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A Certain Romance - Jonander

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Sosie de : Alex Pettyfer
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Lun 17 Avr - 2:15
Le Chili devait être une expérience inoubliable pour moi. Je n’avais pas été déçu. L’expérience folle, je l’avais vécue, peut-être pas de la façon voulue, mais je l’avais vécue. Ne dit-on pas que toute expérience est bonne à prendre ? Si, on le dit. Et bien je l’avais prise, et plutôt deux fois qu’une. J’étais parti pour un simple voyage d’étude et j’étais revenu sur un brancard. Pas vraiment l’idée que je m’étais faite de ce séjour scientifique avant de partir, mais bon… Je suis toujours en vie, j’imagine que c’est bien là l’essentiel. Parce que j’aurais pu mourir et connaissant le coup d’une expédition sous-marine, je ne pense pas que des recherches auraient été menées pour retrouver mon corps. Et puis il y a aussi le courant de Humboldt qui aurait certainement déplacé mon corps à des milliers de kilomètres du lieu de l’accident, rendant les très hypothétiques recherches encore plus compliquées. Je peux vous expliquer simplement ce qu’il m’est arrivé. Enfin c’est vraiment si vous le souhaitez hein, je ne vous oblige pas. Je vous explique ? Ah, vous n’avez pas trop de temps dans l’immédiat, je comprends. Une prochaine fois alors !

A peine avais-je posé le pied sur le sol californien – ou plutôt la roulette de mon brancard – que les ennuis étaient venus me rendre visite. A commencer par l’université. Pour faire court, elle ne voulait plus de moi comme étudiant et coupait mes vivres avec effet immédiat. Normal, j’étais totalement coupable de ce qu’il m’arrivait et j’avais mis leur responsabilité en danger. Plus d’entrée d’argent et plus de toit donc. Embêtant. L’hôpital répondait finalement à un de ces deux besoins, c’était déjà ça. Le plus marrant dans l’histoire ce que c’est un avocat de l’université de San Francisco qui m’a donné la lettre de l’université de New-York. Cocasse comme situation, vous ne trouvez pas ? Non ? Ah. Bref, c’était là la dernière fois que j’avais affaire à un représentant de ma désormais ex faculté. Par contre, je devais quitter la ville au plus vite pour enchaîner sur le programme universitaire de New-York sans trop de retard. Seul hic : mon état de santé. Mes poumons avaient pris un sacré coup d’après les médecins et j’avais beau leur dire que je savais très bien comment prendre soin de moi, n’étant pas si différent que ça d’un mammifère marin que je connaissais par cœur, rien n’y faisait, ils ne voulaient pas interrompre mon hospitalisation. J’avais donc été transféré de San Francisco à New-York par un vol médicalisé, le tout sur mes économies, évidemment. Voilà pourquoi j’étais là, endormi dans un hôpital de la côte est.

Le lendemain, ce n’était pas l’infirmier qui m’avait réveillé. Pas la doctoresse non plus. Non, j’avais été réveillé par ce que j’avais d’abord pensé être le bruit des chariots dans le couloir. Puis je m’étais rendu compte que les bruits étaient bien plus proches que ça. Un peu dans le gaz, mes yeux ne s’étaient pas ouverts immédiatement et mes côtes douloureuses empêchaient tout mouvement trop brusque. Caché derrière mon masque de Bane dans Batman – quoi que non, plutôt de Maverick, dans Top Gun, j’ai toujours été plus film d’avion que de sup… Hmm… Pardon. Caché derrière mon masque respiratoire, je parvins finalement à émerger, m’extirper de ce sommeil pas vraiment reposant. Les appareils médicaux électroniques étaient déjà en pleine symphonie, le soleil avait commencé sa journée de travail sur notre face du globe depuis quelques heures déjà à en croire le réveil que je pouvais voir du coin de l’œil, bref, le monde n’avait pas cessé de tourner pendant ma nuit.

Mes muscles finirent par se réveiller à leur tour, pas qu’ils aient une conscience indépendante, c’était une phrase imagée en fait. Ah, vous aviez compris. Au temps pour moi. Je pus finalement pencher la tête sur le côté. Ou la laisser tomber sur le côté plutôt. Pas vraiment une question de muscles du coup. Plutôt de gravité, telle que définie par Isaac Newton. La vue un peu obstruée par le fameux masque de Bane-Maverick, je n’ai pas tout de suite reconnu le jeune homme brun que j’avais à mes côtés. Je n’y ai pas prêté plus attention que ça et ai reporté mon attention droit devant moi. Être un patient portait bien son nom, parce que c’était justement ce qu’il fallait être. Patient. La journée allait être rythmée par les visites du corps médical qui allait sans cesse me répéter ce que je savais déjà : j’ai besoin de repos, encore quelques jours ici. Mon premier logement new-yorkais aura été cette chambre, avec un colocataire inconnu. Attendez… Son visage. Il me dit quelque chose ! Cette fois ci, ce sont bien mes muscles, ceux du cou pour être plus précis, qui ont déplacé ma tête sur le côté pour que je puisse le regarder à nouveau. Mais non ! Ça ne pouvait pas être lui ! Je ne pouvais pas être dans la même chambre que ce mec qui m’avait regardé un jour comme on regarde une proie qu’on veut abattre ! Je ne pouvais pas être en train de partager ma chambre avec @Nate Martinez ! Je devais être en train de rêver. Halluciné et un peu apeuré, je l’avoue, je lâchai un Nate ? incrédule et un peu étouffé.


@Jolene Larsen
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Nate Martinez
Admin - Sagittaire
My diary : She said she want my lolly, she want to kiss the top
Mon surnom : El Mustacho quand je porte pas mes super lunettes jaune, une foi que je les porte je deviens Pablo Escobar
Mon âge : 25
Mon signe astrologique : Sagittaire
Dans la vie je suis : Etudiant et actuellement en alternance dans une maison d'édition
Catégorie Sociale : un gars lambda, pas trop de fric mais j'avais une mustang à San Francisco
J'aime les : brunes aux yeux couleur émeraude et la peau d'ivoire, les filles qui ont comme deuxième prénom Fran.
Sosie de : Ken Samaras
Double compte : Lexie la barmaide du Bronx
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Ven 21 Avr - 1:20
A certain romance
feat Jolene & Sander


Un mois déjà que je laissais cette affaire trainer. Trente et un jour que je me voilais la face, que je ne disais rien à personne. Que je cachais mon mal-être et que je réfléchissais à ma situation. Comment en étais-je arrivé là ? Comment à vingt-cinq ans pouvions-nous avoir une santé de merde comme ça ? C’est les premières questions qui avaient trotté dans ma tête lorsque le docteur m’avait annoncé que dans mon scanner et mon IRM des tâches sombres obstruée l’un de mes deux poumons et que d’ici peu, ça s’attaquerait au deuxième si je ne m’en occupais pas le plus rapidement possible. J’avais froncé les sourcils, pensant qu’il me faisait une boutade, qu’il m’effrayait un peu juste pour finalement me dire que j’avais simplement besoin d’une ventoline, un petit traitement à base de cortisone comme lorsque j’étais gosse. J’avais ris en lui disant d’arrêtais de m’embêter et j’avais vues son teint pâlir instantanément. Sa bouche se pincer et j’avais compris que non…. J’étais bel et bien dans la merde. Je m’étais alors assis de manière plus sérieuse dans mon fauteuil et j’avais demandé plus d’explication à celui-ci. Après un long discours avec des mots que je comprenais qu’à moitié dans son langage médicale, le docteur m’avait expliqué que ces tâches-là, elles représentaient parfaitement le comment du pourquoi j’avais autant de mal à respirer depuis quelques temps ; pourquoi j’avais du mal à monter les escaliers ; pourquoi inspirer me faisait autant mal à la cage thoracique. Je souffrais d’insuffisance respiratoire.

Complètement sous le choc, pas du tout dans l’attente d’apprendre une tel chose j’avais simplement demandé comme un idiot à ce professionnel de la santé si il était sûr de ce qu’il voyait… Tu parles d’une question intelligente … Même un gamin de cinq ans aurait compris en voyant les taches noircies sur la radio qu’il savait de quoi il parait, que ce n’était pas une blague et qu’au plus vite je m’en occuperais, au plus vite j’aurais des chances de m’en sortir, sans quoi j’avais des chances de finir ma vie sous assistance respiratoire ou même mort, ce qui était la fatalité de cette maladie. Ce jour-là, j’étais simplement sorti de mon rendez-vous avec le cœur lourd d’inquiétude, sans réaliser réellement ma situation. J’étais rentré à l’appartement, caché ma radio sous le matelas et j’avais continué d’être le même me disant que si je devais crevé, alors que dieu s’en occupe. J’avais alors continué ma vie habituelle sans en parler à Jolene, ni à ma sœur et encore moins à ma mère. Je ne savais que faire, quelle décision prendre. J’avais donc fait ma vie, ma routine et j’étais même partie faire la plus grosse fête de l’année dans les Hamptons pour avoir un superbe souvenir de mon ancienne vie.

Revenue à peine depuis quelques jours du cadre idyllique, propice à la fête et aux sept péchés capitaux. Je m’étais enfin décidé, à commencer mon traitement. Il était temps que j’agisse comme un homme et non plus comme un putain de gamin. Il fallait que j’agisse vite avant que ça soit fatale. J’étais donc retourné voir mon médecin pour lui demander plus de renseignement sur les types de traitement, ce qui serait le mieux pour moi. Et après avoir fait une batterie de prise sang et avoir été renseigné le maximum sur ce qui était faisable et pas faisable nous avions convenues d’un accord commun que j’aurais un traitement sur d’abord trois mois, alimenté à base d’oxygène et autre médicament vingt heures sur vingt-quatre et un repos maximal. Un programme génial, splendide et totalement impossible à cacher pour mes proches… J’allais même devoir mettre mon alternance en pause ainsi que mon année estudiantine. Une fois de plus, j’en avais parlé à personne n’ayant trouvé le courage de le faire. Et pourtant, en sortant de mon lit ce matin, en laissant Jolene dans mes draps alors que le soleil ne s’était même pas encore levé je savais ou j’allais ; je savais que je la laissais pour aller remplir les papiers de mon admission au Médical Center de NY et cela de mon plein gré.

Pendant plus de deux heures, les mains dans les poches de mon jean noir j’avais hésité à passer le pas, passer le cap des portes coulissantes de cet endroit lugubre, angoissant qu’étais l’hôpital. Si d’habitude j’étais plutôt vantard d’être un mexicain, de porter mes couilles comme personne. Cette foi, je me sentais livide, tremblant et surtout incapable d’aller à l’intérieur donner mon nom à l’infirmière pour commencer le début de la lutte. Bien au contraire, j’étais resté à l’extérieur assis sur un banc à me ronger les ongles en regardant l’astre solaire montrer le bout de son nez, j’avais en suite fait les quatre cent pas en me demandant ce que j’allais pouvoir bien dire à Jolene dans mon message vocal car comme un gros lâche, je ne lui dirais pas les choses en face. J’étais incapable de le faire et de voir son visage se décomposer devant moi, c’était le supplice, la chose en trop que je ne pouvais subir alors je le faisais comme un égoïste par le biais d’un message qu’elle entendrait au réveil. Bravo Nate Martinez, t’es le meilleur copain du monde.  Une foi avoir répété les mots un millier de fois dans ma tête j’avais alors pris mon courage à l’aide de mes deux mains tremblantes et j’avais composé son numéro, comme je le sentais je tombais sur sa messagerie et je soufflais presque de joie le bip sonore retenti, et c’est à moi de parler. « Coucou bébé… Heu … J’sais pas comment trop te dire ça mais … J’suis au Medical Center dans le Queens. J’avais un peu du mal à respirer ces derniers temps et j’suis allé voir le médecin … J’ai des soucis respiratoires. J’dois rester à là-bas du coup … T’inquiète me ramène rien, j’avais déjà préparé mes affaires. Donc, quand tu peux viens mais t’inquiète te prépare pas comme une folle hein ! j’te connais juste t’affole pas et n’en parle pas à Angela pour le moment. Viens et j’t’expliquerais tout…. Je t’aime princesse. » Je raccrochais et rangeait mon portable me dirigeant une bonne fois pour toute à l’intérieur de ce merdier d’hôpital.

De la paperasse à la con signée, une discussion avec mon médecin écouté et une tonne de test sanguin, radio et IRM et tous les autres trucs du genre pour constater l’état et l’avancée de mon problème après ; Tout semblait « parfait ». Ils avaient pu m’installer mon cathéter nasal et mes perfusions qui allait me suivre tout au long des trois mois et en prime ils me baladaient dans une chaise roulante comme si j’étais un putain d’handicapée. « J’pouvais marcher hein …. J’suis pas encore à l’article de la mort. » Ou pas encore du moins. Ils m’accompagnaient à ma chambre en me disant que celle-ci était provisoire, que d’ici quelques jours j’aurais une chambre à moi seule. « Ah ok, au pire c’est pas grave j’suis pas du genre associable ! » J’avais aucun mal à partager ma chambre avec un autre handicapé comme moi, au pire on se soutiendra…. Ils me font entrer dans la chambre et je m’installe sur mon lit de malade et en attendant que les infirmières rappliquent avec les produits et oxygène à me donner je regarde avec appréhension mon téléphone. Zéro appel, zéro sms de Jolene. Rien, nada. S’en est presque inquiétant. Je soupire et pose mon portable à mes côtés. J’ai à peine le temps de tourner la tête que j’entends mon prénom résonner dans la pièce. Etonné je tourne la tête sans comprendre qui m’appelle, ne reconnaissant pas la voix et là…. Alors là ….. Si je ne pensais pas voir quelqu’un ici, dans le moment le plus fatidique, le plus triste de ma vie c’était bien lui. En fait, depuis mon départ de San Francisco je ne pensais plus jamais revoir cette tête de con même. Je le fixe en clignant des yeux. « Heu … Ouais ? » Dis-je d’une voix rocailleuse, le toisant de haut en bas. Lui aussi avait l’air en mauvais état, pire que moi en fait … Car moi au moins, je venais de mon plein gré, j’étais encore sur pieds alors que lui semblait malade, épuisé et avait l’air d’être passé à la machine à lavée quatre fois. « Tu fous quoi ici ? T’es pas censé être à San Francisco toi ? » Pure curiosité, voix blasée par la situation. J’en reviens pas. Cortex complètement brûlant, en folie de voir la raison de mes disputes avec Jolene sous mes yeux, dans MA chambre d’hôpital. Finalement je ne risquais certainement pas de m’entendre avec mon voisin de chambre, j’espérais même presque que lui était au stade final, qu’il allait crever d’ici peu. Soupire qui sort d’entre mes lèvres, même dans la mort il faut qu'il me vole la vedette celui là.... Je suis bien content que Jolene ne soit pas encore là.

