'abord de me souvenir de ses dernières paroles, mais je n'y parvins pas, mon esprit tout entier était submergé par la tristesse, je ne pouvais pas penser à autre chose qu'à maman que je ne reverrais jamais plus...
Je réussis à trouver le courage de relever la tête vers Elena et Allycia et de demander, la voix tremblante et le visage ravagé par les pleurs:

-Nous trois on divorcera jamais, hein ?
-Non, Luca répondit Allycia.
-Jamais, compléta Elena.

16 Février 2006
« Goodbye, sweetie »

Je me souviens, il faisait froid dehors ce jour-là, ce vent glacial avait survécu à la fin de l'hiver et papa avait insisté pour que je mette l'horrible veste qu'il avait achetée en pensant qu'elle me plairait. Je n'avais rien dit, me contentant de l'enfiler sans un mot. Même si cela ne me réjouissait pas, voir mon père heureux me comblait de bonheur, je n'avais besoin de rien d'autre, tout était parfait et je pensais alors que seul le retour de ma mère aurait pu inscrire cette journée à jamais dans ma mémoire. Je me trompais. Une fois de plus.
Pour mon plus grand plaisir, la journée était passée assez vite et j’allais enfin pouvoir retrouver mes deux grandes sœurs. Le bus se gara à une dizaine de mètres de chez moi, et machinalement, je rentrai à la maison, suivie par mes deux ainées qui acceptaient -probablement par charité- que je dirige le petit groupe. Bientôt, l'imposante bâtisse qu'était l'immeuble dans lequel nous vivions apparu au coin de la rue, faisant naître un sourire particulièrement malicieux sur ma petite bouille. Je saluai le portier, puis m'élançai dans le hall en sautillant sous les regards désapprobateurs de certains adultes qui passaient par-là. Je m'approchai des deux grandes portes brillantes de l’ascenseur et appuyai sur le bouton pour l'appeler en feignant d'avoir des pouvoirs magiques. D'une main, je cachais la petite lumière qui clignotait et j’agitais l'autre devant la porte en récitant, les yeux à moitié clos:
-Ascenseur. En ces lieux. Je te convoqueuh !
Je poussai un cri victorieux quand les portes du-dit ascenseur s'ouvrirent sous mes ordres, jaugeant du regard mes deux sœurs, persuadée qu'elles n'étaient pas capables de faire la moitié de ce que je pouvais faire.
Je montai dans le calme, jusqu'à ce que je pose mon regard malicieux sur Elena, puis sur Allycia, un sourire farceur étirant mes lèvres. Je fis mine de tousser plusieurs fois pour attirer leur attention jusqu'à ce qu'Elena soupire et demande:
-Qu'est ce qu'il y a ?
-Rien rien...
Étant donné que ma sœur n'insistait pas plus que cela, je réitérai l'opération, mon regard glacial cette fois rivé sur Allycia.
-Bon qu'est ce que tu veux à la fin ?
Je clignai doucement des yeux, puis secouai la tête de gauche à droite, voulant faire croire que je me demandais si je devais leur dire ou pas. Après avoir "réfléchit", je leur fis signe de s'approcher avant de chuchoter comme si c'était un secret:
-D'accord, si vous insistez, je vais vous le dire. Elena leva les yeux au ciel, mais je ne m'attardai pas sur ce détail, J'ai fait un... dessin pour papa !
Je brandis le-dit chef-d’œuvre d'un air triomphant, un sourire jusqu'aux oreilles.
-Vous pensez que papa va être content ? C'est lui que j'ai dessiné. On dirait qu'il est un peu tout mort, mais il est pas tout mort en vrai alors c'est pas grave, hein ? Vous pensez qu'il va le détester alors ? Et si il pense que je le déteste ? Oh non ! Comment je vais f...
-Luca !
-Oui ?
-Papa va adorer ton dessin, je suis sûre qu'il va même l'accrocher sur le frigo et le montrer à ses copains. Est ce que tu peux te taire maintenant ?
Je hochai vivement la tête et souris niaisement jusqu'à arriver devant la porte d'entrée.
-Elena !
J’attrapai la main de ma sœur qui fit volte face.
-Papa, il va accrocher mon dessin avec l'aimant du petit chat ?
Elle remit une mèche de cheveux derrière mon oreille, rit un peu et répondis à ma question en souriant, l'air attendri:
-Je suis sûre que si tu lui demandes, il l'accrochera avec l'aimant du petit chat et même avec l'aimant du dinosaure !
J’ouvris les yeux en grand et plaquai tes mains sur mes joues, froissant un peu mon dessin au passage:
-OH ! LE DINOSAUUUURE OUAIS !
Allycia ouvrit la porte et j’entrai en sautillant, cherchant mon père du regard:
-Papaaa ! Je t'ai dessinééé-
Je m’arrêtai soudainement de bondir et mon visage se décomposa lentement, l'appartement était sans dessus dessous, les vases étaient brisés, il y avait des papiers partout, certains meubles étaient renversés. J’avais l'impression qu'une tornade avait ravagé l'endroit, et au beau milieu des décombres, un corps. Le corps de mon père.
Mes ainées avaient réagit plus vite que moi, se précipitant vers lui pour tomber à genoux à ses côtés, ne cessant de l'appeler dans l'espoir qu'il revienne. Mais son corps était froid et son cœur avait cessé de battre depuis longtemps. Je m'avançai lentement au milieu de la pièce ravagée, les yeux noyés peu à peu par les larmes. Je libérai le dessin de mon emprise, il plana doucement pour ensuite disparaître au milieu des décombres.
Mes sœurs me prirent dans leurs bras et nous restâmes ainsi assises par terre, à pleurer toutes les larmes de nos corps.
Mon cœur tambourinait contre ma poitrine. Celui de mon père, lui, avait arrêté de battre.