J’ai le temps de le tuer de mes propres mains, un petit coussin sur son visage et hop il sera mort d’ici cinq minutes le blond parfait, l’ami tant adoré.


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Elle te fait renaître un jour, le lendemain t'achève. Suspendu à ses lèvres, obligé de m'attacher la vérité vaut son pesant d'or, nos exemples sont trafiqués. J'suis en apesanteur, tout me semble sans gravité... J'attends la réussite des astres.
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Jolene Larsen
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«et si moi je suis barge de tes yeux, c'est qu'ils ont l'avantage d'être deux.»

Spring BreakSpring Break/girls

Mon surnom : miss fran
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Catégorie Sociale : je jette les billets en l'air comme si je pouvais me payer le paradis.
J'aime les : les mexicains à la moustache fine qui portent des casquettes roses, les mojitos passion, le captain morgan, brandir mon majeur au ciel.
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Ven 21 Avr - 7:16
A certain romance
feat Nate & Sander


Le retour à la réalité avait été dur, beaucoup trop dur. Deux semaines entières de Spring Break, à ne vivre que de pizza, de chips et d’alcool en tout genre, à fumer un peu trop. Ces deux semaines ont toujours été sponsorisées par le vice, mais je crois que cette année, on a battu des records. Parce que toute la troupe s’est retrouvé à New-York. Parce que le karma a décidé qu’on vivrait une sale année. Parce que chaque année, on invente plus de conneries. Celui qui a dit qu’en grandissant, on devenait plus mature n’a pas fêté le Spring Break avec la jolie bande que nous sommes. L’alcool coulait tant à flot qu’on aurait pu croire que Tempérance avait signé un contrat de partenariat avec un distributeur. On n’a jamais manqué d’alcool, pas une seule fois, pas d’une goutte. J’ai vomi je ne sais combien de fois, j’ai oublié la moitié de ce qu’il s’est passé. Tout ce que je sais, c’est qu’en rentrant à New-York, même si j’avais une gueule de bois à concurrencer le junkie d’en bas de la rue, j’étais bien. Ironiquement, j’étais reposée. Pendant deux semaines, on s’était éloignée du stress de New-York. Je n’avais plus derrière moi Tania-la-chieuse qui m’en veut encore de sortir avec Nate. Hahah, bitch, à quel moment tu as pu pensé avoir une chance contre moi ? C’était tendu, au travail. Avec Gary et le reste de l’équipe, tout se passe à merveille. J’ai des responsabilités qui me permettent d’accroître mon réseau, de faire mes preuves dans ce monde obscure, d’apprendre encore plus auprès des meilleurs. Seulement, avec Tania qui souffle comme un bœuf au dessus de mon épaule, c’est mettre ma patience à rude épreuve. Je sais qu’elle n’attend que ça. Que je fasse une erreur pour que je sois dégagée de l’entreprise. Je ne sais pas pourquoi elle est autant jalouse de moi. Elle n’a aucune raison. Et ça ne concerne pas seulement Nate, ça me désolerait pour elle. Non, elle est jalouse, même au travail, alors que Gary passe son temps à faire son éloge. Et Gary ne fait ja-mais d’éloge.

On est rentré depuis pratiquement une semaine, et je ne reprend le travail que la semaine prochaine. Cette semaine est une semaine de cours, et mon emploi du temps a été allégé -à cause du Spring Break- mais également à cause des examens de mi-semestre qui approchent un peu trop vite. J’étais donc quasiment tout le temps à l’appartement de Nate. Je n’ai pas officiellement emménagé chez lui, et meme si je me sens chez moi, je n’arrive pas à dire « chez moi ». Je me sens à la maison, parce qu’il est là. Mais ma peur du karma m’empêche d’aller trop vite. Je connais l’emploi du temps de Nate, il n’est lui non plus pas encore de retour au travail. Pourtant, il disparaissait plusieurs fois par jour. Sans que je ne sache où il allait, et il revenait avec une tête moins sincère. Il faisait le pitre, il me faisait chier avec ses blagues à la con, me décoiffait toujours autant pour que je finisse dans ses bras. Mais ses yeux ne riaient pas autant. Je n’aime pas ca. Une autre fille lui tirerait les vers du nez en lui demandait qui est l’autre fille. Je sais qu’il ne me trompe pas. Parce qu’il n’a pas intérêt mais surtout parce que je le connais. Je connais les moindres nuances de ses yeux. Et meme si ses yeux rient moins qu’avant, il n’en est pas moins sincère sur moi. C’est dans ce regard que je sais que je suis à la maison. Mais c’est ce regard qui me fait peur. On revient de Spring Break. Certes on revient à New-York, la ville du stress. Mais on est des natifs du sud. Il vient de San Francisco, la ville du sourire comme aimait dire ma grand-mère. C’est un mexicain. Un mexicain ne fait jamais la gueule ! La dernière fois que Nate a fait la gueule, c’était à Halloween. Ca remonte ! Ca m’inquiète. J’ai peur de ce qu’il peut se passer. Et ce n’est pas pour autant que je dis quelque chose. Je ne le brusque pas quand je lui demande si ça va, et qu’il me répond que oui. Quand je l’entend tousser à en perdre ses poumons, il me dit qu’il a un peu trop fumer ces deux dernières semaines. Probablement. Quand il se réveille en sursaut la nuit, il me dit qu’il vient de rêver que sa mère lui court après en le maudissant en espagnol. Quand il se réveille en suant, il me dit que son corps n’a pas supporté le passage de l’air pur de la mer à l’air pollué New-Yorkais. Nate a toujours réponse à tout. Pour ça que je ne force pas. C’est encore moins à moi qu’il s’ouvrirait s’il se passait quelque chose. Je serai la dernière au courant. Pour me protéger il parait.

Ce matin, c’est à peine si je le sens partir du lit. J’ai réussi à m’endormir quelques heures auparavant, c’était dur, laborieux, mais j’ai pu fermé les yeux. Nate ne fait jamais de bruit, quand il se lève avant moi. Il a pitié de mon sommeil rare je crois, il ne me réveille qu’en grande nécessité. Et là, comme je n’ai pas cours avant onze heures, il me laisse dormir. Je soupire inconsciemment quand il m’embrasse le front et automatiquement, je me roule au milieu du lit. Quand je me réveille, pas longtemps après, je ne suis pas étonnée de ne pas le voir dans l’appartement. Je lui envoie un message à mon réveil, pour savoir si on mangeait ensemble ce midi ou pas. Je passe sous la douche rapidement parce que je vais me mettre en retard, et deux minutes plus tard, je suis en train d’essayer d’enfiler mes converses en me brossant les dents. J’arrange mes cheveux, lisse ma combishort, et téléphone et sac en main, je claque la porte de l’appartement en direction du métro. Je reçois un appel de Nate au moment où je suis dans le tunnel, je ne peux donc pas y répondre. Tant pis, il rappellera ou je le rappellerai. Je fous mon téléphone dans mon sac et à peine sortie, je me mets à courir pour ne pas arriver en retard en cours. J’arrive pile au moment où Mme Sliman ferme la porte. Un grand sourire aux lèvres et je me faufile dans la classe, pour m’asseoir à côté de Julie, une des rares filles à qui je parle beaucoup dans cette fac depuis que je suis arrivée. Le cours de marketing est long, trop long. Et je ne peux même pas sortir mon téléphone, Mme Sliman est un vautour. On se découvre des talents de dessinateur pendant ses cours. Bientôt, on organisera une exposition qui s’appelleront « les cours Sliman » en son honneur. Les deux heures passent très très lentement, à tel point que quand elle annonce la fin du cours, je sursaute et manque de tomber de ma chaise. On se dépêche de sortir, et Julie me demande si Nate nous rejoint. J’hausse les épaules et me souviens qu’il avait essayé de m’appeler avant le cours. Je sors mon téléphone et vois un message sur mon répondeur. J’attends qu’on soit dehors pour l’écouter. Le bruit à l’intérieur des couloirs est insupportable. Je m’assois un peu en retrait sur la table et ouvre le message. Je fronce les sourcils quand j’entends son « je ne sais pas comment te le dire ». Je n’aime pas sa voix, j’appréhende ce qu’il va me dire. Automatiquement, je me dis qu’il rentre sur San Francisco sans moi. C’est ma peur du moment. Qu’il reparte sans me le dire. Qu’il m’abandonne encore une fois. Et quand j’entends la suite du message, c’est mon cœur qui dévale. Tout ce que je retiens, c’est « hôpital », « problèmes respiratoires ». Je réécoute une deuxième fois le message et ce n’est qu’en verrouillant mon téléphone que je me rends compte que j’ai retenu ma respiration tout le long et que je commence à pleurer. J’essuie mes yeux rapidement, inspire un bon coup et me lève. Julie me demande si ça va, j’hoche la tête, incapable de dire autre chose que je la tiens au courant, et je quitte le campus avant de me mettre à pleurer.

Je ne sais pas ce qu’il se passe, je ne comprends pas. Je repasse son message en boucle dans ma tête dans le métro jusqu’à l’hôpital en me demandant comment j’avais pu louper un truc aussi énorme, si c’était grave. Je me frappe mentalement. S’il est à l’hôpital, qu’il m’a dit qu’il a déjà pris des affaires, c’est que oui, c’est grave, qu’il ne va pas seulement y rester qu’une nuit. Et c’est en posant un pied dans l’hôpital que je me rends compte de ce qu’il se passe. Nate vient d’être admis à l’hôpital parce qu’il est malade. Mon sang ne fait qu’un tour. Je déteste les hôpitaux. J’étais petite, pourtant je me souviens encore des goûters et des devoirs que je faisais à l’hôpital, sur le lit de mon père avant qu’il ne parte pour le Danemark mourir « dignement ». Je me souviens ensuite des parties de cartes jouées avec mon grand-père quand son âge l’a rattrapé trop vite. Je me souviens des heures passées à regarder ma grand-mère dépérir d’Alzheimer sous mes yeux impuissants. Toutes les personnes que j’ai aimé ont fini dans un hôpital. Sauf ma mère, elle, elle a coupé l’herbe sous les pieds des infirmières et s’est tuée avant d’y mettre un pied. N’est-ce pas génial ? J’ai l’impression d’etre maudite. Que j’ai une malédiction qui m’empêche de garder auprès de moi les gens que j’aime. Tous finissent dans un lit dans un lieu qui pue le détergent. J’inspire un bon coup et sèche les larmes qui ont coulé. Je ne dois pas pleurer. Je me dirige vers l’accueil et demande la chambre de Nate Martinez. Pas un bonjour, pas un sourire, elle m’indique le troisième étage du bout des lèvres. Je me retiens de lui balancer un merci connasse. Je monte dans l’ascenseur derrière moi in-extremis avant que les portes ne se ferment et me colle contre la paroi. Je n’avais pas pensé ça un jour possible que j’aille voir Nate dans un hôpital. J’avais toujours pensé que ça aurait été l’inverse, parce que maladroite comme je suis, je me serais cassée la jambe en faisant une connerie. Mais non, je vais voir Nate, et ce n’est pas pour un plâtre. L’appréhension me prend au ventre au fur et à mesure que l’ascenseur monte, et j’en veux à Nate. De m’avoir caché tout ça. De me prévenir que ça ne va pas seulement quand il n’a plus le choix de me le dire. Je cherche la chambre qu’on m’a indiqué et la trouve au bout du couloir. Je ne me pose même pas la question, s’il est seul ou pas, si l’infirmière est avec lui. Non, j’entre dans la chambre comme dans la mienne, et voit son lit, le premier en face de la porte. Je ne fais même pas attention à son colocataire, je ne dis même pas bonjour.

Mon regard est dur, porté sur Nate, et automatiquement mes bras se croisent en même temps que mes sourcils se froncent. Être énervée est plus simple que de m’inquiéter. Je ne peux pas m’inquiéter tant que je ne sais pas exactement ce qu’il a. « Donne une bonne raison de ne pas t’en foutre une pour m’avoir caché tout ca, Martinez. » Je me fous qu’il soit dans un lit d’hôpital, il aurait pu être à l’article de la mort, m’énerver reste plus facile que la réalité. Pourtant elle me frappe violemment quand je remarque enfin tous les fils qui sont reliés à son corps, qui l’aide à respirer. J’ai un hoquet, et je me mords la lèvre pour que plus aucun son ne sorte. Mes bras tremblent et je suis obligée d’attraper le lit pour ne pas flancher. Qu’est-ce qu’il se passe merde ? Je tourne la tête, incapable de garder mon regard ancré dans le sien. Je suis incapable de regarder dans les yeux l’homme que j’aime souffrir lui aussi. Ça fait beaucoup trop mal. Mon regard se pose sur le lit d’à côté et je remarque une paire d’yeux bleus qui me dévisage. Je suis à deux doigts de lui demander s’il a un problème quand je reconnais ce regard. « Sander.. » Un murmure à peine audible, tant j’ai peur de me tromper. Non. C’est impossible que Sander Jørgensen soit dans la même chambre que Nate Martinez à New-York. Je me mets à rire nerveusement. Non, ce n’est juste pas possible. Je me tourne vers Nate, toujours en train de rire. « C’est une blague Nate ? Dis moi que tout ça là, c’est un putain de poisson d’avril sacrément en retard ? » Non, ce n’est pas une blague. Sander, que je n’ai pas vu depuis son départ pour le Chili, que j’aurai dû accompagné, est dans une chambre d’hôpital, défiguré, faisant concurrence à la mort. Et qui plus est avec Nate, malade, gravement malade. Le karma se fout de notre gueule à tous les trois. Je suis incapable de bouger. Je sens mes jambes me demander de m’asseoir. Je sens le regard de Nate sur moi. Et moi, je regarde Sander en espérant encore que ce ne soit qu’un mirage. « Couillon que t’es, pourquoi t’es là ? » Ça doit lui faire bizarre au Norvégien de me voir au bord des larmes, lui qui ne m’a jamais vu aussi faible.