26 Novembre 2006
« I'm just sick of pretending to be happy »

Tout autour de moi avait changé, moi aussi j’avais changé. Je ne vivais plus chez moi, mais chez mes grands-parents. Ma famille n'était plus la même. Mais le pire, c'était que je devais faire semblant d'aller bien. Avant tout cela, ma vie n'avait été que joie, et puis cette vie s'était petit à petit dégradée. Il y avait eu les disputes, puis l'abandon et enfin la perte. Aucun enfant ne survit à cela et encore moins une gamine de 9 ans.
Je priais chaque jour le ciel pour qu'il ne m'enlève pas quelqu'un d'autre. Une prière pour ma sœur Elena, une prière pour ma sœur Allycia, une prière pour ma grand-mère et mon grand-père même s'ils ne m'aimaient pas, et une prière pour tous les autres.
Mais personne ne devait savoir tout cela, tout le monde devait penser que tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Alors chaque nuit, j’attendais que mes sœurs s'endorment pour me libérer de mes pleurs, je m'effondrais à chaque fois que j’étais seule, sous la douche, à chaque fois que personne ne pouvait m'entendre. Tout était de ma faute, ma mère était partie peu après ma naissance et mon père était mort après que ma mère soit partie, je ne voyais pas d'autre hypothèse possible. Jamais je ne me fis de mal, Elena était trop protectrice pour ne pas s'en rendre compte et de toute manière, je ne souhaitais pas que mon corps porte les marques des erreurs du passé. Cette petite dépression dura près de deux ans, deux ans pendant lesquels la vie n'avait plus de saveur.
Et puis un jour, Elena et Allycia déclarèrent qu'elles avaient à me parler. Je grimpai à l'étage où se trouvait ma chambre, puis je pris place sur mon lit, assise en tailleur:
-Qu'est ce qui se passe ?
J’avais peur qu'elles aient découvert que je n'étais pas bien. En même temps, cela m’aurait soulagée et aurait peut-être pu me permettre d'aller mieux, mais la raison de cette petite réunion de famille n'était pas du tout ce à quoi je m'attendais.
-Écoute, si nous avons voulu te parler, c'est parce que grand-mère a avoué quelque chose à Allycia.
Elle donna un petit coup de coude à la-dite Allycia qui s'avança un peu et commença à raconter:
-Alors voilà, Mamie m'a dit pourquoi est ce que maman est partie et pourquoi est ce que Papa est...
-Parti, Allycia, pourquoi est ce que Papa est parti.
-Oui. Il y a quelques années et depuis longtemps, Papa n'était pas seulement un riche homme d'affaire, il baignait dans des complots louches de pétrole. C'est pour cela qu'il est... parti. Et maman n'a pas supporté qu'il lui ait menti pendant toutes ces années, alors elle a divorcé et nous a laissées.
Les larmes roulèrent doucement sur mes joues, pas la peine de les retenir cette fois, j’avais une bonne raison de pleurer. Alors je me laissai aller, me débarrassant de toute cette tristesse accumulée pendant deux années entières. Et la vie pu enfin reprendre son cours.

14 Juin 2012
« You've got a new story to write. And it looks nothing like your past »

Elena était partie trois ans avant que nous puissions la rejoindre, moi et Allycia. J’attendais cela depuis l'instant où elle s’était en allée et voilà que ça arrivait enfin ! J’avais subit une sorte d’émancipation pour que mes grands-parents n'aient plus ma garde et je vivais à présent sous la tutelle de mes deux sœurs.
Grâce à l'héritage de Papa qu'Elena et Allycia avaient touché à leur majorité, nous nous achetâmes une sorte d'immense manoir.
-Je prends le grenier ! Ou une tour ! Ou un étage entier !! L'endroit le plus glauque. Mais pas la cave. Quoi que... Je veux aussi la cave !!!
Je lançai un regard en biais à l'homme qui se trouvait dans l'entrée, il devait avoir la cinquantaine et était habillé d'un costard cravate comme si il allait en soirée. Je reluquai son noeud papillon qui aurait été terriblement bien avec l'une de mes chemises, puis me rendis compte que c'était le type qui se trouvait dans la voiture avec moi et mes soeurs.
-Tu t'appelles Olivier ?
-Oui mademoiselle.
-Tu aimes Batman, Olivier ? Évidemment que tu aimes Batman, bon eh bien à partir de maintenant tu t'appelleras Alfred !
-Pardon ? Je... mais... je n'ai jamais entendu ça de toute ma carrière... Euh... Vous n'avez pas le droit de faire ça, mademoiselle...
Je lui lançai un regard de tueur et il se reprit:
-Oh oui, d'accord, je m'appelle Alfred. Ouais ! J'adore ce prénom, c'est moi Alfred !
-Alfreeeeed, tu pourras m'apporter mes valises steuplait ?
Elena me lança un regard désapprobateur mais je fis mine de ne pas m'en rendre compte, lançant même au pauvre gars:
-Et Alfred, tu pourras me faire couler un bain à la fraise ? Merci !
Et c'est à ces mots que j’entrai dans le château en passant devant le majordome si vite qu'il ne vit qu'un éclair aux yeux bleus malicieux.
En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, j’avais pris possession du grenier qui était presque aussi grand qu'un étage et de la cave où étaient entreposés pleins de vieilles choses. C'était particulièrement glauque, j’avais si peur que j’en avais la chaire de poule, mais j’adorais ça ! Il ne me fallut pas longtemps pour faire de la cave un coin sympa avec des canapés et une sorte de mini-cinéma et du grenier une chambre magnifique avec un éclairage parfait -qui ne faisait qu'accentuer ma beauté- et un dressing gigantesque.
Cette nouvelle vie ne pouvait pas être plus parfaite.

11 Octobre 2015
« I love the person I've become, because I fought to become her »

J’atteins également ma majorité, devenant à mon tour aussi fortunée que mes sœurs et pour célébrer cela, je fis organiser une grande fête à mes frais dans la boîte de nuit que tenait Allycia. Je n'avais jamais vraiment été centrée sur les études, tout simplement parce que l'école était une perte de temps pour moi et que les choses s'apprenaient en vivant sa vie et pas dans les manuels, mais j’avais tout de même décidé de faire des études en art car c'était quelque chose qui me passionnait. A côté de cela, j’enchaînais les petits boulots, changeant à chaque fois que l'envie m'en prenait et autant que je le voulais. J’avais assez d'argent pour ne pas travailler, mais cela me permettait de faire des rencontres et me montrait ce qu'était la vraie vie. Ce que je préférais mais qui n'était pas rémunéré, c'était travailler en temps que DJ dans la boîte d'Allycia. Même si Elena n'approuvait pas vraiment cela, c'était un véritable moment de plaisir. Voir les gens apprécier votre art, c'est tout simplement merveilleux.

2016
« I am the architect of my own destruction »