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galatée

Let's take our time tonight, boy. Above us all the stars are watchin', there's no place I'd rather be in this world. Your eyes are where I'm lost in. Underneath the chandelier we're dancin' all alone. There's no reason to hide what we're feelin' inside right now.© signature by anaëlle.
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Mer 26 Avr - 14:44
Je n’en revenais pas. J’aurais pu être bouche bée si celle-ci n’avait pas été cachée par mon masque respiratoire. J’avais beau ne pas être mathématicien, je sentais que mon cerveau s’activait à calculer des probabilités. Une en particulier en tout cas. Celle de Nate et moi dans la même chambre d’hôpital. Et elle semblait infime a priori. C’est que nous ne nous étions pas connu à New-York mais à des milliers de kilomètres de là. San Francisco. Une ville de bord de mer également mais sur la côte opposée par contre. Alors comment cette rencontre était possible ?! D’aucun dirait que c’était le Destin mais cette réponse ne me satisfaisait pas. Pas du tout. Ça manquait cruellement de formules mathématiques définissant son cadre. Croire au destin revenait à croire en un dieu quelconque. La science n’avait jamais prouvé leurs existences et le problème était justement là. Je ne pouvais donc pas croire en ce hasard de la vie. Nate sous mes yeux. Peut-être que mon masque était mal réglé et m’envoyait une quantité excessive d’oxygène, provoquant des hallucinations. Mais alors pourquoi le voir lui ? J’aurais préféré voir Morten Harket devant moi ! Qui est-il ? Comment ça « qui est-il ? » ?! Vous ne savez pas ?! Comment vous pouvez ne pas savoir ça ?! C’est le chanteur du groupe A-Ha voyons ! Le seul et l’unique ! Vous saviez que Morten détient le record masculin de la note tenue le plus longtemps dans un morceau ? Vingt secondes et deux dixièmes dans Summer Moved On ! Si ça ce n’est pas la preuve évidente d’un grand homme, leader d’un grand groupe ! Bref, hallucination ou pas, c’était Nate qui était là et pas Morten. Le jeune homme répondit à mon étonnement en me demandant ce que je faisais là. Les hallucinations répondent-elles ? Je n’avais pas vraiment les moyens, ni le temps, de chercher la réponse à cette question à vrai dire, bien qu’elle soit très intéressante. Son duo de questions ne trouva pas immédiatement de réponse non plus. J’étais trop perturbé. Lentement, je reportai mon attention sur le plafond d’un blanc immaculé propre aux établissements de soin de ce genre. Mes oreilles, elles, étaient focalisées sur le bruit de l’oxygène circulant dans les tuyaux pour arriver dans mon masque et sur celui de ma respiration, calme mais difficile. Mes mains étaient posées le long de mon corps, mes doigts étant soient occupés par des instruments médicaux, soit libres de leurs mouvements, dans une certaine limite. Enfin, ma bouche et mon nez, obstrués par le masque la plupart du temps, s’étaient habitués à l’odeur et au gout de la nourriture basique et aseptisée de l’hôpital. De nature patient, je commençais à avoir sérieusement hâte de sortir de là et cette impatience me rendait un peu différent. Irritable. C’est une longue histoire, je ne suis pas sûr qu’elle t’intéresse vraiment. lâchai-je d’une voix monocorde, sans quitter le plafond des yeux. Oui, sauf que je restais Sander et qu’agir ainsi ne me ressemblait fondamentalement pas. Je tournai brusquement la tête vers mon voisin de chambre, provoquant au passage l’excitation des outils de mesure reliés à moi, comme un cri de douleur de leur part, et tentai de corriger le tir. Pas que tu te désintéresse totalement de mon cas mais j’veux dire… c’est long et chiant, pas la peine que je me lance là dedans. Mon état était pire que ce que je croyais. Ou plutôt que ce que j’avais voulu croire. Ça, je l’avais réalisé dès la fin de ma phrase. J’étais essoufflé, comme on l’est après avoir voulu rattraper un bus en sprintant sur deux-cent mètres et je sais de quoi je parle, pour l’avoir déjà fait plusieurs fois. Sauf que là, je n’avais fait que parler. Si seulement je n’avais pas plongé en dehors de mon étude !

Préoccupé par mon propre cas, je n’avais pas eu la politesse de lui rendre un [i]Et toi ?[/b] qui aurait eu toute sa place dans cette conversation. J’étais curieux de savoir pourquoi il était mon voisin de chambre mais je n’avais pas la force nécessaire à ma curiosité. Bordel ce que j’étais mal en point ! Sans que je le sente vraiment, ma tête reprit sa position initiale et mes paupières se refermèrent sur mes globes oculaires, m’invitant à rejoindre le monde des songes. Je ne pouvais pas le savoir à ce moment là mais je souriais. Endormi, j’étais dans un monde fait de Lego. Ce monde était sous les eaux et j’y nageais, accompagné de mes deux axolotls tandis que Manhattan Skyline passait en fond. Ce détail là ne me dérangea pas alors que dans un état d’éveil, il m’aurait interpelé. Les sons ne peuvent pas être aussi clairs sous l’eau ; quiconque a déjà essayé de parler la tête immergée le sait ! Mais plongé dans mes rêves, ma conscience scientifique s’était elle aussi endormie. Je ne faisais que flotter entre deux eaux, occupé à contempler ce peuple fait de Lego. Lorsque Manhattan Skyline laissa place à Nothing Is Keeping You Here, mon prénom m’extirpa de ce monde chimérique. J’étais à nouveau dans cette pièce aussi blanche que sordide, relié à de nombreux câbles et contraint de rester allongé sur mon lit sommaire. C’était mon prénom qui m’avait égocentriquement réveillé mais je ne savais pas d’où il venait. En effet, dans mon sommeil, je n’avais pas reconnu la voix qui l’avait prononcé. Laissant circuler mon regard dans la pièce, je remarquai que nous n’étions plus deux mais trois. Mes yeux s’écarquillèrent en comprenant qui était la tierce personne. C’était à la fois logique puisque Nate était là mais également aussi illusoire que mon rêve. Jolene. Jolene Larsen. Non ! Je ne voulais pas la voir ! Pas dans ces conditions là ! L’idée de retirer mon masque pour faire bonne figure m’avait un instant traversé l’esprit mais d’une part la demoiselle n’aurait pas été dupe et d’autre part, j’aurais suffoqué comme une galathée yéti qu’on aurait extrait de ses profondeurs habituelles. Je déglutis, de plus en plus mal à l’aise à mesure qu’elle me fixait sans jamais me lâcher du regard. Retour à mes calculs de probabilité ; celle de nous retrouver tous les trois ici, dans cette chambre, à New-York, était… Qu’est ce qu’il y a de plus infime qu’infime, justement ? Si vous avez une idée, je suis preneur. La danoise avait les larmes aux yeux. Elle avait ri quelques secondes auparavant. Ça n’allait visiblement pas. Logique me direz vous, son petit ami était hospitalisé, elle devait donc être inquiète pour lui, ce qui était tout à fait compréhensible. Vu son état émotionnel, il était inutile d’en rajouter une couche. Il était de mon devoir d’ami de la rassurer, non ? Sauf qu’elle voulait que je lui explique la raison de ma présence ici. Complexe. Et bien… je voulais faire un bilan de mon état de santé et… J’étais ridicule, ça se voyait que je cherchais mes mots, que j’inventais ce que je racontais, que je mentais. Les professionnels de cet hôpital sont meilleurs que ceux de San Francisco pour ça. Il parait. C’est ce qu’on m’a dit en tout cas. J’espérais que mon sourire se voyait à travers l’omniprésent masque à oxygène. Juste une visite de contrôle tout à fait banale ! ajoutai-je, comme si je voulais donner un peu plus de poids et de crédibilité à mon mensonge.

Je n’étais pas un exemple de perspicacité mais je me doutais que parler du Chili amènerait les mêmes crispations que la première fois que j’avais évoqué ce pays, lorsque j’avais invité Jolene à m’accompagner là-bas. Je me rappellerai toujours du malaise que cette invitation avait provoqué. Jamais avant je n’avais vu la jeune femme aussi embarrassée face à moi. Et puis elle avait surement dit à Nate que je l’avais invitée - deuxième raison pour laquelle je devais éviter d’en parler aujourd’hui – c’est ce que font tous les couples, non ? Tout se raconter. Allongé sur mon lit, j’étais à nouveau pris au piège du Chili. Il était évident que j’allais devoir en parler à un moment ou à un autre, je me demandais juste qui des deux allaient mal le prendre. Enfin les deux le prendraient surement mal, de façons différentes, mais qui plus que l’autre, voilà ce que je me demandais. Je ne tins plus, incapable de soutenir plus longtemps le regard de Jolene. Ma tête se pencha sur le côté et ma politesse fit enfin son apparition. Pourquoi tu es là toi au fait ? demandai-je à Nate. Mieux vaut tard que jamais, non ?
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Nate Martinez
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My diary : She said she want my lolly, she want to kiss the top
Mon surnom : El Mustacho quand je porte pas mes super lunettes jaune, une foi que je les porte je deviens Pablo Escobar
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Dans la vie je suis : Etudiant et actuellement en alternance dans une maison d'édition
Catégorie Sociale : un gars lambda, pas trop de fric mais j'avais une mustang à San Francisco
J'aime les : brunes aux yeux couleur émeraude et la peau d'ivoire, les filles qui ont comme deuxième prénom Fran.
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Mer 26 Avr - 22:28
A certain romance
feat Jolene & Sander


J’avais beau être malade, peut-être même qu’actuellement j’étais plus proche de la mort que la vie. J’avais beau avoir des tuyaux dans les bras, une canule dans le nez et un mal de chien à respirer correctement mais jusqu’à maintenant, je me sentais quand même bien. Du moment que j’avais passé les portes de l’hôpital je m’étais résigné à être optimiste. Je ne pouvais montrer ma faiblesse, mes angoisses. Je devais me battre et montrer que ce n’était rien. Ils n’avaient pas à savoir que j’avais un poumon quasi-crevée. Si je montrais que tout roulait, ils s’inquiéteraient moins et si je voyais leur visage rassuré tout irait aussi pour moi. Le combat sera moins difficile à affronter, les mois passeront plus vite en les voyant sourire plutôt que pleurer comme si j’allais mourir le jour d’après. J’pense vraiment que réfléchir comme ça c’est cool. Mais une infime parti de moi, le petit ange posé sagement sur mon épaule gauche sait et me rabâche sans cesse que ce que je fais c’est carrément égoïste mais je pense sincèrement que dans ce coup dure, dans cette situation j’ai le droit de penser qu’à moi. J’ai le droit d’agir comme bon me semble. Mais toute cette bulle de courage, de force positive que je m’étais créée elle vient un peu de s’effriter. Je ne sais pas pourquoi, mais de voir Sander dans ma chambre le seul jour où je vis un coup dure comme ça … ça me casse quand même bien les couilles. A croire qu’à chaque fois que j’fais un pas en avant il est là. Il me rappelle la putain de merde entre moi et Jolene le soir de la fête dans les bureaux de la doyenne à San Francisco, le fait qu’elle l’ait choisi lui plutôt que moi, alors que j’allais lui avouer mes sentiments à ce moment-là. Bref, ce mec il a payé les pots cassés de ma haine alors qu’il n’a certainement rien fait. Enfin, Jolene me l’a carrément juré qu’il n’avait jamais rien tenté avec elle. Mais de voir sa chevelure blonde, ses yeux clignotant avec son air complètement à l’ouest … Il m’épuise mentalement et c’était sans compter son ton froid, son air blasé pour me répondre qu’il utilise actuellement. Il a bien raison, j’en ai rien à faire de sa vie. J’men fou de savoir pourquoi il a cette gueule blanche, des égratignures et un masque collé au visage. Même pas il me regarde ce lâche, il fixe le plafond. Je me dis mentalement que c’est bien fait pour sa gueule ce qui lui est arrivé, je me retiens de soupirer et me met à fixer mon téléphone portable. Même lorsqu’il se remet à parler, je ne tourne pas la tête. « Mmh, mhh. » Dis-je peu accaparé par ses dires. Pourquoi essaie-t-il de se justifier ? Si il ne m’aime pas, qu’il ne fasse pas semblant. Bien évidemment que je suis désintéressé par son cas. Toute façon pourquoi écouter l’histoire maintenant alors qu’il devra la répéter lorsque Jolene sera là ? Car bien évidemment pour elle, là il aura tout le temps de s’expliquer hein. Qui ne le ferait pas devant les opalescences couleur émeraude de la Danoise.

Je ne sais pas si le blond a compris que je n’avais guère envie de lui parler mais celui-ci se tait et le silence olympien reprends. Seul le bruit des machines autour de nous résonne dans la chambre et je suppose même qu’il s’est endormi, du moins c’est ce que je crois car il ne bouge pas d’un millimètre, il a les yeux fermés et je crois même apercevoir un sourire sur son visage d’imbécile heureux. Mais … Il est sérieux ce mec ? Il est dans un putain d’hôpital, dans la fédération de Cardiologie et il arrive à sourire comme si nous étions à Disney World ? Il me donne tellement envie de lui envoyer une télécommande dessus… Juste pour l’emmerder, lui enlever ce bête de sourire qu’il a et que j’aimerai avoir moi sur le visage. Je me mordille l’intérieur de la joue pour ne pas faire le con et le martyriser. De toute façon, je n’ai même pas le temps de réfléchir plus longtemps lorsque la porte de la chambre s’ouvre sans même avoir été frappé et qu’une belle demoiselle que je connais trop bien ne se plante devant mon lit. Les yeux rougis, la bouche lacérée à force d’avoir été mordue certainement tout le long du trajet. Son regard est vide, vitreux. Son front est froncé. Elle est vraiment en colère et mon cœur dévale jusque dans mon estomac. L’homme fort et courageux sort par la petite porte et je baisse les yeux. Mais ça, c’est avant qu’elle ne parle, avant que sa voix ne déraille. Dès que nos yeux se rencontre, qu’elle voit la réalité des faits, que je la vois vaciller et se retenir au lit je me redresse et m’assois près du bord de la couchette pour venir tenir sa main.

Impossible que je ne me tienne pas à mes résolutions. C’est exactement pour ce genre de réaction que je ne veux pas tout dire, que je n’arrêterai pas de sourire ni de dire que tout va bien devant elle et ma famille. C’est muni d’un sourire en coin que je la fixe bien que elle, ne veuille pas me regarder dans les yeux. « Tout simplement car si tu me mets une gifle je vais devoir appeler les infirmières et tu sais le mythe des infirmières sexy … » Je lève les yeux vers le ciel en riant. J’attrape sa main et la tire contre ma bouche pour y déposer un tendre baiser mais elle ne me regarde pas, elle ne veut toujours pas et bien évidemment ses yeux sont allés se perdre sur le lit d’à côté hein. Sander n’était certainement pas devenue transparent bien au contraire. Le bleu de ses yeux ressortait tout à coup puissance mille. Comme si il avait vu la vierge marie et dès qu’elle prononce son prénom ça me fout la haine. Systématiquement je me recule en lâchant sa main. Je croise les bras sur mon torse et regarde les deux. Elle, elle se met à rire et lui continue de la détailler du regard. Je soupire, fortement. Bien que mon souffle ne me le permette pas, là c’est un cas majeur j’préfère mourir que de ne pas souffler je crois. Jolene tourne la tête vers moi et me demande si c’est une blague. Je la fixe froidement. Je me pince l’arête du nez et passe après une main dans mes cheveux histoire de les mettre en arrière. « Tu trouves la blague marrante ? Haha, surprise Jolene. » Ironie quand tu nous tiens. Elle détourne direct le regard et bien évidemment tout le centre d’intérêt va sur le blond hein. Bien que j’ai la haine, et que je me retiens pour ne pas arracher chaque câble qui me relie aux perfusions et machine électronique pour m’en aller loin de eux je n’en oublie pas les bonnes manières et je pousse mes jambes pour laisser de la place à ma belle pour s’asseoir. « Assis-toi avant de défaillir, ça serait dommage qu’aucun de tes princes charmant ne puisse te soulever… »

Comme je l’avais prédit avant que ma petite amie n’apparaisse, il arrivait le moment ou Sander devait raconter son histoire. Cette foi, je rivais les yeux vers lui et attendait patiemment qu’il ne parle. Ah bah oui bien sûr maintenant que la plus belle fille qu’il devait connaitre était là, son histoire était intéressante à apprendre hein ? Là tout à coup, il avait plus la flemme de la raconter sa putain d’histoire ? Bah figurez-vous que non, j’suis une mauvaise langue. Il a pas dit grand-chose et en plus, c’est un très mauvais menteur. Je le fixe ne comprenant même pas pourquoi il ment lui ? J’sais pas mais en tout cas, j’suis un peu reconnaissant qu’il enfonce pas le couteau dans la plaie. J’pense que je fais déjà assez de mal à Jolene pour que lui n’en rajoute. Mais d’un coup, je me demande ce qu’il cache de si grave pour oser dire sous les yeux de Jolene qu’il n’est ici que pour un simple bilan de santé. « Ouep, ici ils ont les meilleurs docteurs en cardiologie … » Dis-je pour appuyer les dires de mon voisin de chambre. Seul et unique foi que je l’aiderai à mentir, que j’essaierai de le sortir de son pétrin car lui il vient de me foutre dans la merde en me demandant tout à coup qu’est-ce que moi je foutais ici. Je le fixe d’un air blasé comme si ça lui faisait quelque chose de savoir ce que j’ai. Enfoiré. Je tourne la tête vers Jolene qui peine à me regarder et je prends une large inspiration avant de lâcher rapidement. « J’ai un poumon un peu défaillant en gros, normalement avec un peu d’oxygène et quelques perfusions ça devrait vite s’arranger. » Plus précisément quelques mois mais ça, j’ai pas envie de le dire d’avance à Jolene sinon elle va tirer la gueule pendant minimum trois mois non-stop. « T’inquiète princesse, fait pas cette tête … » Elle me fixe et je ne sais pas quoi rajouter de plus, j’hausse les épaules. « J’peux pas t’en dire plus, j’en sais pas plus moi-même. » Menteur… MENTEUUUUUR, j’suis là de mon plein gré et j’ose faire comme si je savais pas tellement que ça. Pour de nouveau tourner l’attention de ma personne je tourne la tête vers Sander. « T’es sacrément amoché pour quelqu’un qui fait une simple visite médicale …. Tu t’es fait mordre par l’un de tes requins en mer ou quoi ? »


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Elle te fait renaître un jour, le lendemain t'achève. Suspendu à ses lèvres, obligé de m'attacher la vérité vaut son pesant d'or, nos exemples sont trafiqués. J'suis en apesanteur, tout me semble sans gravité... J'attends la réussite des astres.
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Jolene Larsen
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Ven 28 Avr - 6:19
A certain romance
feat Nate & Sander


Je refuse. Je refuse de voir cette vérité en face. Retournons dans les Hamptons, là où tout était parfait. Loin de tous les problèmes de la vie. Là où on était juste toi et moi, et les autres autour. Retournons à ce moment où tu n’étais pas malade. Ou tout du moins où tu n’étais pas encore trop malade. Je me suis voilée la face combien de temps ? Il me cache ça depuis quand ? Je le sens bouger, et je sursaute quand il attrape ma main. J’ai envie de me défaire de son emprise, de lui demander de me laisser, mes doigts en ont décidé autrement. Même si je ne veux, ne peux le regarder encore dans les yeux, ma main d’accroche à lui comme jamais. Comme si elle avait peur qu’il ne soit pas réel, qu’il disparaisse dans la seconde. C’est lui qui est censé avoir besoin de soutien. Pas moi. Je fais tout de travers depuis que je suis arrivée mais mon cerveau m’empêche de réagir correctement. Je ne comprends pas comment on a pu en arriver là. Je ne peux pas encore accepter que Nate, que mon amour, soit malade à ce point. Je ne rigole même pas quand il parle des infirmières sexy. Je n’ai même pas envie de rire. Je tourne le regard pour lui lancer un regard noir. Ce n’est vraiment pas le moment de déconner. Encore moins là-dessus. « Ce n’est pas drôle Nate. » Ma gorge est sèche, j’ai dû mal à parler, j’ai l’impression d’avoir pleuré pendant des heures. Probablement. Je crois bien que j’ai pleuré tout le long du trajet jusqu’à ce que j’arrive devant sa chambre. Laisse moi digérer le fait que tu sois cloué dans ce lit pour les prochains jours et pas dans le notre. Laisse moi digérer le fait que t’aies un corps défaillant toi aussi. Laisse moi digérer le fait que je suis repartie pour des nuits passées à l’hôpital. J’ai envie de vomir juste de savoir que je me trouve dans un hôpital. J’ai évité toute ma vie de m’y retrouver. Même pour une visite médicale, un soin en urgences, j’ai toujours tout fait pour ne pas y rester. Trop de mauvais souvenir. Et quand je pensais m’être débarrassé de l’épée de Damocles qu’avait posé ma mère au dessus de ma tête, Nate me présentait la sienne. C’est pas le genre de truc qu’on dit à sa copine ? Genre, à la signature du contrat, on balance un « hé au fait, pendant notre relation, j’vais faire un séjour à l’hôpital » ? Parce qu’à aucun moment en quatre ans je me souviens que Nate m’ait parlé de problème. Ses lèvres contre ma main, c’est une myriade de frissons qui prend possession de mon corps. Depuis quand c’est le malade qui a besoin de consoler ? Là tout de suite, je me fous de savoir qu’il y a quelqu’un à côté de nous, je veux juste qu’il me prenne dans ses bras, et me jure que tout va aller bien, même s’il me ment. Je veux qu’il me mente, au moins aujourd’hui.

Je m’apprête à bouger, à rejoindre Nate quand je reconnais ce voisin. Et quand je prononce son nom, je sens ma main retomber sur le lit. Je ne capte pas trop, mon cerveau déconne. Sander ne peut tout simplement pas être là. La probabilité qu’il soit là à New-York est déjà très infime. La probabilité qu’il soit dans la même chambre Nate aurait dû être nulle. Ces deux là ne peuvent juste pas cohabiter. Je ne parle même pas par rapport à moi, je parle surtout pour la survie du blond. Ça m’étonne que Nate ne l’ait pas déjà amoché. La situation est ridicule. Je me mets à rire, trop nerveusement que j’en ai mal au crâne. Je fixe Sander pour m’assurer qu’il est bien réel. Oui. Il l’est. C’est bien un de mes plus vieux amis qui se trouve dans cette putain de chambre d’amis. Nate me répond, ironiquement, sarcastiquement, et ça me coupe dans mon rire nerveux, me ramenant aussi sec à la réalité. J’ai l’impression de faire un bon en arrière de huit mois, de me retrouver dans le bâtiment administrative de notre bonne vieille université de San Francisco. Un Nate bourré méchant. Là, j’ai un Nate sobre encore blessé de ce qu’il s’est passé ce jour là. Et ça fait mal de le voir, quand moi je lui ai pardonné de m’avoir enterré de ses propres mains sans ciller des yeux. Je reporte mon attention sur le blond, qui observe l’échange sans rien dire. Il ne doit rien comprendre. Six mois que je ne lui ai pas parlé. On a chacun manqué six mois de la vie de l’autre. Et nos retrouvailles se font dans un hôpital. Je rêve. Pincez moi, je rêve. Mon sac tombe à terre et je m’assois sur le lit quand Nate me le demande. Je ne relève même pas sa connerie de deux princes, je n’ai pas la foi ni la force de répondre. Je m’assois face à Sander, le plus proche de Nate possible. Je n’ai qu’à tourner légèrement le torse pour me retrouver face à lui, à me pencher pour être dans ses bras. Sans quitter des yeux Sander, je cherche à tâtons la main de Nate. Ne me laisse pas tomber maintenant s’il te plait, met ta rancune de côté.

J’écoute Sander me débiter son mensonge. Est-ce qu’il croit sincèrement que je vais hocher de la tête et gober ce mensonge encore plus gros que lui ? Est-ce qu’il me prend vraiment pour une conne ? Le pire ? Et là j’ai encore envie de rire mais ce sont plutôt des larmes qui coulent parce que s’il me ment, c’est que la vérité est douloureuse. Mais le pire, c’est Nate. Je tourne la tête vers lui, choquée qu’il plonge dans son mensonge, qu’il prenne son parti. Mon regard alterne entre les deux hommes, et j’ai juste envie de les frapper. Je ne réponds pas, je regarde Sander comme si le fixer allait me donner les réponses à toutes mes questions. Puis le blond demande à Nate pourquoi il est là, et toute mon attention se reporte sur lui. J’attends de lui qu’il me dise toute la vérité mais.. venez on parie il va me cacher une part de vérité. Je te connais Martinez. Alors vas-y, balance moi ta vérité améliorée. Mon cœur se serre et je renifle de la manière la plus sexy qui soit. J’suis pas habituée à pleurer. J’ai pas encore appris à pleurer de manière sexy. Je m’essuie les yeux sans grande classe et passe une main dans mes cheveux et rit nerveusement quand il me demande de ne pas faire cette tête. Je rêve. Je me lève du lit et commence à faire tourner en rond dans cette chambre, la main toujours dans les cheveux. Je m’arrête et me tourne face à eux. J’en ai marre. « Est-ce qu’un jour vous allez arrêtez de me prendre pour du sucre ? Est-ce qu’un jour vous allez pouvoir me dire la vérité entière, sans aucune part de mensonge ? Vous savez que j’ai juste à sortir de cette chambre et demander à un médecin ce qu’il se passe ? » Arrêtez de me protéger. Putain, vous connaissez mon histoire, vous savez ce que j’ai enduré, vous savez que je peux encaisser. Ils savent que si je veux savoir quelque chose, je le saurai, que je n’aurais aucune honte à utiliser tout ce que je peux pour savoir ce qu’ils ont. Que je suis bien trop bornée pour accepter un « bilan de contrôle » et un « quelques perf et de l’oxygène et c’est bon. » Au même moment, Nate demande à Sander les réelles raisons de sa présence.

Sa question me glace plus le sang qu’autre chose. Je retourne m’asseoir sur le lit de Nate, sans quitter le norvégien du regard. J’attends son explication. Il a intérêt à dire la vérité cette fois où je vais voir le médecin. Mais je préfère l’apprendre de lui. Pas d’un gars en blouse blanche qui parlera avec des mots crus et serait capable de sortir des mots tels que « chance de survie ». Je n’aime pas la question de Nate pourtant elle reste trop probable quand on sait pourquoi il est parti au Chili en premier lieu. J’ai peur. Je sers la main de Nate, trop fort probablement, et quand je me souviens que lui aussi doit souffrir, je me retourne vers lui. « T’as vu la tienne ? Ce ne sont pas qu’un peu d’oxygène et des perfusions qui vont arranger. » Je sens déjà mes yeux se brouiller. Bordel mais depuis quand j’ai la larme aussi facile ? Oh, je connais la réponse. Depuis que je suis avec Nate. Depuis qu’il a brisé toutes mes carapaces. Ma main vient se poser sur sa joue, et arrange une mèche qui tombe sur son front. « Depuis combien de temps tu sais que t’es malade ? » Ma vois est plus douce, beaucoup plus inquiète. Je déteste ce mot. Malade. Entre Sander blessé, et Nate malade, putain, je sais choisir les hommes dans ma vie. Je n’ai pas assez de boulets à mes pieds, de carcasses sur le dos. Il faut qu’on me rajoute ça. Je vais probablement finir folle en fait. Une image me vient en tête. Non. Juste, non. Pour la chasser rapidement, je retourne la tête vers Sander, attendant qu’il réponde. Ma lèvre inférieure prend cher. D’ici peu de temps, je n’aurai plus de peau, je passerai à mes doigts.



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galatée

Let's take our time tonight, boy. Above us all the stars are watchin', there's no place I'd rather be in this world. Your eyes are where I'm lost in. Underneath the chandelier we're dancin' all alone. There's no reason to hide what we're feelin' inside right now.© signature by anaëlle.
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Sosie de : Alex Pettyfer
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Mer 3 Mai - 17:16
Était-ce normal de faire pleurer une femme ? Sans doute pas. J’veux dire, voir une femme pleurer, ok, ça peut sans doute s’expliquer de manière logique mais être la raison de ces pleurs… Complètement autre chose. Quand je n’étais pas plus haut que trois pommes – de façon métaphorique hein, trois pommes ce n’est pas très haut et biologiquement et physiologiquement impossible – ma mère me disait souvent Si un jour tu fais pleurer une femme, c’est que tu auras souillé une partie de ton âme. Aujourd’hui, avec quelques années de plus au compteur de la Vie et pas mal de pommes ajoutées à ma taille, ces mots résonnaient particulièrement fort dans mon cortex préfrontal. Non ! Plutôt dans mon système limbique en fait, et plus précisément dans l’hippocampe, puisque ce dernier concerne la mémoire tandis que le cortex préfrontal est plutôt la région des sens et des fonctions cognitives supérieures. Le souvenir de la phrase de ma mère faisant appel à ma mémoire, c’était donc bien le système limbique qui était concerné. Bref. J’avais beau mentir et avoir le soutien inattendu de Nate, Jolene était en larmes, me fixant de ses yeux brillants. Je ne connaissais pas ce visage là – enfin si, je connaissais le visage de la danoise hein – mais je ne l’avais jamais vu pleurer auparavant. Le dernier souvenir que j’avais d’elle était notre repas pris à l’improviste dans ce diner de San Francisco. Là encore, l’hippocampe de mon système limbique ne me rappelait que des images de sourires plus ou moins larges et même parfois de rire. Mais des pleurs, jamais. Pas besoin d’être Nicolas Tesla, grand intellectuel et inventeur sous-coté, pour comprendre que je mentais mal. La blonde n’y croyait pas une seule seconde et ce n’était pas l’aide de son petit ami qui y changeait quelque chose. Preuve en était, la menace qu’elle fit de demander à un médecin ce que j’avais, pourquoi j’étais là. NON ! Elle ne pouvait pas faire ça ! Rien ne serait plus jamais pareil entre nous si elle apprenait mon accident au Chili de la bouche d’un autre. Que je le lui dise ou qu’un médecin le fasse, dans les deux cas elle m’en voudrait de ne pas lui en avoir parlé plus tôt, bien que nous nous soyons un peu perdus de vue entre temps. Mais j’avais encore l’occasion de lui en parler moi-même. J’avais peut-être souillé une partie de mon âme en la faisant pleurer mais il était sans doute possible de rattraper une partie de mon erreur, non ?

En attendant, ma question posée à Nate laissa le temps à mes synapses de s’organiser pour trouver la façon optimale de faire le fameux aveu à Jolene. Celui qui avait un nom à habiter à Puerto Vallarta, dans l’état de Jalisco au Mexique, ne se fit pas prier, lui, et révéla de but en blanc la vérité sur son état de santé, même s’il finit par le minimiser pour ne pas trop effrayer sa petite amie, j’imagine. En fait, il mentait au moins autant que moi en disant que ça devrait vite s’arranger. Je n’étais pas un spécialiste des poumons, mais j’étais ce jour là suffisamment bien placé pour savoir que vite voulait plutôt dire lentement mais sûrement. Bien tenté Nate ! Par la suite, j’imaginai mon teint se faire plus livide lorsque le brun me renvoya la balle comme si nous étions en train de disputer un match de squash, de tennis ou de badminton. A choisir, j’opterais plutôt pour le tennis, pratique sportive qui a connu de grands joueurs scandinaves comme Björn Borg ou Mats Wilander, mais bon, on n’est pas là pour parler balle jaune. Une autre fois peut-être ! Là, c’était le moment de parler plongée et Chili, sujets réjouissants au premier abord mais qui ne l’étaient pas vu le contexte dans lequel ils baignaient. Je commençai donc mon récit par une petite précision. A vrai dire, les requins ne sont pas des prédateurs de l’homme Nate ! S’il y a des attaques envers l’être humain, c’est soit que ce dernier a été provocant ou que le requin l’a confondu avec une autre espèce animale, typiquement les otaries et les phoques… Cette tirade inachevée, plus longue qu’il n’y paraissait, avait été un peu étouffée par le masque que je portais mais surtout, elle m’avait essoufflé. Je fermai un instant les yeux et inspirai profondément pour retrouver mon souffle. En les ouvrant à nouveau, Jolene me fixait. Je détournai mon attention d’elle, penchai la tête sur le côté et regardai le mexicain pour terminer ma phrase. … et puis il n’y a pas eu tant d’attaques de requins que ça au Chili ! A peine avais-je fermé ma bouche que mes yeux doublèrent de taille. Dans l’élan de mon explication, je venais de révéler que mon état était lié au Chili. Mes yeux se reportèrent immédiatement sur Jolene. La demoiselle fronçait les sourcils tandis que paradoxalement ses glandes lacrymales faisaient luire ses yeux. Merde ! Merde ! Merde ! Nate, quant à lui, ne devait rien comprendre pour le moment. Un long soupir vint embuer toute la surface intérieure de mon masque. Le moment était venu, j’étais dos au mur, ou plutôt dos au lit d’hôpital si on veut être plus réaliste, mais le mur a plus de sens en l’occurrence. Bref. J’étais dos au mur et n’avais plus d’autre choix que de tout dire. Et bien… c'est-à-dire que… Je raclai bruyamment ma gorge et cherchai du regard les mots dans le vide se trouvant devant mes yeux. … j’avais des recherches à mener au Chili dans le cadre de mes études et pour l’avancée de la science de façon plus générale et… Nouveau raclement de gorge, le regard toujours dans le vide, le plus loin possible de ceux des deux amoureux. … je me suis dit que je pouvais profiter de mon temps libre pour faire de la plongée de loisir. En apnée. J’instaurai involontairement un silence pesant et me mis à regarder la danoise droit dans les yeux pour lâcher la fin d’une traite, plus rapidement que le reste du récit. Mon-matériel-était-défectueux-et-j’ai-plongé-bien-plus-profondément-que-ce-qu’il-indiquait-du-coup-j’ai-manqué-d’air-en-remontant-et-j’ai-failli-rester-au-fond. Voilà, c’était dit. Je fixais mes mains que j’avais entre temps croisées devant moi et attendais une réaction. A priori, Jolene ne pouvait pas me gifler pour mon manque de sérieux, d’attention et ma prise de risque, grâce à mon cosplay de Maverick, c’était déjà ça de pris ! Et Nate se moquerait de moi au pire, c’était supportable ça, ça ne changerait pas, il avait déjà pris l’habitude de me rabaisser à San Francisco, je ne voyais pas pourquoi ça changerait à New-York. L’université de San Francisco m’a viré pour ce manquement aux règles de sécurité et celle de New-York m’a contacté pour me recruter en quelques sortes. Comme quoi, tout se termine bien ! J’avais peut-être expliqué la raison de ma présence ici, mais je ne me sentais pas encore assez courageux pour révéler à Nate que j’avais proposé à sa petite amie de venir avec moi au Chili. Amicalement, évidement mais je l’avais quand même invitée. Je n’étais pas sûr qu’il prenne cette nouvelle avec plaisir et bonne humeur. Mais bon, puisque le sujet était sur la table, bien qu’il n’y avait pas de table dans la pièce, il allait être au courant de ça avant la fin de la journée, c’était évident, même pour le plus stupide des décérébrés.
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Nate Martinez
Admin - Sagittaire
My diary : She said she want my lolly, she want to kiss the top
Mon surnom : El Mustacho quand je porte pas mes super lunettes jaune, une foi que je les porte je deviens Pablo Escobar
Mon âge : 25
Mon signe astrologique : Sagittaire
Dans la vie je suis : Etudiant et actuellement en alternance dans une maison d'édition
Catégorie Sociale : un gars lambda, pas trop de fric mais j'avais une mustang à San Francisco
J'aime les : brunes aux yeux couleur émeraude et la peau d'ivoire, les filles qui ont comme deuxième prénom Fran.
Sosie de : Ken Samaras
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Mer 10 Mai - 15:32
A certain romance
feat Jolene & Sander


Je ne dis rien, mais n’en pense pas moins. Jolene, tu crois vraiment qu’en te connaissant je n’ai pas déjà donné l’ordre au corps médical de ne rien dévoiler sur mon dossier ? Qu’importe qui le demandera, que ce soit ma mère, mon père, l’un de mes frères ou l’une de mes sœurs personne n’a rien à savoir. Sauf, en cas de coma ou problème fatale en tout genre, là mes parents pourront prendre la décision de me débrancher ou me faire opérer mais avant ça, tant que je le peux, tant que mon état de conscience n’est pas remis en doute personne n’a rien à savoir sur mon dossier. Mais je ne vais pas te contredire, je veux pas te contrarier un peu plus. Puis tu sais, je ne te crois pas en sucre, mais plutôt en diamant. Une pierre précieuse mais certainement pas un simple morceau de sucre. T’es magnifique, t’es intelligente, il n’y en a pas deux comme toi. T’es dure de caractère et ça en fait ta force, j’sais que t’encaissera le coup. J’en suis certains. T’es pas un fugazi on peut pas t’ébrécher. Mais j’veux pas non plus trop tirer sur la corde, j’ai quand même peur qu’à un moment le minéral parfait ne tombe et ne se brise en mille morceaux, que le diamant n’ait plus la force d’attraper la lumière et de la refléter sur les autres. Alors, je passe l’une de mes mains dans tes cheveux, défaisant les quelques nœuds qui y sont présent feintant que ce que tu viens de me dire ne me touche pas tout droit car là, c’est toi qu’à besoin de réconfort et pas moi. C’est donc ainsi que ça marche ? à peine arrivé que j’ai déjà la gueule de l’emploi ? Que j’ai déjà l’air crevé comme un chien… Génial. Je souris en coin, fixant tes cheveux alors que tu tournes la tête vers moi. J’humecte mes lèvres pour parler mais rien ne sort de façon naturelle. Je porte beaucoup trop d’attention à tes cheveux pour bien choisir mes mots, pour pouvoir te rassurer alors que tes jolies prunelles commencent à se brouiller, s’imbiber de ce liquide lacrymal tant redouter. Oh non princesse ne te met pas à pleurer … J’t’en supplie, si seulement tu savais combien ça m’enchante pas d’être là, combien j’ai peur pour moi aussi …. J’suis pas à l’aise dans ce genre d’environnement tu devrais le savoir. Il faut que je te change les idées et faire le clown c’est un peu ma spécialité. « Ah bah bravo, j’suis sur un lit d’hôpital et tu me dis que j’ai une gueule de rat mort déjà …. C’est pas en me disant ça que je vais guérir plus vite … » Dis-je d’un air taquin avant de venir déposer un baiser contre ta main que je tiens toujours entre les miennes. « J’sais plus … peut être deux semaines ? » Ou trois ? Peut-être même quatre mais on s’en fou Jolene, le plus important c’est que maintenant j’suis prêt à la guérison.

Si le mot « Lourdeur » devait avoir une description concrète, concise et précise je suis certain que toi Sander Jorgensen tu serais choisi pour endosser le rôle. C’est pas croyable d’être barbant comme toi, moi je dis un truc pour rire et toi t’arrives à en faire une dissertation et cela, même si t’avais un masque étouffant sur le visage qui me fit grimacer en te voyant inspirer lentement tant tu étais essoufflé… Dire que moi aussi j’allais devoir porter ça durant des journées entière. C’était réellement angoissant. « Du coup un requin t’a pris pour une otarie après que tu l’ais provoqué ? » Je cligne des yeux pour montrer ô combien je suis attentive et aussi ô combien je te prends pour un con, ce qui n’est pas très cool de ma part et qui me vaux un regard blasé de Jolene ainsi qu’un coup de coude dans les côtes. Je lève les yeux au ciel … Comme d’habitude, on voit qui est sous la protection de Santa Larsen. Tu parles, tu parles et Jolene se raidit à la fin de ta phrase et toi aussi dans ton lit d’hôpital tu fais les gros yeux comme si t’avais dit une connerie. J’hausse un sourcil en vous regardant l’un et l’autre, cherchant à comprendre qu’est-ce que vous avez avec le Chili en particulier pour tirer ces têtes-là ? Les secondes passent et je te vois hésitant, t’as pas l’air enclin à parler pourtant tu te forces, tu te met un gros coup de pied au cul et ça me rassure en quelque sorte comme si ça me rassurait, que le sujet n’était pas si tabou que ça pour que tu puisses le faire.

Alors que racontes avec quelques petites coupure ton récit aussi dramatique que celui du roi d’Ithaque en mer. Je soupire, me pinçant un instant l’arête du nez en me demandant comment toi, un mec si intelligent t’as pu te planter autant… Je serai presque triste, navré pour toi mais à peine je croise tes opales livides qui vont se réfugier aussitôt sur tes propres doigts, y trouvant un intérêt particulier que non, la raison me revient et j’arrive pas à avoir un soupçon de compassion pour ta triste personne. Je soupire en m’étirant, les bras au-dessus de la tête, je retiens un bâillement avant de te dire. « T’aurais mieux fait de te cantonner à l’ile de pâques et faire le tour de l’ile en Alpaga … » Je pourrai presque rire de ma blague, de mon audace. Tu rajoutes rapidement que finalement, tu t’en sors pas trop mal puisque tu reprends les recherches ici parce que l’université de New York t’a recruté à peine t’étais-tu fais jeter de celle de San Francisco. « Chapeau, comme quoi il n’y a pas que les chats qui retombent sur leurs pattes mais même les axolotl… » J’hausse les épaules en repensant à cette info que ma petite amie m’avait relayée bien avant que nous sortions ensemble, bien avant toutes les embrouilles même. Je me rappel comme si c’était hier qu’elle me parlait des petits animaux de compagnie bien étrange de son ami… Même avant la fête dans les bureaux de la doyenne je pensais déjà que Sander était un spécimen.

Bien trop silencieuse à mon gout, plutôt que d’être accaparé par un incapable qui ne sait pas vérifier son matériel avant de plonger. Mes yeux vont se perdre sur Jolene qui a l’air décomposé pour de vrai, n’encaissant pas du tout l’erreur du Danois. Tu es pale comme une aspirine, tremblante et ça m’inquiète. Je m’affole un peu moi-même, la machine qui affiche ma fréquence cardiaque commence à s’emballer à son tour. « Eh ça va ? Tu veux qu’on appelle une infirmière ? T’es toute pale Jolene ! » Je me redresse attrape la bouteille d’eau que je me suis amené et te sers rapidement un verre en plastique d’eau, te caressant le dos pour que tu reviennes à toi, que la tension remonte un peu. « Aller c’est bon, il est en vie ton confrère Danois … »


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Elle te fait renaître un jour, le lendemain t'achève. Suspendu à ses lèvres, obligé de m'attacher la vérité vaut son pesant d'or, nos exemples sont trafiqués. J'suis en apesanteur, tout me semble sans gravité... J'attends la réussite des astres.
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Jolene Larsen
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Dim 14 Mai - 14:22
A certain romance
feat Nate & Sander


J’écoute Nate me dire que ça fait quelques semaines seulement qu’il connait sa situation. Il n’a jamais su réellement me mentir. On ne s’est jamais menti. On a caché la vérité, mais on n’a jamais menti. Avant, c’était parce qu’on avait aucune raison de se mentir. On ne se devait rien, rien d’autre ne nous liait que des draps trempés, une complicité hors norme. Maintenant, c’est autre chose. Ce n’est pas naturel pour lui de me mentir. Il a ce tic qui m’empêche de le croire, ce tout petit rictus au coin des lèvres. Et il a cette quiétude au fond du regard. Me protéger, protéger sa princesse, lui faire du mal le moins possible. Il sait qu’apprendre sa maladie a fait mal, alors on y va petit à petit. J’ai vraiment l’impression de faire un retour à Santa Fe, vingt ans auparavant où ma mère dans ses mots, essayait de m’expliquer la maladie de mon père. Et un an plus tard, ma grand-mère qui m’explique petit à petit la situation de ma mère. Enfin, c’est comme ça qu’elle l’appelait. Aujourd’hui, on sait tous que c’était une crise, un craquage, un suicide. Là, ce n’est pas ma famille, mais tout comme, qui m’annonce que ça ne va pas. Je me retiens de lui sortir le célèbre « t’as pas intérêt de crever ou je te tue moi-même ». J’suis pas d’humeur à faire de l’humour noir. J’ai juste envie qu’il me prenne dans ses bras, qu’il me dise que tout ira bien, qu’il n’y a en fait plus de peur que de mal. J’devrai le prendre mal, qu’il m’ait caché sa condition. Je me sens coupable. D’être cette mauvaise petite amie qui ne se rend compte de rien. De ne pas avoir su mettre mes problèmes de côté pour me concentrer sur celui avec qui je passe ma vie. Merde, le spring break ! C’était pas une hygiène de vie, entre l’alcool qui coulait à flot, et la fumée ? Les aqua qui se créaient à cause de la clope ou des joints qu’on fumait à longueur de journée et de nuit. J’ai dû arriver à un paquet par jour, un joint au moins tous les deux soirs tirés avec Tempérance, Sidney et Charlie. J’ai agi égoïstement, ne pensant qu’à mon propre bonheur. Je commence à lier les points, et je me souviens de cette fois où au Japon, il était essoufflé alors qu’on n’avait pas tant marché que ça. J’étais étonnée parce que cet été pendant mon absence, il avait commencé à faire du sport, il était beaucoup plus endurant malgré la clope. Et moi, moi j’en fais encore une histoire à propos de moi alors qu’il est le malade. C’est lui qui me rassure alors qu’il doit flipper, même s’il ne me le dira pas. Putain, mais quelle égoïste.

Sander nous explique comment il s’est retrouvé là et bordel Nate, malade ou pas, cesse ta puérilité. Je ne comprendrai jamais cette jalousie qu’il ressent pour Sander. C’est pas comme s’il y avait eu, ou aurait pu avoir autre chose que de l’amitié entre nous deux. Très forte, certes. Ma relation avec le norvégien est unique, tout comme celle qui m’unit à Nate. Il le sait, qu’il doit accepter qu’il y a Sander dans ma vie. Je ne lui demande pas de devenir son meilleur ami.. cette idée me donne envie de rire, je me mords la lèvre pour m’empêcher d’exploser de rire alors que le norvégien nous explique comment il a eu son accident, imaginant les deux se taper le dos, rire à en pleurer, se raconter leurs derniers exploits. Non, ces deux là, amis, ça serait digne d’une série. D’une saga. Et ça me frappe. Sander était au Chili. Je serre involontairement la main de Nate un peu trop fort, ma respiration se bloque, et mon envie de rire a disparu aussi vite qu’elle soit arrivée. Ça ne peut pas être vrai. Il est toujours consciencieux. Il fait toujours attention à ce qu’il fait, ce qu’il a, revois plusieurs fois son matériel avant de partir en expédition parce qu’il connait les dangers de la vie sous-marine. Le gars que je connais ne serait jamais allé dans l’eau sans que son matériel ne soit révisé, aux normes et fonctionne parfaitement bien. J’entends d’une autre oreille distraite les blagues que fait Nate. Ça ne me fait même pas réagir. Quand il a croisé mon regard, j’ai eu envie de lui sauter dessus, de le secouer pour qu’il réagisse de la connerie qu’il a faite. J’ai envie de lui crier dessus qu’il est con. Que lui dire de profiter de cette expérience sans moi ne voulait pas dire qu’il devait jouer au con avec sa vie. T’essaies de me faire culpabiliser Sander ? Non, ce n’est pas son genre. N’est-ce pas ? Pourtant, putain, tu le fais très bien.

J’aurai dû aller au Chili avec lui. Je ne sais comment il a fait pour survivre autant de temps aux Etats-Unis, en Californie. J’avais bien vu en Norvège, ce gosse plus âgé que moi est incapable de vivre correctement seul sans mettre sa vie en danger moins de cinq fois par jour. Il est un danger pour lui-même, la maladresse incarnée. Qu’il survive autant de temps était un miracle. Mais le Chili ? Je passe ma vie à être égoïste. J’ai dit non à Sander parce que je voulais rester près de Nate, qui à l’époque, ne m’adressait pas un regard. Je lui ai dit non parce qu’un anglais m’a mis en tête que je pouvais changer la donne avec le mexicain, que lui en face, était dans le même état que moi. J’ai prétexté le retour du Danemark pour ne pas repartir dans une expédition. J’ai menti pour avoir bonne conscience. Je suis restée, j’ai merdé, je l’ai abandonné. Je sens mon cœur battre un peu trop vite et j’entends un bruit de machine s’affoler derrière moi, en même temps que mes battements trop rapides. Je ne suis pourtant pas branché ? Je me souviens d’où je suis, pourquoi, et je sursaute quand je vois la main de Nate me tendre un verre d’eau. Je l’attrape et le bois cul sec. Je m’essuie la bouche et regarde Nate. « Norvégien. » il me regarde, ne comprenant pas ce que je veux dire. Je tousse, tentant de repositionner mes cordes vocales afin de parler correctement. « Sander est Norvégien.» C'est la seule chose qui me parait importante. Corriger Nate sur la faute qu’il vient de faire sur la nationalité de ce couillon que j’ai envie de frapper. Je pose le gobelet sur la table de chevet devant moi et passe une main sur mon visage, reprenant mes esprits et souris à Nate. « Dire que je suis pâle, c’est un euphémisme bébé, je suis danoise hein. » Je tente de rire mais ça sonne tellement faux que je ne cherche même pas à continuer à faire semblant. Je sais qu’il est en vie, et heureusement qu’il est en vie, mon homologue européen. Je n’aurai pas supporté l’idée qu’on me dise qu’il soit… non. Parce qu’on aurait fini par m’enfermer à l’étage du dessus. La culpabilité me ronge, d’avoir laissé Sander partir, et d’encore en faire une histoire à propos de moi. Je n’ai toujours répondu à Sander, ni même posé mon regard sur lui. J’inspire un bon coup et le regarde. « Le principal est que tu sois en vie. Et à New-York, pour que je puisse te rappeler à quel point tu es con. J’te lâcherai pas, Jørgensen, tu ne voudras plus me voir tant je vais te souler à faire gaffe à ce que tu fais. » Je soupire et mon regard se fait plus doux. Ce que je vais dire ne va probablement pas plaire à celui à qui je tiens la main, tant pis. « J’imagine qu’avec des « si j’étais venue », on refait le monde n’est-ce pas ? »




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galatée

Let's take our time tonight, boy. Above us all the stars are watchin', there's no place I'd rather be in this world. Your eyes are where I'm lost in. Underneath the chandelier we're dancin' all alone. There's no reason to hide what we're feelin' inside right now.© signature by anaëlle.
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Lun 22 Mai - 16:41
Nate et Jolene étaient mignons. A leur manière bien personnelle, certes, mais ils l’étaient. Je n’étais sans doute pas la meilleure personne pour parler d’amour mais là il était plutôt question de bon sens, de vérité évidente, de nez au milieu de la figure même ! Enfin bon, le nez au milieu de la figure n’est pas toujours synonyme d’évidence, demandez donc à Picasso et à tous les portraitistes cubistes, vous verrez. Vous aurez certainement du mal par contre, Pablo Picasso étant mort depuis plus de quarante ans… mais Google vous renseignera très bien cela dit ! Tout ça pour dire que l’attachement de Nate pour Jolene et de Jolene pour Nate était… indéniable ! Voilà le mot parfait. Indéniable ! Au-delà des espiègleries du brun, il y avait de l’amour. Au-delà de l’inquiétude de la blonde, il y avait également de l’amour. Pourquoi enterraient-ils ce sentiment si précieux et si rare sous une couche aussi épaisse de provocation et de réprimande ? Je n’en avais pas la moindre idée, leur comportement m’échappait totalement. Mais ils étaient là, ensemble et bel et bien amoureux. Et puis il y avait moi, dans la même chambre mais dans un autre lit. Heureusement. Ça m’aurait un peu perturbé d’être sous la même couverture que mon voisin de chambre. Ça m’aurait même angoissé. Cette proximité désagréable, incommodante, le malaise ! Bref, j’étais là. J’étais le grain de sable dans l’engrenage, la pièce restant à la fin du montage d’un meuble en kit, la crème fraîche dans les pâtes carbonara : j’étais de trop. Quoi ? Vous ne saviez pas qu’il n’y avait pas de crème fraîche dans la vraie recette italienne ? Vous pouvez demander à… je ne connais pas de chef italien à vrai dire, mais Google vous renseignera très bien cela dit ! Où en étais-je ? Ah oui ! J’aurais voulu quitter la pièce pour les laisser tous les deux mais comment dire… un rapide coup d’œil autour de moi permettait de comprendre que j’étais contraint de rester allongé et masqué, avec eux. Maudite plongée ! Et pire encore, j’étais maintenant le centre de leur attention, à devoir expliquer la raison de ma présence dans cette chambre un peu trop blanche à mon gout. Maudite plongée !

Je savais que Nate me chambrait et pourtant, je me sentais obligé de lui répondre au premier degré à chaque fois parce qu’au fond, je n’étais pas si sûr que ça qu’il usait de railleries avec moi. Peut-être manquait-il tout simplement de culture marine et il était donc de mon devoir de l’aider dans sa recherche de savoir, même si mon ton laissait transparaître un peu d’agacement. Si j’avais vraiment provoqué un requin ou si celui-ci m’avait pris pour une otarie, il y aurait quatre-vingt-sept pourcents de chance que je ne sois pas là aujourd’hui pour t’en parler. Et dans le cas des treize pourcents restant, tu ne crois pas que j’aurais eu des traces visibles de morsures ? Je n’ai pas été dérangé par les requins que j’ai vu Nate, ok ? Longue, trop longue phrase que voilà. Trop véhémente aussi. Vous le savez maintenant : ça m’avait essoufflé et j’ai donc du rester silencieux plusieurs secondes pour reprendre ma respiration de manière trop sonore à mon gout. Ma fragilité actuelle était flagrante, presque tangible tant mon torse prenait du volume avant de retomber, suivant le rythme de mon profond cycle respiratoire.

Par la suite, et malgré le sarcasme évident du petit ami de Jolene, c’était justement cette dernière qui m’intéressait. Enfin « m’intéressait », pas dans le sens « intérêt affectif » du terme ! Pas dans le sens où je pourrais ressentir quelque chose pour Jolene, même si je ressentais des sentiments amicaux envers elle mais je veux dire que c’était son comportement qui m’intéressait, vous comprenez ? La jeune femme était livide, mutique, plus encore que lorsqu’elle avait réalisé que j’étais le compagnon de chambre de son mexicain de petit ami. Et ça ne semblait pas avoir quelque chose à voir avec son origine danoise comme elle le prétendait.  Certes ça aidait, elle n’avait pas le teint le plus halé que je connaissais mais là, il y avait autre chose. Il y avait le Chili. J’avais beau être tête en l’air la plupart du temps, je le reconnais volontiers, je n’étais pas dupe. Dans sa tête devaient circuler les images de ce repas en tête à tête improvisé dans un diner de San Francisco. Mon invitation à me suivre au Chili devait résonner en elle comme résonnent les basses d’un morceau un peu trop violent à mon gout. Elles vous saisissent et vous agitent dans tous les sens comme si vous étiez une vulgaire brique de jus d’oranges de Floride – les oranges de Floride sont les meilleures, gorgées du soleil de cet état – avant de vous laisser à nouveau libre mais changé. Mon invitation lui avait peut-être fait cet effet, s’en souvenir aussi. Qui sait ? Si j’avais du retranscrire ce que disaient ses yeux à ce moment précis, j’aurais sans doute parlé d’une haine affective, d’une colère prévenante, de reproches préoccupés. Elle m’en voulait. Ça se voyait. Mais pourquoi ? Je n’étais pas fautif. Je savais assumer mes responsabilités, mais là… « Con » ? Pourquoi ?! Je suis en vie Jolene ! Pas la peine de te faire du soucis pour moi, tu as mieux à faire et je serai souvent occupé à étudier de toute façon. Comme un enfant puni, je ressentais l’inapaisable envie de me justifier. Comment j’aurais pu savoir que le profondimètre que j’avais loué là bas était défaillant sans plonger avec ? Cet outil mesure la profondeur, il faut donc plonger pour le faire marcher ! Nouvel excès de véhémence, nouvel essoufflement. Et ça n’allait pas aller en s’arrangeant puisque Jolene lâcha la bombe H – pour « bombe à hydrogène », plus puissante que la bombe A ou « bombe à fission nucléaire », comme celles utilisées sur Hiroshima et Nagasaki, je vous laisse imaginer la puissance de la bombe H – en révélant indirectement à Nate qu’elle avait eu l’occasion de venir. Mon regard se porta d’ailleurs immédiatement sur le jeune homme et ce fut à mon tour d’être livide. J’attendais une réaction instantanée de sa part mais rien ne vint. Posant mes yeux sur Jolene, je tentai d’éteindre préventivement le feu de forêt qui s’annonçait. Pourquoi tu serais venue de toute façon ? Ta vie était à San Francisco, tu n’avais aucune raison valable de me suivre. Et puis avec ou sans toi j’aurais fait cette plongée et, sans vouloir t’offenser Jo, tu n’as pas les qualifications requises pour une telle excursion sous marine alors tu vois, ça n’aurait rien changé ! Je regardai à nouveau le brun et constatai qu’il fulminait, en silence. Merde ! Merde ! Merde ! Ça ne sentait pas bon, pas bon du tout ! Courage, fuyons ! Hmm, je crois que je vais aller voir le médecin, histoire de voir si je ne peux pas quitter l’hôpital plus tôt. Les indicateurs sont au vert, ça devrait le faire. Sans attendre, je retirai mon masque et quittai mon lit d’un bond. Magnifique erreur. Mes yeux manquèrent de quitter leur orbite tandis que l’air commençait à me manquer malgré ma bouche grande ouverte. Je posai un genou et une main au sol et fixai le carrelage froid en quête de précieuses molécules de diazote et de dioxygène, principaux composants de l’air que nous respirons au quotidien. Mon masque… quémandais-je d’une voix étouffée. Je pensais déjà connaitre la réponse du médecin à ma question…
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Nate Martinez
Admin - Sagittaire
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Mon surnom : El Mustacho quand je porte pas mes super lunettes jaune, une foi que je les porte je deviens Pablo Escobar
Mon âge : 25
Mon signe astrologique : Sagittaire
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Catégorie Sociale : un gars lambda, pas trop de fric mais j'avais une mustang à San Francisco
J'aime les : brunes aux yeux couleur émeraude et la peau d'ivoire, les filles qui ont comme deuxième prénom Fran.
Sosie de : Ken Samaras
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Lun 29 Mai - 12:18
A certain romance
feat Jolene & Sander


Je fronce les sourcils en entendant que le mot norvégien. Bah quoi norvégien ? Je te fixe en cherchant à comprendre, comme si tes iris était la version sous-titrée de tes pensées. C’est à ce moment précis que tu reformules ta phrase entièrement pour que je comprenne. Ok ok Sander est norvégien et non pas Danois. Un léger souffle s’échappe d’entre mes lippes alors que mes yeux vont se perdre un instant sur le plafond d’un blanc maculé. Si d’habitude je ne m’offusque vraiment pas lorsque tu me contredis, là c’est l’effet totalement inverse qui se produit. Pourquoi ça me pique autant que tu mettes un point d’honneur à ce que je ne me trompe pas sur ses origines ? Est-ce ça change réellement quelque chose qu’il soit norvégien, danois, suédois ou même simplement américain ? On ne s’en fout pas un peu de lui et de ses origines ? Toi, apparemment non. Et de comprendre que même après six mois passé sans nouvelle de lui, après qu’il soit sans le vouloir l’élément déclencheur de toutes nos embrouilles … ça me monte vite à la tête. J’mord l’intérieur de ma joue pour ne pas faire une nouvelle remarque sarcastique, faussement désolé. « Au temps pour moi. »

Je te regarde descendre d’une traite le verre d’eau d’un air inquiet, n’appréciant guère cette baisse de tension, cet air blafard sur ton visage. Ça me déprime, m’attriste trop de te voir dans cet état. C’est tellement pas toi, tellement pas ton style d’avoir des coups de mou comme ça. T’es toujours la fille remplie d’énergie, trop même parfois. Le matin, t’es celle qui vient sauter comme une gamine sur le lit, t’es du genre petit boulet en plus. Le style de fille qui veut se montrer mignonne alors que c’est pas dans ton style de l’être et qui tombe en t’entortillant le pied dans le drap. Une catastrophe ambulante. Mais je t’aime comme ça, avec tes mimiques presque désolées lorsque tu renverses un peu de café à côté de la tasse ; lorsque tu voles une fois de plus mes affaires en prétextant que tu me rendras tout en battant des cils en pensant toujours que c’est de faire ce regard-là qui fait que je te laisse prendre sans rechigner … Donc ouais, te voir les épaules recourbées, les yeux gonflés et à la limite de faire un malaise ça me fend le semblant de cœur que j’ai. Lorsque de ta voix faussement rieuse tu me dis que c’est un euphémisme d’insinuer que tu es plus blanche qu’habituellement car tu es Danoise, je soupire exaspérer passant une main sur le haut de ton crane, ébouriffant tes cheveux sans même répliquer. Tu me fatigues bébé, vraiment. Autant que Sander qui met toute son ame à me faire comprendre quelque chose que je savais déjà. Sur les trois cent cinquante et quelques races de requins qu’il existait et sans compter les espèces pas encore identifiées dans les océans seul une dizaine d’elles étaient vraiment nocif à l’humain. Et le plus connu de tous étant le requin blanc. Bien que le requin blanc soit un lamnidé qui vit dans les océans tempérés il aurait fallu que Sander soit face à l’un d’eux et que celui-ci le confonde avec un saumon. Très peu probable. Ses estimations étaient donc bonnes mais j’en fus quand même offusqué de voir qu’il me prenait réellement pour un imbécile qui ne savait pas ce genre d’information. « Pas la peine de t’étouffer pour si peu Sander …. Ça serait dommage que tu meurs ici alors que t’as survécu à ta propre erreur. » Sourire narquois aux lèvres, j’appuyais un peu plus sur la plaie ouverte, répétant une fois de plus qu’il avait fait une erreur de novice.

Comme si c’était systématique, comme si tu ne comprenais pas que si je réagis de cette manière c’est justement car je me sens mit de côté quand ton ami est là. T’en rajoute une bonne et grosse couche par-dessus. T’es là à carrément insinué que tu vas lui coller au basket, que tu vas t’occuper de lui et ça, sous mes yeux. Inconsciemment, je me mets à mordiller l’intérieur de ma joue alors que ma langue brule tant j’ai envie de te faire une remarque, de te dire haut et fort un truc du genre « eh j’suis une merde ? » Lui il a le droit à des « je vais m’occuper de toi gneugneu » et moi j’ai le droit à des reproches alors que je l’ai même pas cherché ma putain de maladie ? C’est le monde à l’envers merde. Même Sander, mon meilleur ennemi te fait comprendre que t’abuses un peu sur son état. Il est en vie, il a mal vécu sa quasi-noyade mais il n’en gardera certainement aucune séquelle profonde. Du moins, j’espère ? Je le hais mais peut-être pas au point de le vouloir mort hein … Il n’est pas méchant le gars, il est juste charmant, un peu con sur les bords et étrange mais il a le mérite de pas être un connard … Il avait ça à son avantage, ce qui me saoulait en fait. Car il était gentil, pas un dragueur avec une multitude de frasque à son actif, lui il n’était pas moi. Lui, sa confiance elle était jamais remise en question dès qu’une fille trainait dans les parages alors que j’étais en perpétuel combat pour te montrer que je n’allais pas filer à l’anglaise avec une autre … En gros, tu le considère plus que moi et ça m’arrache l’estomac de penser à ça.

Perdu jusqu’à présent dans mes pensées, essayant de relativiser au mieux pour ne pas foutre un froid dans l’espace confiné dans lequel nous sommes juste pour toi, pour ne pas te faire plus de peine en me montrant bien plus méchant que de raison. Tu décides à ce moment-là de prendre en main l’ambiance générale de la pièce. Sans que je m’y attende tu lâches une bombe au centre de la chambre, tu me fais relever la tête en une demi secondes et je fixe ton profil sans relâche. Pardon ? « Si j’étais venu ? » J’arque un sourcil alors que mon cœur va chuter jusqu’au tréfond de mon estomac, j’suis censé comprendre quoi là ? Qu’il y a eu une invitation ? Je tourne ma tête vers Sander qui avait relevé les yeux vers moi à son tour. Blanc comme les draps et les murs de la chambre je compris que je m’étais le doigt en plein dans le mile. Ce bâtard l’avait invité à se joindre à sa putain d’excursion marine avec lui. Ma main quitte rapidement celle de Jolene et je me mets à rire nerveusement, un rire à gorge déployée alors que mon rythme cardiaque se met à s’affoler, la machine se met à biper de manière déraisonnable et ça ne m’étonnerait même pas qu’elle explose tant la courbe et irrégulière à l’écran. Je sens le feu monter dans mon visage. J’n’écoute même pas la suite de la conversation, je passe une main sur mon visage, comme si ce geste allait remettre mes pensées dans l’ordre mais non. J’suis une putain de boule de nerf et je retire tout ce que je pensais ultérieurement. Ce mec est un gros enfoiré, un fourbe. Sous ses airs innocents et son air niais comme si il ne savait pas s’y prendre avec les filles il était tel le serpent qui attendait le moment propice pour s’attaquer à sa proie. A ma Jolene. Enfin ‘’ma’’ je crois que suite à ça, elle pouvait elle aussi aller se faire manger par un requin blanc j’lèverais même pas le petit doigt pour la sauver. Croqueuse d’homme-là, menteuse en plus de ça. Je t’avais demandé plusieurs fois si à San Francisco il s’était passé des choses pendant la période où nous nous étions plus parlé et tu m’avais juré que non il n’y avait rien à signaler. Menteuse, putain de menteuse que t’es. Je tourne mes yeux vers toi et lorsque tu te décides à me regarder mon regard brulant de colère te fait directement tourner la tête. « Bah aller, parle-moi en ? Vue que tu l’as pas fait quand je te l’ai demandé vas-y raconte-moi tout Jolene ! » Ma main vient attraper ton poignet pour te forcer à tourner la tête vers moi. « T’as peut-être raison avec et des et si on peut refaire le monde, et si on arrêtait là hein ? Moi j’sors pas avec les menteuses ! » Dans l’excès de colère, je ne remarque même pas que Sander c’est levé, je remarque même pas qu’il a parlé même. C’est lorsqu’un vacarme terrible résonne dans la chambre, que je vois l’ombre du blond être au sol, genoux à terre que je me tais un instant. Le regardant sans l’once d’une frayeur, ni la peur de le voir agoniser. J'm'en fou de lui, qu'il crève même. Je tourne la tête vers toi, qui le fixe avec inquiétude et de mes bras je te pousse, te faisant te lever du lit. « Bah aller, et si tu le relevais hein ? Et si t’allais l’aider ton ami que tu protèges hein ? Vas-y aller met lui le masque ! » Je te pousse de nouveau, bien trop en colère pour agir de façon raisonnable. « Si j’avais su j’t’aurais même pas envoyer de message ce matin, toute façon tu t’en bat les couilles, même là sous mes yeux tu t’inquiètes pour lui aller te prive pas de le faire ! » J'fixe les deux tour à tour, complètement ecoeuré par la situation, par celle que je pensais la plus proche de moi.


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Elle te fait renaître un jour, le lendemain t'achève. Suspendu à ses lèvres, obligé de m'attacher la vérité vaut son pesant d'or, nos exemples sont trafiqués. J'suis en apesanteur, tout me semble sans gravité... J'attends la réussite des astres.
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Jolene Larsen
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My diary :
«et si moi je suis barge de tes yeux, c'est qu'ils ont l'avantage d'être deux.»

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Mon surnom : miss fran
Mon âge : 24
Mon signe astrologique : Feu
Dans la vie je suis : au chômage.
Catégorie Sociale : je jette les billets en l'air comme si je pouvais me payer le paradis.
J'aime les : les mexicains à la moustache fine qui portent des casquettes roses, les mojitos passion, le captain morgan, brandir mon majeur au ciel.
Sosie de : jo skriver.
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Mar 30 Mai - 3:55
A certain romance
feat Nate & Sander


Je ne suis même pas offensée par sa réponse. Non, je n’ai pas les qualifications requises pour ce genre d’expédition, j’ai eu plus de facilité à comprendre le norvégien que de comprendre son langage marin, alors que c’est de l’anglais, ma langue maternelle. Je ne suis pas blonde, c’est juste très abstrait pour moi. Alors non, je n’ai pas les qualifications, mais je l’aurais poussé à vérifier trois fois son matériel, la météo. Je suis inconsciente des dangers qui m’entourent, je saute la tête la première dans une connerie qui me mettra dans la merde. Mais je vérifie toujours les angles morts de ceux qui m’entourent. Sander, c’est ce petit frère -plus grand que moi- que je me dois de protéger. Je ne sais pas pourquoi. Ce n’est pas la seule personne que je connaisse qui soit maladroite à ce point, je suis moi-même en compétition avec lui. Je n’arrive pas à l’expliquer. En fait, dès qu’il s’agit de sentiment, d’attachement, je suis incapable d’expliquer pourquoi. Enfin, si, je sais pourquoi j’aime mes amis, comment je suis amoureuse de Nate. Mais pourquoi eux en particulier ? J’en sais rien. Sander, c’est un plus gros point d’interrogation qu’il y a au-dessus de son prénom. Quand certains m’auraient soulé au bout de deux phrases inutiles, les longues discussions que j’ai pu avoir avec lui me passionnent. Je ne parle pas beaucoup pendant ces moments-là, il s’en charge très bien tout seul.. Alors oui, je suis soulagée qu’il soit en vie, coupable de ne pas avoir cherchée à prendre de ses nouvelles pendant ces six derniers mois, trop occupé à m’occuper de ce nombril insatisfait, j’agis de manière irrationnelle en balançant des “et si”. Je soupire et baisse la tête, à mon tour d’agir comme une enfant punie. Il allait falloir que j’apprenne à laisser Sander vivre sa vie.. Mon dieu, je remercie le monde d’être fille unique, un frère ou une soeur ne m’aurait pas supporté. A se demander comment mes colocataires et meilleures amies font pour supporter mes excès d’actes maternels. Tu m’étonnes que je ne leur manque pas quand je suis chez Nate, elles voient ça comme des vacances en fait. De ma main libre, je me passe une main sur le visage. “T’as raison, t’es en vie, yay, je suis soulagée !”. Faites que cette journée se finisse, je veux m’allonger et dormir. Si ces derniers jours mes insomnies étaient douces, pas assez violentes pour me fatiguer, cette journée réussira à me faire dormir douze heures sans coupure. L’ascenseur émotionnel qu’on est tous les trois en train de vivre va donner du travail aux infirmières, faire monter notre pression artérielle, et j’aurais fait mon sport de la journée. Mentalement, je me note tout de même de passer à la salle de sport pour décompresser. Et après ça seulement j’irai dormir. Je m’apprête à répondre à Sander quand j’entends Nate répéter ma phrase.Tout se passe très, trop vite. Sa main quitte la mienne, je le vois plus que je ne l’entends rire, trop occupé par le bruit que la machine fait, s'affolant aussi rapidement que son rythme cardiaque. Quand je disais que notre pression artérielle était mise à rude épreuve, je ne pensais pas qu’on allait être repartis pour un tour. Son rire me glace le sang, me fait peur.

En un quart de seconde, je me croirais de retour en Septembre, quelques temps après la soirée dans les locaux administratifs, celle qui a tout changé. Où naïve que j’étais, j’avais pensé arrangé les choses en parlant avec lui. Rien de bon n’est sorti de cette conversation. Même savoir qu’elles avaient été ses intentions n’avaient servi à rien. Son rire me glace aussi sec le sang que son regard ce jour-là. Et encore une fois, la raison de notre dispute est Sander. Involontairement, il se retrouve être la cause de notre plus grosse querelle. Et pourtant, deux têtes brûlées que nous sommes, on en a. Mais toi, Sander, t’es la bête noire de Nate. Son rire me fait peur, son rythme cardiaque me fait peur. Il dégage ma main comme si je n’étais qu’un vulgaire chiffon qui le dérange. Comme s’il ne supportait plus d’avoir un contact avec moi. Je ne peux pas le regarder. Je ne peux pas me retrouver huit mois en arrière, je ne peux pas croire qu’on a passé ces six derniers mois à avancer pour rien. Pour revenir au point de départ. Je refuse. Je suis même tentée de sortir de la pièce. Une voix me crie que je suis une lâche, que parce qu’on n’a pas traversé tout ça pour rien, je dois le regarder dans les yeux. Et quand je croise enfin son regard, je déteste ce que j’y vois. Cette colère brûlante, ce dégoût intense. Je viens de retrouver le Nate qui vient d’apprendre pour notre ancien professeur et moi. Je viens de retrouver ce Nate dégoûté par celle qu’il a sous les yeux. Je l’entendrais presque se demander comment il a fait pour se laisser embobiner par mes belles paroles, comment a-t-il pu être faible à ce point. J’écarquille les yeux quand il me demande de lui en parler. De lui dire cette fois-ci la vérité. L’insulte de menteuse me va aussi droit au coeur qu’une flèche tirée à bout portant. Elle a le don de me réveiller, d’agir tel une électrocution. Nous sommes de retour dans les locaux de San Francisco sauf qu’au lieu d’être dans la cour côté Littérature et Civilisation, on se trouve dans une chambre d’hôpital. Je suis à moitié étonnée qu’une aucune infirmière ne soit arrivée dans cette chambre vu le boucan que fait sa machine. “Je ne suis pas une menteuse, arrête !” Je ne lui ai jamais menti. Il ne s’est rien passé durant la période où on ne s’est pas parlé. Je m’apprête à lui répondre pourquoi il se trompe quand j’entends un bruit sourd, me faisant sursauter. Je tourne la tête vers le lit de Sander, pour ne pas le voir sur son lit, et me tourne, la main de Nate toujours tenant mon bras fermement. Je le vois par terre, et mon sang ne fait qu’un tour. Je n’ai même pas besoin de me lever pour l’aider que Nate me pousse pour que j’aille l’aider, me criant dessus de sauver mon ami. Je rêve, mais quelle est cette crise de jalousie de merde qu’il me fait ? Je me détache de son emprise et aide Sander à se relever, lui apportant son masque. En ayant Sander au bout d’un bras, je croise le regard de Nate. La Jolene qui avait peur vient de laisser la place à celle qui en a marre. Qu’il n’accepte pas que Sander fasse partie de ma vie, qu’il sera toujours important, mais putain, que jamais il ne passera avant lui. N’a-t-il toujours pas compris qu’il y en avait que pour lui et rien que pour lui? “Ferme-la Nate, sérieusement, ferme-la parce que tu me gonfles.” La peine pour les malades? Non, je n’ai pas de patience pour les cons.

J’aide Sander à s’installer sur son lit. Lui aussi il a le droit au regard noir. Sérieusement les gars ? Vous ne pouvez pas me laisser la partie irresponsable? Vous êtes obligés de me voler cette part ? Je m’apprête à engueuler Sander, mais j’entends la respiration de Nate. Un vrai buffle. Sander aura son quart d’heure. Je lui fais comprendre du regard qu’il ne va pas y échapper. Que je m’occupe juste de son colocataire et lui aura le droit à sa remontrance. Je me tourne vers Nate, le regard tout aussi noir. Je suis fatiguée. Je choisis soigneusement mes mots mais “arrête de jouer au plus con” devient ma phrase préférée. Des insultes de différentes langues me viennent à l’esprit et la seule chose que j’arrive à réellement formuler dans ma tête est dans quelle langue est-ce que je dois lui dire que c’est lui que j’aime pour qu’il le comprenne une dernière fois pour toute ? Qu’il cesse de regarder derrière moi sans arrêt ? J’ai fait des erreurs, j’en referai encore dans le futur. “Je ne t’ai pas menti. Il me l’a proposé une semaine après que je sois rentrée de Danemark !” Alos fait le calcul dans ta tête Nate. Vois à quel date il me l’a proposé. Une semaine après que je sois rentrée du Danemark. Une semaine après m’être rendue compte que putain, j’étais amoureuse de toi. Une semaine après le restaurant. Une semaine après la power race. Même après m’avoir dit que rien n’avait changé, j’ai préféré rester parce que justement, j’étais persuadé que tout avait changé. “Tu ne comprendras donc jamais rien Nate..” Mon ton baisse, mes yeux restent ancrés dans les siens. Il ne comprend pas que c’est plus facile, là, maintenant, de me concentrer sur Sander parce que je sais qu’il ira mieux d’ici quelques semaines au grand maximum ? Que je sais que ses blessures ne mettent pas en danger sa vie ? Sauf s’il continue à agir comme un con en quittant son lit alors qu’il est faible. Alors que toi, putain, j’ai peur. Laisse moi digérer la nouvelle aujourd’hui. Demain je serai forte. Je serai cette petite copine forte qui te soutient, qui t’aide, même quand tu seras trop malade pour faire quoique ce soit. Je peux le supporter, je le sais, je l’ai accepté, ce mauvais karma qui me colle à la peau, qui passe son temps à me renvoyer dans des chambres d’hôpital. Je n’ai juste pas encore accepté que tu y sois. Pas toi, putain, pas maintenant. “Va falloir que tu acceptes que Sander fasse partie de ma vie. Il va également falloir que tu te rentres dans la tête que c’est toi que j’aime.” J’ai tant de choses à lui dire. Je n’ai pas besoin de regarder Sander pour savoir qu’il se fait le plus petit dans son lit, mettant une barrière entre lui et nous. Je me tourne vers lui, afin de les avoir tous les deux dans mon champ de vision. “Arrêtez de jouer au plus con. Vous êtes dans un hôpital putain, si pour que vous preniez soin de vous, je dois partir, soit, je partirai ! Je ne suis pas venue pour en voir un crever parce qu’il ne réfléchit pas avant de bouger un orteil.” Mon sac est à mes pieds, je n’ai qu’à me baisser pour l’attraper et partir. Putain, je suis tentée. Je tourne le regard vers Nate, attendant sa décision. “Alors vas-y, dis moi Nate ce que tu veux. Que je parte ? De l’hôpital ? De chez toi ? Parce que je ne t’ai pas parlé de cette proposition parce qu’à l’époque, la seule chose que j’avais en tête, c’était la façon dont tu m’avais regardé quand on était contre ta moto cet été ? Dis-le, et je le fais." Les désirs des malades sont prioritaires non ?




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galatée

Let's take our time tonight, boy. Above us all the stars are watchin', there's no place I'd rather be in this world. Your eyes are where I'm lost in. Underneath the chandelier we're dancin' all alone. There's no reason to hide what we're feelin' inside right now.© signature by anaëlle.
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Sosie de : Alex Pettyfer
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Jeu 8 Juin - 2:46
Maladroit. S’il vous était demandé de me définir en un seul et unique mot, je vous conseille d’utiliser celui-ci : maladroit. M’immiscer dans la relation de Nate et Jolene en invitant cette dernière à me suivre dans un voyage d’étude avait sans aucun doute été une terrible erreur. A prendre la danoise pour une petite sœur sur qui je pouvais compter en cas de besoin, j’en oubliais que nous étions une femme et un homme et que la normalité des choses, quand nos liens ne sont pas définis par un ADN extrêmement proche – bien qu’il le soit puisqu’appartenant à la même espèce – faisait que les soupçons étaient permis. Pourtant tout était clair entre elle et moi. Mais là était peut-être le problème : c’était clair entre nous, peut-être pas pour les autres. Et par « autre » j’entends évidemment Nate. J’avais l’impression qu’il me considérait comme une menace. Pourquoi ? J’étais en toute objectivité le mec le plus inoffensif de la planète ! Mais voilà, il y avait maintenant cette invitation faite quelques mois auparavant qui venait entacher cette inoffensivité. J’avais souvent joué aux échecs, la plupart du temps seul contre moi-même, et pourtant cette fois ci je n’avais pas anticipé le coup d’après ; celui qui était en train de se passer dans la chambre d’hôpital. Trop obnubilé par ma propre avancée, je n’avais pas étudié l’évolution de mon environnement, la façon dont les choses bougeaient autour de moi, les éventualités, les hypothèses. Je ne m’étais pas dit qu’en allant au Chili je pouvais avoir un accident, que cet accident pouvait me faire renvoyer de l’université de San Francisco, que ce renvoi pouvait déclencher l’approche de l’université de New York et que de cette approche je pouvais être interné à l’hôpital de la même ville, hôpital dans lequel pouvait se trouver Nate. En rembobinant cette phrase dans ma tête, l’arbre des probabilités se dessinait instantanément et autant vous dire que même en étant Kasparov, je n’aurais jamais pu anticiper autant de coups d’avance ! Même un ordinateur n’aurait pas été en capacité de prévoir autant de probabilités parce que justement… C’ETAIT IMPROBABLE ! Je ne vais pas réexpliquer maintenant ma relation avec Jolene et tout ce qui me liait à elle mais en l’invitant, je n’avais pas pensé à mal. Or ce jour là, dans cette chambre là, avec ce voisin là, le caractère… disons ambigu de ma demande me sautait aux yeux et les regrets que je ressentais me rongeaient intérieurement. J’aurais voulu m’excuser auprès du brun d’avoir fait ça, mais d’un autre côté ces excuses auraient été un peu hypocrite, parce que oui, ça m’aurait plu d’y aller avec ma petite sœur d’un autre couple géniteur.

Au final, les remords laissèrent place à l’incompréhension. Nate m’avait bel et bien fusillé du regard mais… pourquoi s’en prenait-il à sa petite amie ? Quelque chose m’échappait là. Les engrenages qu’étaient mes neurones tournaient à plein régime mais aucune réponse ne venait. J’avais invité la jeune femme, j’étais le fautif dans cette histoire et j’étais là, à la regarder, impuissant, se prendre une pluie de reproches qu’elle ne méritait pas. Si je la considérais comme ma petite sœur, cela faisait de moi son grand-frère, celui qui était censé la défendre, non ? Oui mais non. Nate prendrait ça comme un peu plus d’huile sur le feu, il ne comprendrait pas, encore une fois. Embêtant. Honteux de laisser la demoiselle seule face à ce feu grégeois je baissai la tête. Pardonne moi Jolene de ne pas t’aider, j’aurais préféré que les choses se passent autrement, j’espère que tu ne m’en voudras pas. Pas trop. Tout ça confirmait une chose : je n’étais pas fait pour les interactions sociales, qu’elles soient amoureux, amicales, professionnelles. Le monde moderne était une savane dans laquelle j’étais un des animaux les plus faibles qui soit, c’était évident. Si je devais être un animal, j’aurais sans doute été un zèbre, juste au dessus des végétaux mais en dessous des guépards, léopards et autres lions et tigres. Quoi que… le végétal m’allait bien aussi, être discret et silencieux qui se contente du soleil et de l’eau pour se développer, en bas de la chaîne alimentaire. Ouais, ça m’allait bien. Ça m’allait tellement bien qu’une fois levé, je confirmais que je n’avais pas la force d’un prédateur. J’étais sur le point de mourir en suffoquant. A nouveau. Preuve que ma place n’était pas parmi les lions. J’entendais vaguement Nate se déchaîner comme il pouvait sur Jolene et j’étais là, impuissant face à lui, face à elle également. Elle qui me vint en aide et me gratifia d’un regard plus noir qu’un nuage orageux. Ça allait de mal en pis. Je me laissai tomber sur mon lit et fermai les yeux pour récupérer de cette seconde mort que je venais de frôler. J’étais tellement à bout de souffle que les remontrances de Jolene de m’atteignirent pas du tout. Un simple Ok Jo. vint ponctué sa phrase comme si je voulais lui faire comprendre que j’avais entendu ce qu’elle avait à dire. Pas que j’avais compris, que j’y étais réceptif. Mais j’avais entendu. Par chance, elle se concentra sur Nate, son petit ami. Par chance, ils avaient des comptes à régler. Par chance, je bénéficiais donc d’un moment de répit, moi la petite herbe de savane que j’étais. La lionne et son lion devait comparer leurs dentitions de prédateurs.
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