Et puis tout c’est enchaîné, le temps a défilé sans s’arrêter une seule seconde, ravageant tout et tout le monde sur son passage. Cet être maudit s’apparentait pour moi à une catastrophe naturelle. Un volcan sur le point d'exploser, un tsunami menaçant de s'écraser sur les villes côtières.
Tout allait d’abord pour le mieux, ma vie ressemblait davantage à une fête qu’à quoi que ce soit d’autre et il était même possible de croire que l’alcool coulait dans mes veines comme le sang doré des dieux. Au fil des jours, les effets de la boisson ne devenaient pas moins forts, mais les lendemains étaient plus agréables, sans mal de tête continuels. J’avais les avantages avec moins d'inconvénients.
Les Golden Sis, comme le nom que l’on aurait pu donner à un gang de nanas en colère, se portaient à merveilles. Évidemment, les disputes n’étaient pas inexistantes, nous n’étions pas la petite famille parfaite et nos réputations nous précédaient bien souvent. Les jaloux donnent des étiquettes, c’est ce qu’ils avaient fait avec nous même s’ils tentaient de s’en cacher. Nous étions les soeurs Arrahmane, les trois trainées auréolées de richesse, vivant dans un manoir aux allures intérieures de palais où défilaient -d’après la légende- les gars à longueur de journée. J’avais d’abord été blessée et puis j’avais finit par réaliser que je n’avais que faire de ces rumeurs, mes soeurs et moi n’étions pas des animaux, capables de ne pas coucher avec le premier qui passait et sous les yeux de nos soeurs qui plus est. Les mecs avaient souvent été au coeur de nos disputes, mais la famille avait toujours été plus forte. Pourtant, tout était doucement partit en vrille.
Comme un iceberg semi-immergé, cette partie longtemps enfouie sous des eaux noires et dangereuses commençait à remonter à la surface.
Les adoptions -et vols- récents de PLS, Fourchette et une petite tripotée d’autres bestiaux avaient réveillé chez ma plus vieille soeur une sorte d’animosité que je ne lui connaissais pas. Elle ne supportait pas ma chèvre ? Elle allait la voir tous les jours. Je jouais avec les nerfs de la pauvre Elena comme on joue avec une corde à sauter, les malmenant en me demandant si une psychologue pouvait finir par craquer. C’était un exercice sadique, mais bizarrement, j’avais toujours agit de cette manière avec elle, contredisant ses décisions et n’en faisant qu’à ma tête depuis mon plus jeune âge sans jamais me soucier de ce qu’elle pouvait bien ressentir.
Et tout avait finit par nous éclater au visage. L’iceberg était à présent exposé aux regards curieux des gens qui se délectaient de chacun des secrets pouvant recouvrir sa surface.
Ma guitare avait disparue, j’avais accusé Ally, notre soeur s’en était mêlée, j’avais été traitée de princesse pourrie gâtée et des mots qui n’auraient jamais dû être prononcés l’avaient été.

“Je vous déteste”.

Ces mots avaient jailli de ma bouche comme du venin avant même que je n’ai le temps de les arrêter, ils s’étaient faufilées entre mes dents pour gifler mes aînées en plein visage. Nous nous étions fait une promesse solennelle qui avait été brisée ce jour-là.
La Luca que tout le monde connaissait était morte. Peut être pour la vie…
Quelques temps plus tard, tout ce qu’il me restait me fut enlevé, ma maison, mes affaires. Tout. Mais je n’en avais plus rien à faire, la seule chose qui avait toujours comptée pour moi était ma famille et je l’avais déjà perdue.

16 Février 2017
« It's better to feel pain than nothing at all »

Je me réveillai sur un matelas dur comme la pierre, un bras se balançant dans le vide, le visage noyé par des larmes salées. J'avais une fois de plus pleuré en songes. Je me trainai lentement hors du lit pour aller prendre une douche. L’eau était encore chaude à cette heure de la journée. Je tournai le robinet pour qu’elle devienne brûlante et la dirigeai sur le haut de mon dos. Ma peau rougissait sous l’effet de la chaleur mais je ne cillai pas, c’était une façon pour moi d’expier mes péchés, de faire s’envoler ma peine. Depuis peu, ma dévotion aux astres ne suffisait plus, nos seigneurs avaient occupé tout mon esprit pendant un temps mais les cauchemars étaient revenus et le chagrin aussi. La douleur était une expérience nouvelle et efficace. Je voulais ressentir autre chose, j’en avais BESOIN.
Je m’approchai d’un grand miroir et posai mes mains de part et d’autre du lavabo. Les cernes soulignaient mon regard bleu et mes joues étaient creusées par la faim et le chagrin. Ma beauté s’était ternie et la seule chose que j’avais gardée de mon ancienne vie était un prénom.
Voir la chèvre, le chien ou même la voiture n’aurait rien arrangé. L’Enfer sur Terre m’avait happé à l’instant même où la guitare avait disparut.
Je scrutais mon reflet dans le miroir. Un médaillon représentant la constellation de la Balance se balançait devant ma poitrine nue, mon corps était couvert de bleus violacés et des cicatrices strieraient bientôt mes poignées.
La robe de bonne soeur que j’enfilai cacherait vite ce tableau pathétique et étoufferait mon appel à l’aide silencieux.
Je n’aurais jamais pensé devenir cette fille là, mais la vie vous pousse à faire des choix stupides...


A votre propos

Pseudo : Lily
Age : 15 yrs
Commentaire : Toujours aussi beaaaaaaau *^*
Pays/région
: France - Auvergne
Fréquence de connexion : Dès que je peux
Longueur de rp : Habituellement moyennement longs (800-1000 mots) mais tout dépend de mon coéquipier
Comment as-tu découvert le forum ? : …
Quelque chose à ajouter ? : Je vous aime, putain



Code:
<b>Personnalité</b> ⠇Barbara Palvin
<b>Arrahmane</b>
<b>Luca</b>
Revenir en haut Aller en bas
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SHINE :: Make your wish :: Sky is yours :: New Moon-
Sauter vers: